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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 18:13

Des actes de courages méconnus au temps de la Shoah

Un livre fort intéressant qui parle de ces suisses qui n’acceptèrent pas les contraintes et les dangers que subissaient les Juifs là où ils étaient.

Je vais reprendre des passages du livre ou des faits, en faire des histoires courtes pour ne pas trop encombrer le blog en pages nombreuses. Mais de quoi parle donc ce livre ? Et qu’est-ce un Juste ?

Pour cela, je vais recopier ce qu’a écrit l’auteur, François Wisard, dans son ouvrage.

Qu’est-ce qu’un Juste ?

Le Juste des Nations, ou Juste parmi les Nations est une personne non juive honorée par le mémorial Yad Vashem pour avoir sauvé des Juifs durant la Shoah, ou pour avoir apporté une aide alors qu’ils étaient impuissants ou menacés de mort ou de déportation. Le titre est décerné sur la base de critères précis : le sauver a mis sa vie en danger ou il a du moins pris des risques réels pour sa sécurité ou sa liberté ; il a agi de manière désintéressée, sans rechercher d’intérêts financiers ; enfin, son sauvetage ou son aide est confirmée par les personnes sauvées, voire attestée par des témoins directs ou des documents d’archives authentiques.

Les Justes ne constituent qu’une petite fraction des personnes qui ont porté secours aux Juifs. D’abord, des Juifs ont sauvé leurs frères, notamment dans des filières d’évasion. Ensuite, des personnes ont porté secours à des Juifs sans que des traces subsistent, les témoins, notamment les personnes sauvées, ayant disparu.

D’autres enfin ont fait preuve d’un grand dévouement à l’égard des persécutés, dans des camps par exemple, sans que cela constitue une action de sauvetage ou sans que des propositions de nomnation aient été présentées. Gertrud Kurz, surnommée la « mère des réfugiés », ou encore le pasteur Paul Vogt ont fait preuve d’un immense dévouement pour les réfugiés juifs en Suisse, mais leur action ne remplissait pas les critères de reconnaissance du Juste. Surnommé « le sauveur de Mauthausen », Louis Haefliger a obtenu en mai 1945 que le camp autrichien lui soit remis sans résistance et sans destruction, malgré l’opposition initiale du directeur du camp. 60 000 vies furent épargnées. Plusieurs récits et un film relatent cette action. Le Suisse Louis Haefliger ne porte toutefois pas le titre de Juste parmi les Nations.

En vertu d’une loi de 2003, le parlement suisse a mis sur pied une Commission de réhabilitation. Celle-ci peut annuler les condamnations prononcées pour avoir porté secours aux personnes persécutées par le régime nazi. Fin 2006, la Commission avait réhabilité 119 personnes. Certaines d’entre elles sont du reste juives, comme la Genevoise Aimée Stitelmann, aujourd’hui décédée. Un résumé de leurs actions est disponible en ligne.

La Shoah se trouve souvent réduite à une distinction entre bourreaux (ou exécuteurs) et victimes, entre Täter et Opfer. L’existence même des Justes – plus de 20 000 personnes honorées à ce jour – montre l’insuffisance de cette approche. Les Justes appartiennent à une troisième catégorie d’acteurs, les témoins. Et ils y constituent une très petite minorité. Dès lors se posent les questions suivantes : peut-on encore comprendre la Shoah en portant l’attention uniquement sur cette infime minorité ? Ne met-on pas cette poignée d’individus en évidence pour faire oublier toutes les lâchetés, les compromissions et l’indifférence de l’écrasante majorité ?

En fait, les actions des Justes ne sauraient être isolées de leur contexte historique, celui dans lequel bourreaux et victimes ont agi. De plus, l’héroïsme de quelques-uns n’effacera pas les manquements de la communauté à laquelle ils appartiennent. Les Justes suisses sont-ils « l’honneur de la Suisse », pour reprendre le titre d’une série d’émissions radiophoniques de 1998 ? Il ne fait aucun doute que leurs actions ont été honorables et exemplaires. Mais de manière générale, ces actions ont été individuelles (abri offert à domicile hors de Suisse, etc.) ou seule une désobéissance aux instructions reçues de Suisse les a rendues possibles (filières d’évasion de la Croix-Rouge suisse, Secours aux enfants, multiplication des lettres de protection suisses en Hongrie, etc.). Ceci doit nous conduire à attribuer cet honneur davantage aux Justes eux-mêmes qu’à leur patrie.

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