Voyage en pays de Fribourg
Tel est le titre d’un livre édité en 1934 dans le but d’être diffusé dans les foyers fribourgeois, afin de faire connaître son canton aux familles. Vraiment destiné aux familles, ce livre est composé de nombreuses photos, les textes glorifient district par district les particularités de ceux-ci de façon didactique avec de petits dessins, des récits historiques très raccourcis et descriptions touristiques de la nature. « Photographie » d’un temps révolu et pourtant pas si lointain que cela.
La lecture de la préface vous en dira plus sur l’état d’esprit général, comment était perçu le canton et le but de ce livre, par le Conseiller d’Etat Joseph Piller, (ancien Juge Fédéral) Directeur de l’instruction publique et des Archives.
Préface
Nous habitons le pays de Fribourg. Nous sommes des Fribourgeois.
Connaissons-nous bien notre canton, dans son ensemble et sous ses divers aspects ?
Le faire mieux connaître et par conséquent le faire apprécier et aimer davantage, tel est le but assigné à ce livre.
Ce but est pleinement atteint : il suffit d’ouvrir le volume pour s’en convaincre.
Les « Voyages en pays de Fribourg » étalent sous nos yeux, grâce à de nombreux document photographiques, l’ensemble du territoire de notre petite patrie, ses plaines, ses plateaux et ses montagnes. Nous nous rendons en avion ou en dirigeable ; nous pouvons faire défiler devant nos yeux les silhouettes si caractéristiques de nos villes et de nos ponts.
Nous pénétrons dans nos écoles, nous avons libre entrée à l’Université, au Collège, au Technicum et partout ailleurs ; nous franchissons les clôtures de nos couvents et pouvons nous incliner bien bas devant ceux et celles des nôtres qui jour et nuit offrent leurs prières pour nous et pour notre patrie, en demandant à Dieu qu’Il la bénisse et la protège.
Nous assistons aux travaux de nos montagnards, de nos agriculteurs, de nos ouvriers ; nous revivons les fastes de nos diverses cérémonies religieuses et de nos fêtes patriotiques ; nous soulevons des coins du voile qui recouvre le labeur fécond, quoique silencieux et caché, qui s’effectue dans nos écoles, dans nos églises et dans nos familles.
Et en découvrant toutes les richesses intellectuelles, morales et matérielles qui sont le patrimoine de notre peuple, au contact de ses traditions de foi, de labeur, en face des œuvres multiples qui attestent la volonté créatrice de ceux qui nous ont précédés, nous reprendrons courage, au milieu des difficultés momentanées qui nous pressent.
Nous comprendrons mieux que nous avons un devoir qui s’impose : celui de continuer l’œuvre des aïeux.
Nous qui ne sommes qu’un anneau de la chaine qui relie les générations qui se suivent, nous nous souviendrons que nous devons ne rien négliger pour que le canton de Fribourg reste ce qu’il est : un pays de foi et de progrès ; le rempart de l’ordre, le phare de la vérité qui rayonne, qui éclaire et qui ranime. Nous prendrons mieux que jusqu’ici conscience de sa grande et noble mission qui est d’attester à la face du monde de l’efficacité, dans tous les domaines de la vie familiale, économique et civique, du christianisme vécu et vivant.
Nous nous enracinerons encore davantage dans notre terre afin de pouvoir conserver cette foi chrétienne qui fait notre grandeur et qui est notre sauvegarde ; car nous voulons que nos enfants qui porteront nos noms et qui devront continuer à y faire honneur quand nous ne serons plus, quand nos corps reposeront, alignés côte à côte dans nos cimetières, tandis que nos âmes auront, nous l’espérons, été trouvées dignes de voir Dieu, pensent et agissent comme nous. Nous voulons qu’ils connaissent leur devoir et soient dignes de cette mission et capables de la remplir toujours mieux.
Avec l’amour du sol natal, de la maison qui les a vus naître, du village et du district, du canton, avec l’amour de la famille et l’amour du métier, nous voulons leur transmettre nos traditions chrétiennes, d’honnêteté, de respect de la parole donnée, de simplicité et de générosité.
Nous voulons qu’ils soient convaincus que ce qui fait la grandeur d’un peuple et de son pays, ce n’est pas l’étende de son territoire, ni la puissance de ses armes, ni les richesses de son sol, mais bien la fidélité aux traditions, l’esprit de sacrifice, l’idéal qui l’anime, la grandeur des idées qu’il sert.
Ayant ainsi repris confiance en nous-mêmes, nous pourrons poursuivre, sous le regard de Dieu, notre marche vers nos destinées.
Joseph Piller
Conseiller d’Etat
Les photos arriveront plus tard.
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