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Donc vous venez de faire connaissance d’Ignace Venetz, ingénieur de son état, qui à 30 ans devint un personnage connu pour son engagement et son travail sur les événements du Giétroz. Dès ce moment, il est un ingénieur sollicité par son employeur, l’Etat du canton du Valais pour des problèmes semblables sur divers glaciers. Glaciers et lacs qui demandaient la même intervention qu’au Giétroz. Ce sont par exemple le lac de Marjelen, le lac de Mattmark (1811), en 1815 glaciers du Gorner et de Z’Mutt, en 1817 celui des Eaux Froides au Simplon, éboulement du glacier du Weisshorn. Venetz est aussi l’ingénieur qui étudiât le projet de l’endiguement général du Rhône et qui participât à ces travaux.  À un moment de sa carrière, pour subvenir à l’entretient de sa nombreuse famille, il devint ingénieur pour le canton de Vaud. Ce sont les observations de tous les lieux qu’il visitât et parcourût à pieds en large et en travers, qu’il rédigeât des notes qui allait devenir un ouvrage de référence d’une théorie nouvelle : La Théorie Glaciaire.

Je ne vais pas vous écrire le cheminement qu’il suivit ni sa pensée, ceci prendrait trop de pages et d’autant plus que certains ont déjà écrit sur Internet l’histoire d’Ignace Venetz et sa théorie.

Suivez le lien suivant :

 http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/XML/db/planetterre/metadata/LOM-histoire-glaciation.xml   à lire absolument !

Sa théorie était si révolutionnaire qu’elle fit peur, probablement à lui-même étant chrétien, qui sait que Dieu a créé le monde il y a seulement quelques milliers d’années, et à beaucoup de scientifiques de l’époque ; comme l’a été la théorie de l’évolution de Darwin, évolution qui s’échelonne sur plusieurs millions d’années. 

gtell


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Dimanche 25 octobre 2009

Ignace Venetz

L’élan de charité en faveur des victimes fut magnifique. De toute part, du Valais, de tous les cantons suisses, de l’étranger aussi, les dons affluèrent. Des travailleurs vinrent en grand nombre de toutes les localités de la plaine et de la montagne, depuis Monthey jusqu’à Sion, pour aider à la remise en état des routes, des ponts et des digues. Une commission pour la répartition des dons fut nommée, sous la présidence du Prévôt de la maison du Grand St-Bernard. Le Gd Bailli proposa de prélever une quarantaine de mille francs pour des travaux, afin d’empêcher le retour de semblables événements. Cette proposition fut acceptée par les cantons et le conseil d’Etat. L’avenir, en effet, était inquiétant : le glacier subsistait, les chutes de glace aussi, la tranchée allait se remplir et les mêmes dangers se reproduiraient. Ce fut la grande préoccupation de Venetz. Le 24 juillet 1818 déjà, il accompagne Escher de la Linth au Giétroz ; il est très pessimiste.

Le doyen Bridel déploya une grande activité pour recueillir les dans en faveur des populations sinistrées… En juillet 1818, avait lieu à Lausanne la session de la SHSN (Société Helvétique des Sciences Naturelles, aujourd’hui Académie suisse des sciences naturelles.). Bridel écrit au chef du gouvernement valaisan pour le prier d’autoriser l’ingénieur Venetz à participer à cette réunion. Il espérait que la vue du directeur des travaux du Giétroz, que les détails qu’il serait à même de donner à cette réunion de savants, que les rapports qu’il pourrait établir avec plusieurs étrangers de distinction favoriseraient la générosité. C’est bien grâce aux exhortations et aux prières du doyen que la collecte du canton de Vaud a été, après celle du canton de Berne, la plus fructueuse de la Suisse.

A la session de la SHSN à Lausanne, Bridel lut la relation de sa deuxième excursion dans la vallée de Bagnes ; Venetz était présent. Avec Escher, il avait modelé un relief de la vallée qui avait été mis sous les yeux de l’assemblée. Escher donna aussi un compte-rendu de son voyage ; son rapport verbal fut publié. Son récit concorde avec celui de Bridel. Il s’attache à montrer que, si la tranchée n’avait pas été creusée, le volume d’eau aurait été de 1700 millions de pieds cubes, au lieu de 530 millions ; la débâcle aurait été retardée d’environ un mois et serait arrivée vers le 20 juillet, au moment des hautes eaux du Rhône, ce qui aurait produit une inondation de toute la plaine comprise entre Martigny et le Léman.

Il étudie aussi le moyen de prévenir des événements semblables. Il n’existe, dit-il, qu’une seule mesure pour mettre cette vallée à l’abri de tels désastres, c’est d’ouvrir une galerie souterraine dans les rochers de Mauvoisin, assez longue pour que son entrée et sa sortie ne risquent pas d’être encombrées par les chutes de glace. Il donne des données techniques à l’assemblée sur l’ouvrage à faire.

