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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 18:05

1970 - 1971

Neuchâtel

La période écoulée a été fertile en événements de toutes natures, mais nous en retiendrons deux qui, par leurs échos, ont suscité d’âpres controverses.

La première affaire est judiciaire. Le 8 octobre 1970, la Cour d’assises du canton acquittait, contre toute attente, un étudiant étranger qui, en 1967 à Neuchâtel, avait abattu un rival de quatre coups de revolver. L’absorption d’un médicament, avant ou après celle d’alcool, était-elle de nature à modifier le comportement du meurtrier ? La cour n’a pas acquis l’intime conviction de sa responsabilité lorsqu’il ouvrit le feu, d’où ce verdict qui a stupéfié.

En février 1971 cependant, la Cour de cassation pénale cassait le jugement rendu en première instance parce qu’insuffisamment motivé, de sorte que le coupable devra se présenter à nouveau aux assises.

Le deuxième événement a trait à la télévision : en octobre, une émission « 25 fois la Suisse, Neuchâtel » soulève une réprobation générale dans le canton. Le Grand Conseil la condamne unanimement. L’auteur de l’émission dira : « ce genre de réactions me paraît grave et de nature à compromettre des efforts pour une télévision vivante », et le chef du Département de l’information de la TV romande évoquera « la nécessité d’une promenade impressionniste et le besoin d’éviter de revenir sur ce qui est hebdomadairement montré à notre antenne ». L’image de la République en a-t-elle pris un « coup » au-dehors comme on l’a prétendu ? Il n’est pas dit, en tout cas, que censeurs et redresseurs de torts aient contribué à la mieux servir.

En septembre 1970, le corps électoral a été appelé aux urnes pour se prononcer sur une initiative popiste concernant les impôts ; cette initiative a été repoussée par 13 947 non contre 8046 oui.

De toutes les réalisations dont a pu, par ailleurs, se prévaloir le canton pendant la période écoulée, il en est quatre qui méritent qu’on s’y arrête. Il s’agit avant tout (le 8 décembre 1970) de cette première unité chirurgicale protégée de la Confédération, qui voit le jour à l’Hôpital Pourtales de Neuchâtel. C’est le conseiller d’Etat Rémy Schlaeppi, chargé de la protection civile, qui a coupé le ruban de ce merveilleux ensemble souterrain.

Les jeunes du « Vallon » ont désormais une nouvelle possibilité de préparer leur avenir : s’ils veulent se spécialiser dans un corps de métier ils pourront avantageusement fréquenter le Centre professionnel du Val-de-Travers à Fleurier. Le passage inférieur de Peseux, d’une part, le Grand-Pont de la Chaux-de-Fonds, d’autre part constituent deux gros et long travaux qui ont pu être menés à chef.

Côté célébration, une date n’est, de loin, pas passée inaperçue : il y a en effet cent ans – c’était le 1er février 1871 – l’armée française de l’Est dite des Bourbakis, pourchassée par les Allemands, pénétrait en Suisse pour y être internée. Il appartenait à la commune des Verrières de commémorer avec ses voisins cet épisode historique et dramatique de la guerre franco-prussienne.

S’agissant de la N5, une lourde injustice a été réparée en 1970 : le Conseil fédéral a reconsidéré le problème de l’artère nationale du pied du Jura et a décrété son reclassement de troisième classe en route de seconde classe, après intervention du gouvernement neuchâtelois à Berne par l’un de ses conseillers aux Etats. La conséquence financière pour le canton de Neuchâtel est d’importance, attendu que la subvention fédérale de 68% passe à 84%. La construction de la route avance très rapidement, plus rapidement même que prévu, dans la région de l’Entre-deux-Lacs. Le tronçon Areuse-Serrières progresse également de manière satisfaisante. Le passage de la N5 dans la Béroche devra être corrigé à Saint-Aubin. La route qui, primitivement, devait traverser le village dans une tranchée sera déplacée au nord de la localité qu’elle évitera.

Quant au raccordement de Neuchâtel à l’importante artère, rien n’a encore été décidé. Le peuple aura vraisemblablement à se prononcer sur deux tracés : au sud de la ville, en tranchées couvertes dans les remblayages en cours, ou au centre de la localité où la route ondulera entre deux niveaux avant de s’engouffrer dans un tunnel pour passer sous le quartier de l’église catholique et franchir le Nid-du-Crô sur un viaduc.

L’industrie horlogère a poursuivi sa mue. L’automatisation des moyens de production s’est accélérée, nécessitant d’importants investissements. De même la concentration des entreprises, conséquence de la lutte sur les marchés mondiaux, a vu le renforcement de plusieurs groupes.

L’ASUAG (Association suisse des fabricants d’ébauches) a pris le contrôle de sept producteurs de montres. Le géant prend ainsi pied, pour la première fois, dans des circuits de distribution. Pour sa part, la SSIH (Société suisse pour l’industrie horlogère) s’est assuré le contrôle d’un groupe de roskopfiers*, afin d’étendre la gamme de ses produits d’une part et de maîtriser des canaux de distribution du produit horloger bon marché d’autre part.

Dans ce groupe, un fabricant a présenté un nouveau calibre en matière synthétique qui bouleverse un certain nombre de données et dont les possibilités semblent immenses. Le nouveau calibre est remonté sur un pont mono-face, l’ajustage des pièces exclut le recours aux vis. [Ce n’est pas la Swatch inventée en 1980 par Ernst Thomke, Elmar Mock et Jacques Müller]

En juin 1971, un groupe américain a pris le contrôle d’une importante société d’horlogerie suisse, la quatrième en importance. Mais il fut précisé que la direction des usines sises au Locle et à La Chaux-de-Fonds, où travaillent près de 1200 personnes, resterait en mains helvétiques.

Enfin, la production mondiale de montres a atteint 147 millions de pièces, la Suisse en ayant assuré la moitié. C’est donc bien le lieu de rappeler ici que l’industrie horlogère a fêté, en été 1971, le 250e anniversaire de la naissance d’un de ses plus grands hommes : Pierre Jaquet-Droz, qui acquit une célébrité européenne au XVIIIe siècle, grâce notamment à ses fameux androïdes qu’on peut voir au Musée de Neuchâtel, et auxquels l’Almanach du Messager boiteux de 1967 a consacré un reportage aux pages 56 et 57.

Reste que le canton a adhéré à la coordination scolaire, que lors de la votation sur les droits civiques aux femmes sur le plan fédéral, les membres de l’Église réformée évangélique neuchâteloise (l’EREN) ont également accepté le pastorat féminin et, qu’enfin, le Grand Conseil a voté des mesures sociales en faveur des personnes âgées et instauré pour elles, l’assurance-maladie. De son côté, le corps électoral chaux-de-fonnier a repoussé par un non catégorique la demande de crédit qui devait permettre la réalisation d’un plan de circulation.

Cette rétrospective serait incomplète si l’on ne mentionnait pas la disparition du quotidien socialiste, « Le Peuple-La Sentinelle », fondé en 1890, et qui a cessé de paraître le 19 mai 1971.

À venir : Le Valais

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Published by G.Tell
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