Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher Un Mot

Articles Récents

Liens

4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 16:52

Le gros problème : Le ravitaillement

La guerre de montagne exige des services de ravitaillement un travail immense. La nourriture (sans la boisson), le courrier et le bois de chauffage représentent 2 ½ kilos par homme et par jour. Avec notre effectif actuel de troupes de montagne, nous devrions pouvoir monter journellement, par camions, à dos de bêtes ou de soldats, la valeur de vingt wagons de chemin de fer. Et nous ne parlons pas du fourrage pour les chevaux et les mulets. De plus, pour s’abriter et pour combattre, la troupe aura besoin de bois d’œuvre, de fils de fer et de munitions.

L’armée qui défendait Verdun, forte alors de 530 000 hommes, exigeait chaque jour trente trains à voie étroite (de la Compagnie du « Meusien ») pour son seul ravitaillement en vivres. Elle disposait en outre pour son ravitaillement général d’une seule route, la fameuse « voie sacrée ». Cette route était parcourue journellement par 1'400 camions dans chaque direction, une voiture sur cinq étant pleine de pierraille pour l’entretien de la chaussée qui était véritablement une artère vitale. Dans les forêts de la région, par contre, les troupes trouvaient en abondance du bois d’œuvre et de chauffage.

Ainsi nous devons faire tout le nécessaire pour approvisionner notre armée de montagne. On a souvent de la peine à construire une simple route, par exemple celle du col du Susten, du col du Pragel ou du lac de Wallenstadt, on parle et l’on écrit sans fin, perdant ainsi un temps précieux. Pourquoi ne bitume-t-on pas enfin nos grandes routes alpestres ? Faut-il que, chaque printemps, leur chaussée soit creusée par les eaux de fonte des neiges ? Dans leur état actuel, les transports de guerre auraient bientôt fait de les rendre inutilisables.

La mise en état de nos routes de montagne ne constitue qu’une partie de ce qui peut contribuer à la défense nationale. Aux points où le ravitaillement doit abandonner la route, il convient d’établir des chemins et des téléfériques. En même temps, on remédierait au dépeuplement de maintes vallées alpestres en les rapprochant, par un chemin ou un téléférique, des forêts et des pâturages. Et pourquoi chaque bataillon ne consacrerait-il pas, de temps en temps, une journée entière à débarrasser un de ces pâturages des pierres qui l’encombrent ? Quelques milliers de journées de travail ainsi employées seraient le meilleur des cadeaux à faire à une de ces communes alpestres. Pourquoi ne leur venir en aide que lorsqu’elles sont dévastées par le feu ou l’eau, et que seulement alors la « solidarité confédérale » puisse être pratiquée par nos troupes ? Le bataillon aurait son téléférique, la commune aurait sa vie mieux assurée. Quel beau travail à accomplir !

[Cette vue, d’aide à la population alpestre a été pendant la mobilisation, une des missions de la troupe. Il semblerait que cela n’était pas dans les habitudes de l’armée d’entreprendre des travaux nécessaires à la défense nationale et qui serviraient à la population locale par la suite.]

D’un intérêt égal serait l’étude de la façon dont on pourrait réduire le volume du ravitaillement sans en diminuer la valeur. Ceci concerne par exemple l’approvisionnement en bois de chauffage. Ce que dix hommes hissent à grand’peine jusqu’aux positions, un homme pourrait le transporter sous forme de charbon de bois. De ce charbon, faisons donc des briquettes, en créant une nouvelle industrie qui nourrirait des centaines d’ouvriers. Nous avons du bois en abondance et nos propriétaires de forêts en tireraient plus de bénéfices. Il serait d’ailleurs intéressant, pour notre défense nationale, de développer encore cette production en remplaçant l’essence d’automobile par du gaz de charbon de bois. En cas de guerre, nous pourrions nous passer de nos importations de pétrole : les vingt millions de francs suisses qui filent annuellement à l’étranger nous seraient fort utiles – et à nos propriétaires de forêts également. Mettons-nous donc au travail. À la fois pour combattre le chômage et pour défendre le pays.

Partager cet article

Repost 0
Published by G.Tell
commenter cet article

commentaires