Résumé des phases principales de ce drame.

Dès que les autorités cantonales et celles des communes de vallée de Bagnes et de Martigny ont connaissance de la formation du la et des dangers qu’il représente, on nomme des commissaires, puis une commission centrale, et l’Etat charge l’ingénieur Venetz d’étudier les moyens de prévenir ou du moins d’atténuer une catastrophe.

Seul Venetz se rend compte de la situation ; les autres se rassurent en pensant que le barrage de glace est trop grand pour qu’il puisse être emporté. Venetz craint que le bouchon, formé pendant l’hiver, cède sous la pression de l’eau : ce serait la catastrophe.

Pour la prévenir, il ne voit qu’un moyen : creuser une tranchée dans la glace, au point le plus bas, pour empêcher le lac d’atteindre son maximum ; l’eau s’écoulera et l’approfondira graduellement ; ainsi le lac se videra sans dommage. Solution théorique élégante, mais elle présente des dangers qui n’échappent pas à Venetz : en s’approfondissant, la tranchée va diminuer la solidité du barrage. De plus, faire travailler des hommes dans cette gorge présente de graves dangers pour sa vie et pour celle des ouvriers, car des blocs de glace tombent constamment du glacier supérieur et, sur l’autre rive, ce sont des chutes de pierres et d’avalanches. D’autre part, il voit le danger qui menace toute la population de la vallée de Bagnes, de Martigny et peut-être même de toute la plaine jusqu’au Léman. On se représente la lutte qui a dû se produire dans l’esprit de cet homme, seul pour prendre une telle décision. Venetz est un montagnard courageux, il accepte les risques, décide héroïquement la construction de la tranchée.

Le travail commence ; les ouvriers sont effrayés, les dangers des chutes de glace dépassent les prévisions et ils s’en présentent d’autres : à deux reprises, d’énormes fragments de glace se détachent vers le fond du lac, montent brusquement à la surface, produisant de fortes vagues qui déferlent dans la tranchée. Les ouvriers s’enfuient, on a beaucoup de peine à les ramener ; pendant ce temps, le niveau du lac monte : arrivera-t-on à temps ?

Le 13 juin la tranchée est terminée, l’écoulement de l’eau commence, le niveau du lac s’abaisse ; c’est le succès, semble-t-il. Mais à deux reprises, des glaces flottantes s’introduisent dans la tranchée et l’obstruent. Chaque fois, il s’est trouvé un homme assez courageux pour exposer sa vie en se faisant descendre pour désagréger les glaces ! Ils purent se sauver. Tout le monde se réjouit du succès de l’entreprise, mais Venetz est inquiet ; il voit qu’à la sortie de la tranchée l’eau se précipite en cascade, ronge les éboulis sous la glace, creuse aussi trop fortement la glace.

Saisi de frayeur en voyant la masse d’eau qui s’écoule, en entendant le vacarme effrayant dans ces gorges, le factionnaire de garde au port de Mauvoisin croit que c’est la débâcle et donne le signal d’alarme en allumant son bûcher. Devant cette fausse alerte et voyant la Dranse couler à pleins bords, les populations reprennent confiance. Mais Venetz est très inquiet, il passe la nuit du 15 au 16 juin sur le glacier pour surveiller les événements ; un engorgement se produit, un homme consent à se faire descendre au péril de sa vie pour dégager la tranchée ; il arrive à se sauver.

Au matin du 16 juin, Venetz constate que l’abaissement du niveau du lac a atteint 9 mètres, mais il remarque aussi avec terreur que les eaux se frayent un passage à travers les éboulis, sous la glace ; des craquements se font entendre. Venetz comprend que la catastrophe devient inévitable et prochaine ; dans l’après-midi, il descend dans la vallée. A 4 h. 30, la couche de glace qui subsistait sous la tranchée s’effondre : Les eaux se précipitent.

La commission du Châble n’avait pas fait rétablir les signaux d’alarme ; seule, la commune de Martigny l’avait fait, mais les factionnaires du Mont-Chemin n’ont pu faire fonctionner le leur que lorsqu’ils ont vu la masse d’eau et de boue descendre dans la vallée, soit 15 minutes seulement avant son arrivée à Martigny. Si les signaux avaient été rétablis, on aurait été avisé 1 h. 15 plus tôt ; bien des vies humaines auraient été épargnées.

Avant de finir sur cette débâcle, vous aurez remarquez des noms orthographiés différemment qu’aujourd’hui, par exemple :

Giétroz, aujourd’hui Giétro, la Dranse pour Drance. Et bien sûr, Escher de la Linth ainsi dénommé depuis la correction remarquable de la Linth qui le rendit célèbre en Suisse et à l’étranger.

