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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 16:31

La guerre aérienne

Que vaut l’arme aérienne ?

Connaître insuffisamment les possibilités techniques d’une arme nouvelle, c’est s’exposer à se tromper sur les effets de son action. C’est ainsi qu’en 1914, les combattants français emportèrent sur leurs voitures leurs mitrailleuses comme un inutile ballast. Dix années écoulées depuis les succès remportés par cette arme, au cours de la guerre russo-japonaise, n’avaient pas suffi pour permettre à toutes les armées de s’en faire une idée exacte. La mitrailleuse se vengea de cette méconnaissance en obligeant plus tard les combattants à la guerre de position.

D’autre part, la peur est mauvaise conseillère. L’arme aérienne, combinée avec l’arme chimique, était nettement destinée à créer une particulière psychose de crainte.

En Abyssinie, l’Italie n’avait point d’ennemi dans l’air. Néanmoins, ce ne furent pas les aviateurs qui décidèrent du succès. Ils rendirent de grands services pour la reconnaissance, parce qu’on ne disposait pas de cartes détaillées du pays. Mais ce furent les ascaris, les troupes indigènes et la milice fasciste qui combattirent et remportèrent la victoire.

En Chine, les aviateurs japonais bombardèrent Shanghai, Hankou, Canton, etc. Les destructions par obus furent aussi importantes. Le résultat en fut, non pas la soumission de la population et de l’armée chinoises, mais une haine formidable de l’agresseur, une volonté inouïe de se défendre.

En Espagne, les attaques par avions ont réduit en ruines des maisons, parfois des rues, jamais des villes entières. Les nouvelles parvenues de Madrid disaient que les tirs d’artillerie étaient beaucoup plus démoralisants que les bombardements d’avions. Et les militaires professionnels ne s’étaient, en tout cas, jamais imaginé qu’ils verraient quelques milices pauvrement armés et mal instruites tenir tête à l’ennemi pendant plus de deux années.

L’armée aérienne est, dans le cadre de la puissance militaire, un moyen de combat à l’égal de toute autre arme.

Mais malheur à la puissance militaire qui ne saurait achever par la victoire une guerre aérienne acharnée et destructrice. Le Traité de Versailles serait un jeu d’enfant en comparaison avec la « paix des ruines » qu’elle préparerait pour son peuple.

l'avion de combat (Suisse)

l'avion de combat (Suisse)

Rôle de l’avion dans le combat

Un traité de paix imposé est toujours précédé d’une guerre et ce serait la politique de l’autruche que de ne pas considérer l’arme aérienne comme un puissant moyen de guerre totale.

C’est là justement que réside le grand danger de l’emploi de cette arme. À côté des reconnaissances exécutées par l’aviateur, il remplit encore d’autres missions de combat qui dépassent son activité d’agent de liaison ou de protecteur du ravitaillement.

Les patrouilles de reconnaissance des aviateurs ennemis pourraient déjà nous causer des dommages sérieux si nous ne contrecarrions pas leur activité. Renseigné sur la direction suivie par nos transports et nos colonnes en marches, le Haut Commandement ennemi pourrait savoir assez exactement où nous projetons de nous établir pour notre résistance définitive ou pour une contre-offensive. Le mauvais temps et l’obscurité de la nuit sont nos premiers auxiliaires. Mais, si nous ne nous fiions qu’à eux, l’adversaire aurait trop beau jeu. Pour l’empêcher vraiment de remplir son but, nous devons le dégoûter du séjour dans notre ciel. La meilleure arme, à cet effet, ce sont les avions de combat.

Au cours de la guerre mondiale déjà, les aviateurs ont été les yeux de l’artillerie. Ils notaient les points de chute et rapportaient avec eux renseignements et photographies. Les artilleurs n’avaient pas de peine ensuite à diriger leurs pièces sur les points à toucher. Or, si nous n’avons pas d’avions, ou si ceux que nous avons remplissent d’autres missions, nous serons privés de ce service de renseignements. L’inconvénient, c’est que notre artillerie deviendra aveugle, ou tout au moins myope. Elle ne pourra pas exercer la fonction qu’on attend d’elle. Ou bien il lui faudra dix fois plus de munitions (lisez : d’argent) et de temps pour un succès sans doute moindre. Enfin, les avions de combats doivent aussi faire la chasse aux observateurs ennemis.

Les troupes en marche et les transports (voitures, autos, chemin de fer, bateaux) sont des buts tout trouvés pour l’aviateur. Il les bombarde à coups de mitrailleuse, de canon ou de bombes. Pour l’en empêcher, la colonne en marche adopte une formation particulière et place le long de sa route des pièces contre avions. Et, de nouveau, les avions de combat sont appelés à contribuer à la défense.

Les transports peuvent être aussi, sinon empêchés, toutefois retardés quand les bombes d’avion détruisent des ponts, des étranglements de route, des voies ferrées. Parallèlement à la défense générale confiée à nos avions de combat, il est nécessaire de protéger les parties les plus menacées de ces voies de communication par des batteries contre avions. Ce qu’il faut particulièrement assurer, c’est la protection des gares, des ponts de chemin de fer, mais aussi des ponts de route qu’on ne peut contourner ou dont la réfection demanderait un temps considérable.

L’aviateur ennemi, toutefois, attaquera aussi nos troupes au cambât ou au repos. Il faut organiser et rendre efficace la défense contre avions tant dans l’air qu’à partie du sol.

Il ne faut pas négliger, en la matière, un cas particulier qui peut, au premier abord, paraître, bien à tort, de peu d’importance. Dans l’émulation qui met aux prises deux partis ennemis aux fins d’occupation de terrains stratégiques intéressants, le moteur qui tourne en l’air peut jouer son rôle aussi bien que celui qui tourne dans une voiture. C’est lui qui, le premier, peut porter aide aux combattants. Tandis que les troupes motorisées ne s’élèvent qu’avec peine le long des méandres des routes de montagne, l’avion atteint, d’au-dessus des cols qui commandent le passage, l’ennemi qui y est déjà arrivé et qui se croyait en sûreté, il l’arrose à coups de mitrailleuse, tantôt par devant, tantôt par derrière, il lui lance des bombes – s’il n’est pas lui-même dérangé. L’aviateur devra, en tout cas, faire le sacrifice de sa vie pour retarder l’approche du gros de l’armée. Il faut absolument couper de celui-ci la petite poignée d’hommes qui est là-haut, au sommet du col, et qu’il pourra peut-être détruire ensuite. Seule une défense terrestre très mobile pourrait maintenir cet aviateur à une distance et à une hauteur respectables.

Enfin, l’avion peut être chargé de détruire, dans l’arrière-pays ennemi, des objectifs d’importance économique : fabriques, centrales électriques, bâtiments officiels, mais aussi des camps d’aviation et même, conformément à la théorie de Douhet, de détruire, dans la population, la volonté de défense et de guerre.

La défense sort ici de son cadre purement militaire. Cependant, nous devons être prêts, militairement, à utiliser notre aviation non seulement pour assurer notre défense, mais encore pour exercer des représailles.

Commentaire : Nous savons depuis la fin de la première guerre mondiale, l’importance de l’avion, et il est ainsi développé et acquit, toutes les tactiques de combats depuis ce moment-là, jusqu’à nos jours. Rien n’a changé, sauf les machines qui ont évoluées.

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Published by G.Tell
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