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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 16:31

Il y a des choses qui m’énervent, comme la publicité mensongère et les abus de langage chez les publicistes. Sur ce dernier point, les abus sont très souvent utilisés pour vanter les articles, peut-être médiocres, pour assurément les vendre. « Pure jus de fruit », élaboré à base de concentré et d’eau… « Extraordinaire fer à repasser tout électronique ! », quoi ! A-t-il besoin d’électronique pour repasser une chemise ?

On vante chaque objet et produit de mille façons et l’une de ces stratégie et de dire que le prix, avant de celui qui est sous vos yeux, était plus élevé. On nous fait croire que l’on fait une bonne affaire. J’en doute beaucoup. (Actuellement, les magasins Oschsner Sport sont dans le collimateur de la justice pour la pratique illégale d’étiqueter un prix barré libellé « ancien prix » et dessous le prix nouveau, alors que celui-ci est le prix réel.) Ci-dessous

Coup de gueule
En haut l'étiquette recouvrant le véritable prix.

En haut l'étiquette recouvrant le véritable prix.

Il faut être très attentif en Suisse sur les remises, prix cassés et soldes, pratique très libérale dans le pays des banques qui permet tous les abus possibles, la preuve avec Oschsner Sport.

Dans ma boîte aux lettres, un catalogue d’une maison de vente par correspondance offre toutes ces stratégies de vente pour ses articles. A l’exemple de ce fauteuil illustré avec cette photo ci-dessous.

Coup de gueule

Regardez le prix, nouveau et ancien, 403 francs de remise. Fauteuil Orleans, fabriqué en Allemagne par l’usine Max Winzer, qui m’est totalement inconnue et qui ne me dit rien des qualités de fabrication. En cuir véritable, et bien j’espère bien que pour le prix c’est du cuir véritable et non du plastique qui imite le cuir. Avec des clous au look antique, sont-ce les clous qui ont un look antique ou le fauteuil ? Si les clous ont un look antique, j’ai des difficultés à m’imaginer comment sont ces clous, si la publicité nous parle du fauteuil au look antique, j’ai beaucoup de peine à imaginer Jule César ou Archimède dans un tel fauteuil. Je n’arrive même pas à imaginer un lord anglais buvant son cherry brandy assit dans un tel fauteuil qui ne ressemble à rien, tellement il n’est pas beau.

Alors, peut-on acheter les yeux fermé un tel objet, puisqu’on fait une grosse économie de 403 francs ?

Bien sûr, chacun fait selon son goût, ses moyens, ses envies, etc. Mais pourquoi veulent-ils que l’on achète un fauteuil aussi cher et aussi moche ?

Comparons avec celui-ci (Photo ci-dessous), pour un prix plus bas, affiché à 839,90 CHF. Le fauteuil a quand même plus d’allure et irait bien dans un club anglais. Certes, c’est une copie d’une édition ancienne et le fabriquant le dit dans sa publicité, il n’y a pas tromperie et il est beau.

Fauteuil Chesterfield capitonné en cuir marron vintage.

Fauteuil Chesterfield capitonné en cuir marron vintage.

Avec cet exemple, je veux vous sensibiliser aux faux prix, fausse bonne affaire, faux rabais, vrai mauvaise affaire, vrai arnaque, vrai mauvais goût vendu au prix fort.

Published by G.Tell - dans Actualité
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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 15:46
Il y a 66 ans [11]
Château-d'Oex

Château-d'Oex

Il y a 66 ans [11]

Le Chalet Balthus à Rossinière, son histoire.

Les Mosses

Les Mosses

Les élèves apprenaient…

Un village des Alpes vaudoises

Chère marraine,

Depuis huit jours, je suis à Rougemont, chez mon oncle Paul. Mes parents m’y ont envoyée en convalescence, après ma rougeole de ce printemps ; ils espèrent que l’air de la montagne me rétablira tout à fait.

