Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher Un Mot

Articles Récents

Liens

26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 16:51
L’assermentation des troupes

L’assermentation des troupes

Pour Stoppa, l’assermentation de la troupe était d’une importance capitale, car il estimait que chaque homme devait servir en connaissance de cause et devait savoir à quoi il s’exposait en cas de manquement aux règles de la discipline, de la morale et de la foi. Il avait réglé dans les moindres détails le déroulement de l’assermentation. Cette cérémonie ne se faisait en général qu’une fois, lors du renouvellement des capitulations ou lors de l’avènement d’un nouveau Roi, ou encore lors de l’arrivée d’un fort contingent de recrues.

Stoppa avait prévu deux parties distinctes : la première consistait à énumérer les principales prescriptions à observer et la deuxième était le serment proprement dit. Pour cela, le régiment devait être « en tenue de campagne, sous les armes, le matin, à jeun ». Tous les soldats, sans exception, « même les tambours et les fifres » devaient, pendant la lecture des articles, lever la main droite à la hauteur du chapeau. Les officiers devaient se placer à « la tête de leurs pelotons » et « les sergents dans leur division » et « avoir ôté leur chapeau ».

L’officier-major, avec l’enseigne portant le drapeau du régiment, se trouvait face à la troupe rassemblée. Il devait lire le texte du serment à très haute voix, lentement, s’arrêter à chaque ponctuation afin de laisser le temps aux soldats de répéter, également à haute voix, la phrase qui venait d’être prononcée.

Le serment traitait de toutes les questions. Par exemple de :

- Promettre et jurer de servir en tout honneur et loyauté le Roy de France ;

- de défendre le drapeau, ne jamais abandonner son poste ;

- d’exposer son corps et sa vie pour endommager l’ennemi ;

- défense absolue de s’attaquer ou porter préjudice aux monastères, aux églises, aux prêtres, aux femmes, aux filles, aux vieillards, aux moulins, aux fours de boulangers, sous peine de vie ;

- défense de railler ou injurier des sujets de religion, de badiner en public, de blasphémer Dieu, de boire avec excès ;

- les jeux sont interdits les samedis, dimanches et jours de fête ;

- interdiction de maltraiter les vivandiers ;

- observer une obéissance absolue envers les officiers et les sergents ;

- les réunions, assemblées et émeutes sont proscrites ;

- le mot de garde doit garder le secret le plus absolu ;

- défense de maltraiter par la parole ou par des actes prévôts, juges, officiers de justice ou leurs sauthiers ;

- défense de laisser sortir chevaux, mulets ou bestiaux dans les « bleds » (blés) ou champs d’avoine, de couper les arbres fruitiers, les haies, les enclos, d’endommager les jardins, les vignes ;

- défense d’enlever le « bled », l’orge, le seigle, l’avoine et tout autre produit de la ferme ;

- observer la plus grande hygiène pour jouir d’une bonne santé ;

- Par mesure d’hygiène, les bouchers abattront le bétail hors du camp ;

- ne pas errer inutilement dans les rues ;

- éviter cris et chansons ;

- défense de quitter le camp sans congé et sous loyale exoine (excuse).

Après la lecture de ces différentes prescriptions de service, on passait à la deuxième partie du serment, qui avait un caractère très solennel. Dans la même formation et la même tenue, mais devant le drapeau déployé, chaque homme répétait après l’officier-major :

« Je promets et jure à Dieu et à son Evangile de servir fidèlement et loyalement le Roy de France, de défendre le drapeau au péril de ma vie, de ne jamais l’abandonner sous quelque prétexte que cela puisse être, avant que j’aie obtenu mon congé accoutumé. Ainsi Dieu me soit en ayde. »

Partager cet article

Repost 0
Published by G.Tell
commenter cet article

commentaires