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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 15:45

Plus vite, plus vite

Un des caractères les plus critiquables de notre organisation en voie de réforme est le raffinement de la paperasserie. Il ne nous suffit pas de tenir un registre des mobilisables, il nous le faut en plusieurs exemplaires – sauf erreur, en douze. Et tous ces contrôles sont nouveaux. Comme on n’a pas fait appel à l’aide des nombreux chômeurs qui savent écrire, la paix semble assurée pour longtemps encore !

On pourrait cependant s’organiser de façon à supprimer, en cas de mobilisation, la distribution aux soldats de l’équipement complémentaire. Dès à présent, l’homme conserve par devers lui plusieurs éléments importants de cet équipement. Mais on ne conçoit pas pourquoi on ne lui permettrait pas ce qui manque encore : toiles de tente, éléments de tente, pansements individuels, plaques d’identité. Rien que pour établir ces dernières, il a fallu, en 1914, près de 48 heures à chaque unité, cela de jour et dans les bureaux. Des travaux aussi méticuleux pourraient être, sans dépenses sérieuses, épargnés à la troupe.

Ce qui demande surtout du temps, c’est la fourniture des chevaux. Si elle pouvait être réduite à une simple remise de bêtes, l’unité pourrait être prête à marcher en quelques heures. Il ne lui faudrait pas plus de temps qu’au début d’un cours de répétition, quand on la voit souvent, le premier soir, bivouaquer à une demi-journée de marche du lieu de mobilisation. On pourrait très facilement, et dès aujourd’hui, munir toute bête de trait ou de somme d’un « livret de service » qui indiquerait ses qualités et son affectation. Il faudrait également qu’elle soit présentée avec un fer de réserve d’ordonnance. De même que les chevaux, notamment les lourds, sont amenés avec leur collier, on pourrait obtenir que le collier d’ordonnance soit employé en temps ordinaire, ce qui permettrait d’économiser environ deux heures à la mobilisation ; de plus, les chevaux et les usagers s’habitueraient à ce collier.

  LA DÉFENSE DE LA SUISSE en cas d’invasion [10.1]

La mobilisation des automobiles et motocyclettes devrait être également réglée de telle sorte que, en même temps que le contrôle annuellement assuré par les autorités cantonales, il soit établi une fiche indiquant les services que le véhicule peut rendre en temps de guerre.

Des préparatifs aussi poussés impliquent naturellement que les dépôts des lieux de rassemblement puissent, en une heure seulement, fournir la plupart des troupes y affectées de tout ce qui leur est nécessaire. Il sera impossible de maîtriser cette vague en employant la paperasserie du temps de paix, la seule issue honorable est de confier à la garde du dépôt le matériel porté sur les états.

Si le plan de mobilisation réduit au temps indiqué les opérations d’appel, d’organisation interne et de mise en marche des troupes, il ne sera naturellement pas possible aux dépôts centraux d’assurer, en un si court délai, le ravitaillement en vivres et en fourrage. Il ne convient toutefois pas de retarder, pour cette raison, la marche des troupes. Une décentralisation de ces réserves est d’autant plus indiquée que, de toute façon, leur renouvellement régulier est rendu nécessaire par la consommation des troupes appelées aux cours de répétition annuels. Même si les dépôts centraux ne sont pas bombardés à gaz par un raid d’avions ennemis, il ne faut pas s’attendre à ce que le trafic par voie ferrée se fasse normalement. La collaboration des grandes organisations de répartition au ravitaillement des dépôts dans les lieux de rassemblement des troupes, allégerait la tâche des chemins de fer, des dépôts centraux, faciliterait le ravitaillement de la population civile, accélérerait la préparation à la marche des troupes.

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Published by G.Tell
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