Rougemont est un beau village tout en bois. La plupart des maisons sont très vieilles ; elles ont deux ou trois cents ans. Leurs façades sont devenues avec le temps tellement brunes qu’à distance elles paraissent noires. Les toitures sont faites de milliers et de milliers de petites planches étroites et minces qu’on appelle des Tavillons ; pour mieux protéger les maisons de la pluie et de la neige, on met jusqu’à sept ou huit couches de ces planchettes l’une sur l’autre.

Le chalet de mon oncle a des paroles gravées sur la façade. Les voici :

.

Par la Providence de Dieu, Joseph et Antoine Loup frères et Catherine leur sœur ont fait bâtir cette demeure passagère en attendant un éternel domicile au ciel. A Dieu soient rendues louanges et actions de grâces à jamais. Amen.

.

C’est une belle inscription, n’est-ce pas ? Presque toutes les maisons de Rougemont en ont une de ce genre.

Ce qui m’a le plus surprise la première fois que je suis entrée chez mon oncle, c’est la faible hauteur des plafonds. Je peux les toucher de la main. Mon cousin Jacques les touches de la tête rien qu’en se haussant sur la pointe des pieds, et, quand il entre dans une chambre ou dans la cuisine, il doit courber la nuque pour ne pas se cogner au chambranle. Je crois que les gens d’autrefois étaient plus petits que ceux d’aujourd’hui, pour avoir fait des portes aussi basses. Des chambres peu élevées sont d’ailleurs plus faciles à chauffer, ce qui est bien agréable dans un pays où les hivers sont si longs.

Je joue souvent avec une petite fille qui habite dans le chalet voisin. Mais hier soir elle m’a dit :

.

- Je ne pourrai bientôt plus m’amuser avec toi. La semaine prochaine, on remue.

.

Je l’ai regardée avec étonnement, et lui ai demandé :

.

- Qu’est-ce que vous faites ?

.

- On remue.

Puis elle m’a expliqué que son papa possède trois chalets : celui qui est à côté du nôtre, et deux autres dans la montagne. Toute la famille passe l’hiver au village ; elle élève quatre vaches et deux ou trois chèvres. Et puis, au mois de mai, elle « remue » ; c’est-à-dire que les parents, les enfants et le bétail vont s’installer dans un chalet de la montagne, où se trouve du foin de l’été précédent, qu’on n’a pas pu descendre à Rougemont, mais qu’il faut bien utiliser tout de même. Au mois de juillet ou d’août, ils déménageront encore une fois pour s’installer dans le troisième chalet. Ce doit être amusant, ces changements continuels !

Je t’embrasse bien fort, ma chère marraine.

.

Ta filleule Nelly.

Nous voilà à la fin d’une présentation du canton de Vaud, de façon scolaire. La géographie et le tissu économique expliqué très superficiellement pour que la compréhension des élèves colle aux propos que pouvaient avoir les adultes à cette époque qui expliqueraient le canton de Vaud.

Les images montrent à chaque fois ce qu’était la réalité du moment, sans nostalgie, simplement un instantané des années cinquante.

17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 16:12
Il y a 66 ans [10]
Aigle

Aigle

Leysin

Leysin

Lac Retaud

Lac Retaud

Villars en hiver

Villars en hiver

Les élèves apprenaient…

La Plaine du Rhône

Le Léman était autrefois bien plus long qu’aujourd’hui ; il s’étendait jusqu’à Saint-Maurice. Les alluvions que charrie le Rhône l’ont comblé en partie. Ainsi s’est formée la plaine du Rhône.

Cette plaine fut longtemps marécageuse, car le fleuve débordait fréquemment et l’inondait. On ne pouvait ni l’habiter ni la cultiver. Mais au XIXe siècle de fortes digues furent construites pour empêcher le Rhône de sortir de son lit, et la plaine est devenue une région de riches cultures. Des rideaux de grands arbres y brisent la violence du vent.

