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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 17:11

Grande châsse de Sion

La grande châsse de Sion, de format trapézoïdal, renferme des reliques des soldats de la Légion thébaine et date, dans sa constitution originale, du dernier quart du XIe siècle. Les feuilles d’argent repoussé sont fixées sur une âme en bois de mélèze, datable de 1076 par la dendrochronologie. À la suite de la restauration, on a constaté que le coffre était creusé dans un tronc, et que le long côté arrière est constitué d’une planche ajoutée.

Trésors d’église [4]

L’ordonnance actuelle des reliefs n’est évidemment pas originale et de fortes déprédations sont à relever. Sous les plaques de revêtement de l’arrière et du petit côté gauche ont été découvertes récemment des peintures sur toile de la fin du XIIIe et du XIVe siècle de grand intérêt.

Le cycle incomplet narratif, se rattache à la Passion et à la Résurrection du Christ. Subsistent sur la base du coffre : les Saintes femmes au tombeau vide ; deux apôtres assis ; la Déposition de la croix ; la Sainte Cène. Les deux apôtres trônant conservés sont de la même lignée que le collège apostolique des deux châsses de Saint-Maurice d’Agaune, plus tardives. Aux extrémités arrondies de la châsse sont conservés deux types de moulures : la première, formée d’entrelacs, trace un réseau géométrique régulier, alors que la deuxième est constituée de rinceaux encadrés d’un grènetis.

Sur la face principale du toit en coupe se développe la scène de l’Ascension, dans une composition oblongue qui occupe toute la surface, regroupant cinq feuilles d’argent repoussé. De part et d’autre de l’action principale se trouvent deux groupes de cinq apôtres. Les apôtres de gauche sont d’un style différent des autres figures. Leurs pieds reposent sur un piédestal et le drapé de leur vêtement, plus dense, forme un réseau de plis plus sophistiqués, aux angles mieux marqués. Ils font partie, avec les deux figures des écoinçons, d’un groupe plus animé. Il est donc possible de distinguer deux styles différents pour cet ensemble. L’artiste qui a conçu la plupart des reliefs conservés est d’un esprit encore ottonien, alors que l’autre, dont on ne connaît plus que le petit ensemble de figures plus vigoureuses, est déjà dans la mouvance romane.

Les personnages ont tous une tête enfoncée dans d’étroites épaules, vocabulaire plastique que l’on retrouve aussi bien en Italie septentrionale qu’en Espagne du nord, de même qu’il évoque sans conteste les hauts reliefs de la porte en bronze de Saint-Michel de Hildesheim, commandée en 1015 par Bernward. Cependant, le faciès des personnages ainsi que la syntaxe des plis diffèrent sensiblement. Par ailleurs, à Sion, on ne trouve aucun élément végétal pour animer les surfaces d’où se dégagent les scènes, alors que ce procédé est utilisé à Hildesheim. Le style semble en relation avec l’art de l’Italie du Nord. L’iconographie est issue d’un foyer de la région alpine. Des emprunts ponctuels à la tradition byzantine peuvent être relevés.

Trésors d’église [4]

L’évêque de Sion Ermanfroid (1054 à 1082/87 ?) joua un rôle important sur l’échiquier politique européen au XIe siècle. Il est vraisemblablement le commanditaire de la châsse.

Le lieu de conservation ultérieur de la grande châsse de Sion, actuellement en restauration, n’est pas encore déterminé. (1997. J’en saurai plus quand la visite au musée aura eu lieu.)

Objets de comparaisons :

- La châsse de Saint Isidore de León, 1063 (Trésor de la cathédrale, León)

- l’Arca Santa d’Oviedo, 1075 (Trésor de la cathédrale, Oviedo)

- le plat d’évangéliaire provenant de Fulda, vers 1020 (Trésor de la cathédrale, Aix)

-le grand autel portatif en ivoire de Melk, milieu du XIe siècle (Trésor de l’abbaye, Melk)

- le plat de l’évangéliaire de Poussay produit à Reichenau, deuxième quart du XIe siècle (Paris)

- les plats de l’évangéliaire de Théophana, milieu du XIe siècle (Trésor, Essen) Art ottonien

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Published by G.Tell
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