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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 15:54

La guerre totale

Pour comprendre comment se fera la guerre future, celle que les militaires de carrière nomment la « guerre totale », il faut d’abord se demander quel en sera le but. Il ne s’agit plus certes, comme dans le bon temps, de prendre une ville ou un bout de pays. Il ne s’agit même plus de s’assurer la prédominance en Europe. Et s’il s’agissait « seulement » de devenir une puissance mondiale, nous pourrions compter sur une paix durable ; les peuples intéressés en effet possèdent déjà cette puissance, en sorte que la responsabilité d’une telle guerre serait lourde pour le gouvernement qui l’aurait imposée à son peuple.

Aussi bien la guerre future doit-elle dissimuler un but plus étendu encore : celui d’assurer au vainqueur sa domination unique et incontestée sur le monde entier. Même su une guerre devait éclater en vue d’obtenir de moindres avantages, le but dont nous venons de parler se ferait jour au cours de la lutte. C’est pourquoi la guerre future sera une « guerre totale ».

Dans la Grande Guerre de 1914-1918, la Grande-Bretagne seule, habituée qu’elle est à penser « en continents », comprit toute l’étendue du but poursuivi, parce que ce but la touchait de près et qu’elle avait à le défendre. La Russie pensait aux Détroits, la France à l’Alsace-Lorraine, l’Autriche à une expédition punitive, l’Allemagne à une paix dans le genre de celle de Brest-Litovsk. https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Brest-Litovsk Mais la Grande-Bretagne songeait à des continents. Les stratèges allemands croyaient en la défaite des armées ennemies, Clemenceau en la revanche. Le comte Berchtold disait : « La Monarchie est saturée de territoires et n’a pas besoin de terres serbes. » https://fr.wikipedia.org/wiki/Leopold_Berchtold Mais les hommes d’État anglais songeaient à la défaite des peuples qu’ils combattaient.

La théorie britannique a été enseignée au monde par l’issue de la guerre – et il l’a retenue. Très rapidement. Clemenceau, à sa manière, la résuma ainsi : « Il y a vingt millions d’Allemands de trop. » Entre temps, le monde a appris à jongler avec les milliards, il n’a plus peur de quelques zéros en plus ou en moins, il jette chaque année des milliards de francs pour les armements et ricane en parlant de l’esprit chevaleresque qui inspire l’ardeur des armées et le zèle des stratèges.

Celui qui veut soumettre un monde, celui qui a un monde à défendre, celui-là emploie des moyens qui soient à cette mesure. Aussi est-il à craindre qu’une guerre future devienne une guerre totale. « Le meilleur moyen pour éviter une guerre générale, c’est d’empêcher une guerre locale », disait le ministre Bienvenu-Martin à M. de Schoen, ambassadeur d’Allemagne, le 28 juillet 1914. Le mot a plus de valeur encore aujourd’hui, demain, à l’avenir.

La guerre totale emploie les moyens suivant :

1° Une force armée de terre, de mer et de l’air, luttant contre la force armée de l’ennemi, contre sa population, contre son économie nationale ;

2° Des moyens économiques, barrières, boycottages, blocus, contre l’économie nationale de l’ennemi et contre celle des neutres qui l’avoisinent ;

3° Une propagande écrite ou parlée par radio contre la résistance morale du peuple ennemi et contre son armée, cela auprès des amis, des neutres et des ennemis ;

4° La destruction des alliances de l’adversaire, ou de ses relations et conventions politiques ou économiques avec des neutres, par pression ou par corruption.

Tout cela sert un grand but : assurer au vainqueur l’hégémonie absolue dans le monde entier.

Commentaire

On peut se demander si toutes ces hypothèses, ces scénarios, sont bien d’utilité et si cela avait un effet positif ou réconfortant de penser que la prochaine guerre serait comme la précédente, même si celle-ci devait être totale ? Au moment d’écrire son livre, il y avait un autre livre qui était paru en 1926, qui depuis l’avènement d’Hitler à la Chancellerie en 1933 et surtout depuis 1936 distribué comme cadeaux de mariage à chaque couple, le célèbre Mein Kampf, se répandait partout. Ne devait-il pas être lu par les militaires et politiques européens, sachant qu’Hitler avait écrit son programme de ce que devait être son combat. Ces considérations sur ce qu’avait été 14-18 et ce que devrait être la prochaine, ne me semble pas pertinent, mais l’on devait se réarmer aussi vite que possible pour rattraper le retard qui devait se voire quand même.

G.Tell

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Published by G.Tell
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