Les vallées des Alpes

A l’est de la plaine du Rhône se dressent de hautes montagnes qui font partie des Alpes. Les Tours-d’Aï et de Mayen, le Pic-Chaussy, le Chamossaire, la Dent-de-Morcles, le Muveran, les Diablerets sont les sommets les plus élevés des Alpes vaudoises. Le massif des Diablerets porte des glaciers.

La fonte de ces glaciers alimente la Grande-Eau, qui coule dans la vallée des Ormonts. La Gryonne et l’Avançon arrosent des vallées plus petites.

Une ligne de chemin de fer monte d’Aigle dans la vallée des Ormonts, jusqu’au village des Diablerets ; de-là, le col du Pillon permet de passer dans l’Oberland bernois. Une autre voie ferrée relie Bex aux vallées de l’Avançon et de la Gryonne.

Les habitants de ces trois vallées vivent dans des villages de bois et dans de nombreux chalets disséminés sur le flanc des montagnes. Ils exploitent des forêts da sapins et de mélèzes et élèvent du bétail.

À suivre demain : Le Pays-d’Enhaut

16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 17:03
Il y a 66 ans [9]
Il y a 66 ans [9]
Midi et demi à l’horloge

Midi et demi à l’horloge

Montreux à son aise

Montreux à son aise

Vigneron de Lavaux

Vigneron de Lavaux

Les élèves apprenaient…

Village paysan et village vigneron

Quel contraste entre un village du pied du Jura, du Gros de Vaud ou de la Broye et un village de Lavaux ! Le village paysan s’étale à son aise parmi la verdure. Ses vastes fermes sont entourés de jardins et de vergers ; ses rues sont spacieuses ; un préau s’étend devant l’école ; une place ou une terrasse ombragée environne l’église. Tout autre est le village vigneron. Ses maisons pressées, serrées, ont l’air de s’agripper les unes aux autres pour ne pas glisser d’un trait dans le lac, au bas de la pente. Ses rues sont étroites, avec des étranglements dangereux pour la circulation. Les places sont rares et exiguës… Voyez Rivaz, Saint-Saphorin, Riex, Epesses ou Grandvaux. Chacune de ces localités est trois ou quatre fois moins étendue qu’un village du Gros de Vaud de population équivalente.

D’où cela vient-il ? Il n’est pas difficile de le comprendre.

Le paysan doit loger un bétail varié et des récoltes encombrantes. Pour ses diverses cultures, il utilise une quantité d’outils et de machines, qu’il doit mettre à l’abri des intempéries. Sa ferme est donc un gros bâtiment. En outre il lui faut de la place autour de la maison pour les allées et venues des vaches entre l’étable et la fontaine, pour le stationnement de ses chars pendant les travaux.

Le vigneron, lui, n’a pas de bétail et ne connaît qu’une seule culture, qui exige tous ses soins. Une cave pour ses tonneaux, un pressoir où il peut remiser son fossoir, son « raclet », sa hotte et ses brantes, c’est tout ce qu’il lui faut.

Et puis le terrain est rare et précieux dans le vignoble ; le vigneron veut en perdre le moins possible. Il construit sa maison tout en hauteur, entassant deux ou trois étages d’étroits logements sur sa cave et son pressoir. Il l’accote à celle du voisin. Il la pousse tout au bord de la chaussée.

Voilà pourquoi son village est si petit, comparé à celui du paysan.

À suivre, demain : La région d’Aigle

15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 15:49
Lausanne et sa banlieue

Lausanne et sa banlieue

Image révolue

Image révolue

Entre deux bâtiments, l'extrémité du Grand-Pont avec au fond, la Tour Bel-Air

Entre deux bâtiments, l'extrémité du Grand-Pont avec au fond, la Tour Bel-Air

Vue traditionnelle

Vue traditionnelle

Au-delà de la fontaine, les arcdes de l'Hôtel de ville

Au-delà de la fontaine, les arcdes de l'Hôtel de ville

Il y a 66 ans [8]

À suivre, demain : La rive orientale du Léman

14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 17:07
La Venoge

La Venoge

Au premier plan, les casernes et la place d'exercices de l'artillerie.

