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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 16:54

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Notre pays est connu pour sa chimie et en retire beaucoup de bénéfices. La transformation de produits bruts en d’autres produits pour toutes les industries qui en ont besoin fait que cette interaction entre ceux-ci est un pilier économique de la Suisse.

En 1926, pour les jeunes gens qui fréquentent le collège, on pouvait leur expliquer et démontrer une facette de cette chimie. Par exemple : Ce que l’on retire du charbon

La houille est l’âme de l’activité moderne ; c’est elle qui donne la vie industrielle.

À l’état brut, elle est utilisée, on le sait, pour le chauffage des appartements et la cuisson des aliments, elle fait mouvoir les usines, elle actionne les locomotives et les grands navires, elle supplée à la houille blanche pour le perfectionnement des usines électriques qui fournissent la force, la lumière, qui permettent la télégraphie, la téléphonie avec ou sans fil. Elle fournit encore le gaz d’éclairage, le coke qui actionne les hauts fourneaux dans la métallurgie du fer et de l’acier.

Et cela n’est presque rien comparé aux autres services prodigieux qu’elle rend par l’utilisation des résidus provenant de la fabrication du gaz d’éclairage.

On compte généralement que 100 kilos de houille produisent 23 m3 de gaz, 63 kg de coke, 8 litres d’eaux ammoniacales et 6 kg de goudron.

Des eaux, on retire l’ammoniaque qu’on transforme pour la plus grande partie en sulfate d’ammoniaque, engrais azoté particulièrement recherché.

Le goudron est de beaucoup plus important. Il est devenu un produit primordial et constitue la base de l’industrie chimique moderne. On le distille dans de vastes chaudières ou dans des cylindres en fonte communiquant avec un appareil réfrigérant. Entre 30° et 150°, il s’écoule des huiles légères renfermant surtout du benzène (benzol) ; entre 150° et 300°, des huiles lourdes qui contiennent le phénol, l’aniline, le toluène, la naphtaline, l’anthracène, etc. Le résidu de la distillation et le brai qui, mélangé à du poussier de charbon, sert à faire des briquettes, et, mélangé avec du sable, forme l’asphalte artificiel utilisé pour recouvrir les trottoirs des villes.

Tous les produits secondaires du goudron trouvent leur emploi. On en extrait la plupart des matières colorantes artificielles, aux nuances charmantes et variées, qui ont concurrencé victorieusement les produits naturelles tels que la garance, l’indigo. On les désigne souvent sous le nom général de couleurs d’aniline parce que, au début, on s’est beaucoup servi d’un principe, l’aniline, qui sert de base à toute une série de couleurs.

La médecine et l’antisepsie en retirent l’ammoniaque, l’antipyrine, l’acide phénique, l’antifébrine, la diurétine, la naphtaline, le salol, etc., une foule de médicaments aux noms étrangers et bizarres.

De ce même goudron, on obtient des parfums innombrables depuis l’odeur de cannelle, d’amande amère jusqu’à celle du camphre et du thymol ; on fabrique des substances qui permettent d’aromatiser les pâtisseries, de leur donner la saveur de la vanille, de la framboise, de la fraise, de la groseille.

Nous pourrions encore citer la paraffine ; la saccharine ou sucre de houille, édulcorant très actif, mais dont les propriétés physiologiques sont tout à fait différentes de celles du sucre avec lequel il n’a de commun que le goût ; la créosote, antiseptique et caustique, préconisée contre la tuberculose, le mal de dents, employée pour préserver les pavés de bois et les traverses de chemin de fer de la pourriture ; le caoutchouc artificiel dont la synthèse coûte actuellement trop cher pour qu’on le produise industriellement.

Pendant la guerre, on a beaucoup utilisé le benzol dans les moteurs à explosion. Il offrait malheureusement les graves inconvénients de sentir mauvais et de se solidifier par le froid. Les Allemands annoncent qu’ils seraient parvenus à extraire du charbon un nouveau carburant pour les moteurs d’automobile qui permettrait de réaliser une économie considérable tout en obtenant un fort rendement.

Et tout cela vient d’un sous-produit que l’on avait considéré comme encombrant et gênant pour la fabrication du gaz d’éclairage et dont on se sert couramment pour garantir les échalas, les poteaux télégraphiques, les barrières de bois, les coques des navires de toute altération par l’humidité.

Il n’est pas une seule substance qui puisse rivaliser avec le charbon pour les bienfaits que nous en retirons ; non seulement il participe à notre bien-être, mais, sous une variété de formes incalculables, à notre joie, à notre santé, à notre sécurité, à notre coquetterie, et, chaque jour, la science fait une découverte nouvelle dans laquelle le charbon a son application.

D’après M. Deschamps.

Voilà, à la lecture de ce texte, le collégien de 1926 en apprenait beaucoup.

G.Tell

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Published by G.Tell
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