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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 17:49

Les trésors d’église : constitution des trésors en Occident – le cas de Sion

Un trésor d’église est composé d’éléments variés : or, argent repoussé et ciselé, émaux, pierres précieuses, ivoire, étoffes rares se côtoient ainsi avec faste. Aux œuvres liturgiques s’ajoutaient parfois des objets profanes utilisés à des fins religieuses. Le processus d’élaboration d’un trésor ecclésiastique est relativement bien connu.

L’histoire des trésors d’église commence avec Constantin, lequel enrichit Rome de somptueux objets d’orfèvrerie. La constitution des trésors se poursuit pendant les invasions et à l’époque mérovingienne. L’importance de l’époque carolingienne est parfaitement mise en lumière par les œuvres conservées, tout comme par celles mentionnées dans les textes. Aux VIIIe et IXe siècles, le culte des religions – qui tenait au préalable un rôle déjà prépondérant – devient fondamental, exigeant toujours plus d’écrins précieux. Un nombre infime de ces joyaux est parvenu jusqu’à nous.

L’enrichissement de ces trésors supposait parfois l’installation permanente d’artisans spécialisés. Les plus anciens objets conservés au trésor de Sion sont importés : en effet, le travail de l’ivoire n’est pas attesté en Suisse aux Ve et VIe siècles. Le trésor du Chapitre conserve également une belle collection de tissus, pour la plupart orientaux, dont un célèbre fragment de dalmatique aux griffons adossés, en soie de Syrie (XIe siècle) et de rares bourses-reliquaires. Pour en revenir à l’orfèvrerie, la grande châsse du XIe siècle n’est sans conteste pas une production locale. Au XVIIe siècle, la dynastie d’orfèvres Ryss s’installe à Sion : Nicolas Ryss, attesté dès 1611, puis Jean Nicolas à la fin du siècle et François-Joseph au XVIIIe siècle. Ces artisans restaurent les pièces du trésor et fournissent, avec d’autres, des pièces liturgiques pour les églises du Chapitre. Lorsqu’ils en ont les moyens, les chanoines et les divers donateurs commandent des pièces à l’étranger, dans des centres artistiques réputés.

Les inventaires

Le premier inventaire conservé remonte à 1364 et figure dans le Liber Il ministerialiae, fol. CXVIIII. Il se trouvait dans le maître-autel de Valère. Il faut presque attendre trois siècles pour le second inventaire connu, lequel date de 1638. On en compte encore quatre pour le XVIIe, autant pour le XVIIIe et trois pour le XIXe siècle.

Le trésor du Chapitre conserve des pièces d’origines variées, dont la provenance reste souvent méconnue. La vaisselle eucharistique était souvent commandée par des ecclésiastiques, comme le chanoine Mathias Molitor (†1668) par exemple. Lors de leur élection, les évêques offraient une chape et les ornements liturgiques qui l’accompagnent pour les services liturgiques. Confréries, nobles et bourgeois achetaient également du mobilier et des objets de culte attachés à leur autel. Plus rarement, d’importantes personnalités étrangères offrirent l’un ou l’autre objet précieux, tel le coffret d’apparat du XIVe siècle. [Qui ?]

Le trésor de l’Evêché se compose essentiellement d’objets commandés ou reçus après l’incendie de 1788, alors que celui du Chapitre, mieux protégé à Valère, conserve des objets du premier millénaire, ainsi que quelques pièces antérieures au XVIe siècle.

Ancienne présentation du Trésor du Chapitre

Ancienne présentation du Trésor du Chapitre

Trésors d’église [1]

Enrichissements du trésor, déprédations et restaurations

Le trésor du Chapitre a souffert des incendies (notamment aux XIVe et XVe siècles) et des pillages qui affectèrent la cathédrale. En 1798 encore, les troupes françaises et des contingents vaudois procèdent à une mise-à-sac de la ville. Dans ce contexte, de nombreuses pièces du trésor disparurent (dont la plupart des pièces d’orfèvrerie offertes par l’évêque François-Joseph Frédéric Ambuel, 1760-1780).

En 1798, le Chapitre a dû contribuer aux besoins des troupes françaises en livrant des pièces d’orfèvrerie. En 1848, les luttes politiques qui ébranlèrent la Suisse permirent l’avènement des Radicaux et la sécularisation des biens du clergé. Trois ans plus tard, un plat d’évangéliaire (Xe et XIIe siècles), aujourd’hui conservé au Victoria & Albert Museum, quittait le trésor du Chapitre sédunois, vendu à un antiquaire par l’Etat du Valais. Ce chef-d’œuvre d’orfèvrerie recouvre un manuscrit de l’époque carolingienne.

Une autre pièce provenant de Sion est le petit coffret roman aux armes de l’évêque Hldebrand de Riedmatten, portant la date de 1593, conservé au Musée National Suisse de Zurich. Cette pièce porte le poinçon de Sion et a été restaurée à la fin du XVIe siècle. D’autres objets mentionnés dans les archives disparaissent à des dates indéterminées, comme cette « image » en argent de Saint Maurice (un buste-reliquaire ?) citée dans le testament du chanoine de Sion Grirard Millet, en 1453.

À Sion, une vague de restaurations dans le courant du XVIIe siècle ressort de la lecture des inventaires. Le coffret d’Althée, par exemple, a été restauré en 1673 par J. N. Ryss. En 1672, on relève encore la présence de deux artistes de Milan pour nettoyer les œuvres en argent des deux églises.

L'évangéliaire de Lorsch : un chef d'œuvre carolingien, aussi intéressant que celui de Sion, peut être vu en ligne. Ce trésor est en Roumanie, pays qui a su le mettre en valeur.

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Published by G.Tell
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