Au premier plan, les casernes et la place d'exercices de l'artillerie.

Il y a 66 ans [7]
Il y a 66 ans [7]

Les élèves apprenaient…

La pesée du lait

L’horloge de l’école vient de sonner six heures. Dans le soir tombant, Pierre Crausaz, le peseur, se dirige vers la laiterie. C’est un petit bâtiment sans apparence, au milieu du village.

Il pousse la porte, tourne le commutateur. Une impression de fraîcheur humide : des instruments d’un blanc d’argent baignent dans un bassin plein d’eau. Une demi-douzaine de boilles métalliques sont rangées contre le mur. La cuve à lait est suspendue sous le tamis de laiton, à côté de la balance automatique. Sur un petit pupitre, un registre est ouvert.

Bruit de socques au dehors. C’est Gottlieb, le domestique du syndic, qui arrive en fumant sa pipe, les bras croisés, courbé sous sa charge de lait tiède.

.

- Salut.

.

Gottlieb s’approche de la cuve, verse le lait sur le tamis. Un moucheron reste pris dans les mailles de laiton. L’aiguille de la balance se déplace avec régularité, puis s’immobilise.

.

- Vingt-six trois, dit le peseur.

Il inscrit le chiffre dans le registre et dans un carnet que lui tend Gottlieb, puis il fait basculer la cuve au-dessus d’une boille qu’il vient d’avancer.

Les paysans arrivent l’un après l’autre, ou bien deux à la fois. Ils livrent leur lait, échangent quelques paroles ; le coulage est l’une des occasions que l’on a de se rencontrer, d’apprendre les dernières nouvelles du village.

Il vient aussi quelques acheteuses : l’épicière, la servante de la cure, la « dame » du régent ; et une vieille demoiselle que tout le monde appelle la tante Suzette, quoiqu’elle n’ait pas un seul neveu dans toute la commune.

Six heures et demie. Ce serait le moment de fermer la laiterie. Mais, comme d’habitude, il faut attendre le Toquet… Enfin, le voilà :

.

- Tu ne pourrais pas être une fois à l’heure ?

.

- Hm… il n’est pas tard. Le char du lait n’est pas encore là.

Le char du lait arrive, attelé d’un cheval bai. Un falot-tempête à verre jaune pend à côté du siège. Le charretier et le peseur empoignent les boilles pleines, les hissent sur le pont du véhicule, les assujettissent. Et fouette cocher ! Dans la nuit fraîche, au petit trot, mais avec un grand bruit de roues, de métal entrechoqué, de sabots ferrés, la voiture s’en va vers la gare prochaine.

Elle y trouve trois autres véhicules tous pareils, venus des villages voisins, et qui attendent la venue du train. Celui-ci arrive, s’arrête dans un grincement de tous ses essieux. Avec l’aide d’un employé, toutes les boilles sont enlevées des voitures et « envagonnées ». Bruit de ferraille, appels dans la nuit.

.

- Prêt !

.

Le train repart…

Ainsi, matin et soir, dans trois cents villages vaudois, dans cinquante gares, les mêmes scènes se répètent, afin que, chaque jour, les habitants des villes reçoivent leur ration de lait frais.

Commentaire :

.

[Les derniers mots du texte ne sont vraiment plus d’actualité. Plus jamais un citadin ne reçoit un lait de l’écurie à sa table. Aujourd’hui le lait passe à l’usine où est retiré la crème, il est pasteurisé, thermisé, et des tas d’étapes mystérieuses avant de finir dans du cartons plastifié et sur nos tables.]

13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 16:43
Il y a 66 ans [6]
Morges sans autoroute

Morges sans autoroute

Ce château diffère beaucoup par son aspect des autres châteaux vaudois

Ce château diffère beaucoup par son aspect des autres châteaux vaudois

Certaines pièces sont encore soufflées à la bouche. Mais la plupart sont soufflées maintenant à la machine.

