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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 16:45

1970 - 1971

Jura

Importante artère donnant accès au Jura, la nouvelle route des gorges du Taubenloch, avec le viaduc sur la Suze et le tunnel qui le précède, s’est ouverte au trafic au début de l’été 1970. À la même époque, la piscine chauffée de Tramelan était mise à la disposition du public.

Août et septembre 1970 nous ont gratifiés de leurs traditionnelles cortèges de réjouissances : le 67e Marché-concours de Saingnelégier (25 000 spectateurs) et la 13e Braderie de Porrentruy placée sous le signe du bleu, du blanc et du rouge (la Provence était en effet l’invitée d’honneur) ont laissé de lumineux souvenirs aux visiteurs accourus du dehors.

Il en fut de même d’ailleurs de la Fête du peuple jurassien, 23e du nom, qui fut marquée par la révélation d’un rapport qui fit du bruit, puisqu’il concernait en fait les personnes habilitées à prendre part à un éventuel plébiscite sur la libre disposition du Jura.

En septembre 1970 toujours, Moutier fêtait le centenaire de son Ecole secondaire tandis qu’en décembre Porrentruy marquait d’une petite cérémonie l’achèvement du gros œuvre de sa nouvelle Ecole normale d’instituteurs. Sonvilier, enfin, honorait à l’occasion de ses 80 ans le professeur et philosophe mondialement connu, Ferdinand Gonseth, son plus illustre bourgeois. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand_Gonseth

À quelques jours de la fin de l’an 1970 s’est éteint, à Courtelary, M. Camille Bloch, directeur fondateur et président du Conseil d’administration de la fabrique de chocolat du même nom. Autre disparition ressentie dans la région, celle survenue en février, de Jules Sandoz, horloger de haute lignée et ancien professeur du Technicum cantonal de Saint-Imier.

Cette période a vu le jugement de deux des auteurs du plus grand Krach financier que le Jura ait connu (35 millions de francs) ; mais ce ne sera pas l’unique affaire judiciaire dans la région. La plus sordide trouvera son épilogue en avril 1971. À cette époque comparaissent devant leurs juges un homme de 30 ans et son amie de 25 ans, qui, en septembre 1969, s’en étaient pris à un couple d’octogénaires habitant une ferme de la commune des Genevez : c’est le crime de Prédame. Le vieil homme subira des lésions corporelles graves ; son épouse décèdera des suites des violences exercées sur elle. Il y avait quarante ans que pareil crime n’avait été commis dans le Jura : les assassins écoperont de 20 et 16 ans de réclusion. Une rente alimentaire non payée est enfin à l’origine d’une autre tragédie : le 8 février 1971, à la ferme de Mont-Gremay située non loin des Malettes, sur la route des Rangiers, un agriculteur abat un gendarme, père de trois enfants en bas âge, tandis qu’un juge échappe de peu à la mort.

Mais il est temps d’évoquer les problèmes politiques et particulièrement la question jurassienne. Le procès tant attendu des Béliers s’ouvre devant le Tribunal fédéral le 22 février 1971. La Cour pénale a à connaître de deux affaires : l’occupation de la préfecture de Delémont le 29 juin 1968 et l’intrusion dans la salle du Conseil national le 11 décembre de la même année. Onze accusés doivent comparaître mais ne se présentent pas : ils ont gagné Strasbourg et le siège de la Commission européenne des droits de l’homme « pour faire connaître au monde entier la façon dont la Suisse traite les Jurassiens ». Le soir-même, les Béliers regagnent le pays et la ferme des « Vies », au-dessus de Develier, ferme dont le Rassemblement jurassien s’est assuré la jouissance depuis plusieurs années. L’attente du jugement commence.

En 1965

En 1965

À Lausanne, un des avocats d’office obtiendra la disjonction des cas de deux des accusés impliqués dans la seule affaire de Delémont. Les prévenus ne sont donc plus que neuf : alors que le procureur requiert des peines fermes pour deux d’entre eux, les neuf séparatistes obtiendront le sursis. Pour le RJ, « la lutte continue ».

Une année en Suisse et en Romandie [11]

Celle des Francs-Montagnards contre toute implantation militaire dans leur région aura duré jusqu’en 1970. L’an dernier, en effet, le Département militaire fédéral a offert aux communes de Montfaucon, Les Genevez et Lajoux la possibilité d’acquérir, dans un délai de trois ans, les biens-fonds situés sur leurs territoires respectifs. Les domaines couvrent une superficie de 289 hectares de terres qui pourront être cédés pour la somme de 3 858 000 francs, étant comprise la reconstruction de la ferme de Sous-la-Côte détruite par un incendie criminel en 1963.

Un problème chasse l’autre : Montfaucon, Les Genevez et Lajoux doivent à présent résoudre celui de l’affectation des terrains que la Confédération possède sur le haut-plateau et dont elle est disposée à se dessaisir, d’autant que l’échéance n’est pas lointaine. Deux Jurassiens sont sur les rangs : le premier projette l’utilisation de ces terres à des fins touristiques, le second propose de consacrer 30% de la surface au tourisme et de réaffecter les 200 autres hectares à l’agriculture. La question devra être tranchée entre ces deux formules : tourisme total, ou solution mixte : tourisme-agriculture. A fin juin 1971, une première option a été prise par les citoyens en faveur de la solution mixte.

Enfin, à cette même période a été inauguré le Centre protestant de Sornetan, situé au centre géographique du Jura.

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Published by G.Tell
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