Encore un mot, la barme. Les dictionnaires ne connaissent pas « barme » et Internet donne des lieux, chalets et divers hôtels portant le nom de Barme. J’ai demandé à l’office du tourisme de Champéry la signification de « barme », puisqu’ils ont sur leur territoire communal une route de Barme ; voici leur réponse : En effet, dans notre commune il y a une route portant le nom de Barme. Cette route conduit directement au plateau appelé « Le plateau de

Barme », lieu dit où l’on peut trouver deux cantines d’altitude. Une des deux cantines s’appelle la cantine de Barmaz, en référence au nom patois de Barme. Barme ou Barmaz en patois correspond à une grotte, à un abri sous roche ou encore à un alpage.

gtell


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Samedi 24 octobre 2009

« Venetz est précieux pour nous, aussi infatigable qu’ingénieux, il mérite toute notre estime ».

Le 15 juin, le Gd Bailli écrit au président Morand pour lui proposer de rétablir les signaux tant que le danger n’est pas entièrement passé : ce qui fut fait pour le territoire de Martigny ; cette recommandation avait été transmise à la commission du Châble qui négligea d’en tenir compte.

Là on retrouve le récit déjà publié le 20 octobre dernier. Je reprends la suite au 16 juin 1818.

Le 16 juin, à 7 heures du soir, le président Morand annonce la catastrophe au Gd Bailli. Il commence ainsi : « Toute la vallée de la Dranse vient d’éprouver une dévastation telle qu’en la peignant ma main chancelle sous le poids de la douleur et de l’accablement ». Il ajoute qu’à 5 h. 45, les factionnaires qu’il avait fait établir au Mont-Chemin ont tiré un coup de feu et allumé le bûcher. Un quart d’heure après, le flot arrivait. La commission de Bagnes n’avait pas fait rétablir les signaux, comme on le lui avait recommandé. La fausse alerte des jours précédents, le fait que beaucoup d’eau se fut écoulé, lui avait fait croire que le danger n’était plus si grave. Dans son livre sur Martigny, Ph. Farquet dit que, dans la matinée du 16, les sonneurs avaient mis en branle la « Madeleine ». Dans l’après-midi, ce fut le « Bétor » ou grand tocsin ; la grande cloche était lancée à toute volée et retentissait à travers la plaine pour avertir de l’imminence du danger. Toute la population se porta vers le Mont.

17 juin : De Preux, Gard et Venetz écrivent au Gd Bailli, lui donnant des détails rapportés par Jakob Aberlin, envoyé pour examiner le lac et le glacier : le lac était entièrement vidé, le glacier ouvert en tous sens sous la tranchée ; le chemin qui conduisait au glacier était complètement détruit, on ne pouvait y arriver qu’à travers des précipices. Aberlin avait mis 24 heures pour faire sa tournée. La commission sollicite pour lui un permis de séjour en Valais, en considération des services rendus et des dangers encourus. Bridel signale aussi que 4 chasseurs étaient montés à Mauvoisin ; il les a rencontré à Lourtier, lors de son excursion du 21 juin.

17 juin : Dans une lettre adressée au Gd Bailli, Ph. Bridel dit : « Le Léman s’est couvert depuis hier soir de débris flottant entre notre bord et celui du Bouvertet ; je conjecture qu’il y aura eu une débâcle totale ou partielle des eaux du nouveau lac… Le Rhône n’a point inondé le district d’Aigle comme on le craignait. On assure qu’il ne s’est fallu que de trois pouces qu’il n’ait franchi les digues ».

18 juin : La commission de police et le docteur Bonvin, délégués du conseil d’Etat, établissent le procès-verbal de la reconnaissance des cadavres à Martigny : 20 cadavres ont été retrouvés et presque tous identifiés. On en trouva d’autres plus tard, ce qui porta le nombre des victimes à 34, plus une dizaine dans la vallée de Bagnes.

Les dégâts à Martigny furent difficiles à évaluer : au Bourg, tout ce qui était construit en bois avait été enlevé. Les bâtiments en pierre étaient pleins de vase jusqu’à leur premier étage. Les dommages causés dans les appartements, les caves, les magasins, par la destruction des mobiliers, des provisions, des marchandises, étaient incalculables. La quantité d’arbres et de débris de bâtiments accumulés dans les rues et la campagne était énorme. Les ponts étaient emportés ; les chemins, les routes détruites ou encombrées.

(Il est temps de donner la définition du mot DÉBÂCLE : Sens 1 Dégel, rupture de la glace à la surface d’un cours d’eau. Synonyme, effondrement- Sens 2 Effondrement, déroute, faillite.)

9 juillet : Venetz écrit au Gd Bailli au sujet de l’endiguement de la Dranse : il explique les motifs de la ramener en ligne droite vers le Rhône ; l’inondation l’avait déviée vers Epinais. Il présente un plan. Il a préparé aussi un projet de tunnel pour traverser une bande de rocher qui interdit le passage dans la vallée à l’endroit dit : de la Monnaie.

à suivre...


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Vendredi 23 octobre 2009

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