Certaines pièces sont encore soufflées à la bouche. Mais la plupart sont soufflées maintenant à la machine.

Saint-Cergue

Saint-Cergue

Nyon

Nyon

Le château de Vufflens est une propriété privée et ne peut donc être visité. Cependant on connait son histoire qui peut être lue sur Internet. Voici la version de Wikipédia.

A suivre demain: La Région de la Venoge.

12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 15:40
Il y a 66 ans [5]
Sans voitures...

Sans voitures...

La vallée de la Broye mériterait le nom de la vallée des capitales historiques. A l'époque romaine, Avanches était la capitale de l'Helvétie. Payerne fut la résidence de la reine Berthe, souveraine du royaume de Bourgogne. Enfin, sous les comtes de Savoie, Moudon fut le chef-lieu du Pays de Vaud.

L'abbatiale de Payerne

L'abbatiale de Payerne

Les élèves apprenaient…

Payerne

Je suis une petite ville sur la lisière de la plaine, au bord d’une rivière. Mes maisons abritent six mille personnes ; mais qui dira combien de dizaines de milliers dorment entre les murs étroits du cimetière, au penchant de la colline ? Ils sont mes enfants, eux aussi, et ils portent les mêmes noms que les vivants ; ce sont des Perrin, des Bossy, des Doudin, des Rapin, des Jomini…

Suis-je vieille ou jeune ? L’un et l’autre, sans doute ; car j’ai déjà une longue histoire, mais aussi toute l’activité et la gaîté de la jeunesse. Je possède un très ancien couvent ; mais les religieux, depuis longtemps, l’ont déserté, et les ébats des écoliers ont remplacé les méditations des moines. J’ai une église vieille de mille ans, dont le clocher élégant et la flèche aiguë me signalent loin à la ronde. Je fus la capitale d’un royaume, la résidence d’une douce reine qui aimait à filer en compagnie de ses servantes. Aujourd’hui, chef-lieu d’un district, j’ai un préfet qui ceint dans les grandes occasions une belle écharpe verte et blanche. Des murs crénelés et des tours me protégeaient autrefois contre les entreprises des méchants ; mais, en grandissant, j’ai fait éclater ma ceinture de pierre, et il n’en reste plus que des lambeaux…

Je ne vis pas isolée. Je suis au milieu d’une famille de villages, avec lesquels j’entretiens commerce d’amitié et d’échanges. Ils me nourrissent. Deux fois par semaine, ils m’apportent leurs fruits, leurs œufs, leurs légumes ; ils apportent leur blé à mes moulins, leurs porcs à mes charcutiers, leur lait à mes laiteries, leurs feuilles de tabac à mes fabriques de cigares. Et moi, que fais-je pour eux ? Des quantités de choses. Je les habille, je les chausse et je les coiffe ; je forge leurs outils, je répare leurs machines, je construis leurs maisons ; je juge leurs procès, je prends soin de leurs économies, je photographie leurs noces et leurs fêtes… je leur rends mille services petits et grands.

Mais le travail ne m’occupe pas uniquement. Je sais aussi rire, chanter et danser. Je ris, je chante et je danse aux Brandons, dans la fraîcheur de février, lorsque les flocons de neige tourbillonnent dans la lumière des lanternes multicolores. Je ris, je chante et je danse à la fête de tir, quand le soleil de juillet joue parmi les guirlandes et les sapins fleuris, les bannières et les oriflammes. Mais je suis sérieuse lorsqu’il le faut ; je sais aussi prier, et chaque dimanche la voix de mes cloches amène les fidèles par centaines dans mes quatre églises.

Active et paisible, avenante et heureuse de vivre, très vieille et sans cesse rajeunie, je suis l’une des trente bourgades du pays vaudois.

