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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 16:12

L’auteur fait souvent référence à la Guerre mondiale, celle de 14-18 pour expliquer ce qui devrait se passer, les moyens à utiliser ou les difficultés que les Allemands à l’époque rencontrèrent dans leur avancée, en pensant que cette fois encore avec la volonté, on fera la même chose. 14 mois plus tard, Max Barthell aura la surprise de constater son erreur et que son optimisme d’alors était bien loin de la réalité des événements.

Il nous parle aussi de notre neutralité que personne ne défendra et que nos diplomates devraient s’atteler à chercher des alliés qui nous défendraient réellement en cas d’invasion. Il faudrait aussi, que les pays neutres puissent utiliser d’autres règles de la guerre, allant plus loin que ce qui est autorisé pour se défendre, là encore, les diplomates doivent y travailler. (Il pense à utiliser le potentiel énorme de la chimie bâloise.)

Le pauvre Max Barthell n’avait aucune idée de ce que les Nazis préparaient dans leur invasion de l’Europe. A plusieurs reprise l’auteur nous parle d’armée chevaleresque, comme si lors du précédent conflit mondial, les combats étaient dans cet esprit « chevaleresque », à ma connaissance seul les pilotes d’avion ont montré un peu de cet esprit et encore, pas toujours.

La Suisse devrait être prête en cas d’agression surprise, et si ce n’était pas le cas, selon M. Barthell, la force de nos politiques et le peuple relèverait le défi.

Voici ce que dit Max Barthell sur l’éventuel attaque par surprise.

« L’attaque par surprise »

« Le cas extrême où l’Assemblée fédérale pourrait être empêchée de se réunir par l’ouverture des hostilités découle de la thèse d’une guerre débutant « comme un coup de tonnerre dans un ciel serein ». Ce n’est pas comparable à l’invasion des Huns, dont on savait l’approche et devant lesquels tout fuyait. Toutefois, ils tombaient sur un pays pacifique sans déclaration de guerre. Mais ils n’existent plus aujourd’hui. Bien que j’aie l’esprit assez réaliste et que je doute par exemple, si la guerre mondiale avait eu une autre issue, que la Belgique ou la Serbie aient pu exister dans leur forme actuelle, j’estime cependant que le monde entier réserverait le même sort qu’aux Huns à un peuple qui, en pleine paix, attaquerait en assassin un peuple voisin. C’est sans doute une théorie, mais l’état-major général qui prépare une attaque de ce genre doit cependant compter avec cette théorie. Des esprits inquiets tireront peut-être un parallèle des événements qui se sont passés chez notre voisin de l’est (Autriche), dont l’existence a pris fin par l’entrée des troupes allemandes. Mais la comparaison est boiteuse. La désunion morale du peuple y était arrivée à un point que le gouvernement ne trouvait plus en ce peuple le soutien qui lui aurait été nécessaire. Chez nous, au contraire, un gouvernement de ce genre serait vite parterre. Et l’opération militaire ne pourrait se faire « à sec », elle ferait couler beaucoup, beaucoup de liquide, de liquide fumant et écarlate.

Admettons le cas où une semblable attaque serait projetée. À la mobilisation de 1914, les troupes frontières d’une garnison allemande devaient, six heures après réception du télégramme annonçant le « danger de guerre menaçant », être prêtes à marcher. Or, un quart d’heure avant que le porteur de la dépêche arrivât à la caserne, tout le village était informé. Il serait donc bien étrange que nous ne sachions pas nous aussi, une demi-heure après, ce qui nous menace. Si, malgré tout, la nouvelle nous échappait, et si nous ne remarquions même pas que les relations téléphoniques et télégraphiques sont interrompues depuis des heures au travers de la frontière intéressée, c’est que nous n’aurions pas eu la main heureuse en choisissant notre chef d’état-major général ; et ce n’est pas un chef suprême de l’instruction militaire qui y changerait quelque chose.

L’éventualité demeure d’un projet de mobilisation et de mise en alerte « secrètes » de troupes rapidement réunies. Cela ne serait pas possible chez nous, car comment tenir secret le fait que les fermes seraient abandonnées par leurs garçons, les usines et les bureaux par leurs ouvriers et leurs employés ?

D’autres Etats peuvent peut-être le faire. Mais même là, cette mesure implique l’existence de troupes permanentes. Et, là aussi, la mobilisation diffère essentiellement d’un exercice du temps de paix. Ce qui frappe surtout les regards, c’est le transport de munitions lourdes et le rappel des permissionnaires. Comment tenir la chose secrète ? Même si cette impossibilité se réalisait, la question se pose de savoir s’il peut exister un Etat quelconque qui oserait arracher à leur famille, sans leur permettre un adieu, les soldats de son armée permanente. Malheur à lui, dès les premières listes de pertes ; trois fois malheur à lui, en cas de défaite. Mais si un état-major était capable de résoudre les difficultés techniques d’une mobilisation secrète, l’homme politique n’en trouverait pas le moyen. Avec un « nous en avons assez », on peut peut-être, sans verser le sang, faire un chiffon de papier d’un traité gênant. Avec un « nous en avons assez », on peut même, sans verser le sang, envahir un pays qui ne tire pas un seul coup de fusil. Mais, faire d’abord couler le sang, et le lendemain expliquer qu’on « en a assez », c’est ce qu’aucun régime ne peut se permettre. Et cela d’autant moins que sera plus serein le ciel qui sillonnera l’éclair.

Tous les indices visibles nous autorisent à supposer qu’aucun des gouvernements des Etats qui nous entourent ne songe à se suicider. Bien au contraire. »

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Published by G.Tell
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