Demain, La région de la Côte

12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 15:38

En complément de l’article précédent : Voici la chanson, La Brouette d’Échallens.

11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 16:02
Il y a 66 ans [4]
Et sans machines

Et sans machines

Il y a 66 ans [4]
Il y a 66 ans [4]

Les élèves apprenaient…

Un chemin de fer régional

« A l’âge de dix-sept ans, me dit mon grand-père, j’avais déjà vu des trains trois ou quatre fois, car c’était une des distractions des garçons d’Echallens que de se rendre à pied à la gare de Cossonay, le dimanche après-midi, pour voir passer les convois du Jura-Simplon. Mais je n’étais encore jamais monté dans un wagon, et j’en brûlais d’envie.

« Un jour – c’était en 1873 – j’appris que la construction du chemin de fer de Lausanne à Echallens était passablement avancée, et que des trains circulaient déjà entre la capitale et le village de Cheseaux. Je n’y tins plus. Le premier dimanche, je me rendis à Cheseaux avec trois camarades, et nous prîmes tous les quatre des billets pour Lausanne.

« Ah ! Pierrot, quelle partie de plaisir ! Il me semble que j’y suis encore… Ce train n’était pourtant pas bien confortable. Comme il faisait très froid – on était en hiver – les employés avaient glissé sous nos pieds de longues bouillottes d’étain remplies d’eau chaude, qui ne nous réchauffaient guère. Nous étions passablement secoués, mais cela nous faisait rire. Nous l’aurions été d’ailleurs bien d’avantage si les constructeurs de la ligne avaient exécuté leur premier projet : ne poser qu’un seul rail, pour diminuer les frais ! La locomotive et les wagons auraient eu deux roues sur le rail unique et deux sur la chaussée. Un train de ce genre circulait, disait-on, près de Paris.

« La vitesse nous impressionna : songe que nous faisions au moins du vingt-cinq à l’heure ! Les arbres couraient comme des fous des deux côtés du train, et cela nous tirait des éclats de rire. A Montétan, cependant, le train ralentit, et un homme muni d’un drapeau rouge se mit à marcher devant la locomotive, entre les rails. Il agitait de temps en temps son drapeau pour écarter un piéton ou une voiture. Ainsi le voulaient les autorités, qui avaient une peur bleue des accidents. Nous rentrâmes à sept heures, par le dernier train, je me souviens qu’à la lumière des chandelles, nous avons chanté tout le long du trajet. »

Si mon grand-père revenait, il ne reconnaîtrait plus son petit train cahotant et enfumé. Depuis 1936, la ligne est électrifiée. D’élégantes automotrices à la carrosserie verte et crème ont remplacé les vieilles locomotives à vapeur. Ces machines puissantes sont beaucoup plus rapides que les anciennes locomotives ; la durée des parcours a été réduite de moitié, le nombre des trains a pu être multiplié. En 1874, il n’y avait que quatre trains par jour d’Echallens à Lausanne, et la course durait plus d’une heure. Aujourd’hui, on peut se rendre de l’une à l’autre de ces localités en trente minutes, et presque à toute heure de la journée.

Avant l’électrification, on ne voyait guère dans le train que des gens qui se rendaient à Lausanne pour un achat dans un grand magasin, pour une visite à des parents ou des amis. Maintenant, un grand nombre d’écoliers, d’étudiants, de demoiselles de magasin, d’employés de bureau, d’ouvriers, provenant d’une vingtaine de villages, prennent le train chaque jour pour aller à leur ouvrage. Le train des emplettes est devenu le train du travail.

Aujourd’hui il a bien changé ce petit train régional et son nom n’a plus rien à voir avec son surnom qui était « La Brouette d’Échallens ». Le Lausanne-Échallens-Bercher, tel est son nom ou LEB.

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Suivez le lien et vous aurez non seulement l’historique et son évolution, mais aussi une illustration de ce qu’ils voulaient faire comme à Paris.