Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher Un Mot

Articles Récents

Liens

24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 17:59

Un article m’interpelle. Parlons en « fi » ou encore en « Grediet »

On s’émeut en Suisse de la disparition du romanche et en de nombreux endroits de Romandie du patois en général. En revanche, sait-on qu’il y a une cinquantaine d’années, au Pays-d’Enhaut, les grandes personnes usaient d’un langage particulier lorsqu’elles tenaient une conversation qui devait échapper aux enfants. Elles s’exprimaient en « fi » ! Nous n’avons pas pu déterminer l’origine de cet usage, mais, personnellement, nous en avons nette souvenance pour avoir plus d’une fois essayé d’en percer le « mystère » !

Basé sur le principe du javanais, cette sorte d’argot qui consiste à intercaler dans les mots les syllabes « av » et « va » (ex. « André » = « Avandravé »), le langage en « fi » demande une certaine pratique pour en acquérir l’automatisme. Certaines personnes qui le parlaient couramment s’en souviennent avec le sourire à Château-d’Oex, tout en précisant qu’à leur connaissance, il ne se pratique plus. Pas plus d’ailleurs qu’à Rougemont où l’on parlait « grediet » (orthographe non confirmée puisqu’il s’agit d’une tradition orale uniquement). A noter que c’était particulièrement les enfants qui usaient de cet idiome, les filles surtout ! A titre d’exemple, voici ce que donne « traduite » l’expression « Rougemont fête les Brandons » = « Rou-grediet-ge-grediet-mont-grediet-fê-grediet-te-grediet-les-grediet-Bran-grediet-dons-grediet.

De nos jours (1983), on dialogue davantage avec les enfants ; il n’y a plus de sujets tabous et les parents n’ont plus besoin de déguiser leur langage, pas plus que les enfants d’ailleurs !

Quoi qu’il en soit, la gymnastique verbale imaginée par nos anciens restes, certes, un excellent exercice pour conserver une « bonne tête ». Il ne tient qu’à vous d’essayer, en commençant par le proverbe qui semble avoir été fait pour…

« Il-fi –faut-fi – tour-fi-ner-fi-sa-fi-lan-fi-gue-fi-sept-fi-fois-fi-dans-fi-sa-fi-bou-fi-che-fi-a-fi-vant-fi-de-fi-par-fi-ler-fi ».

Sage précepte qui ne s’applique pas seulement à l’entraînement du langage en « fi » dont on ne saurait… faire fi !

Commentaire

Il est dit dans cet intéressant article de l’Almanach, que l’usage du langage en « fi » était courant il y a cinquante ans. 1983, année de l’article, moins cinquante années, nous remontons en l’an 1933. Fort bien, à cette époque on parlait en « fi ». Pour moi qui enfant, me trouvais en pension au village des Moulins au Pays-d’Enhaut, chez un couple de personnes qui au quotidien parlait en « fi » et c’était au début des années 60. Pas si loin de 1983 ! Ce peut-il qu’en l’espace d’une vingtaine d’année cet usage se perde à tout jamais ?

Je n’avais pas l’impression d’un langage en perdition, puisque les enfants de ce couple l’utilisaient entre eux. On m’avait expliqué comment se construisait un mot en « fi », c’était facile. Mais de là à comprendre une conversation rapide dans ce langage m’étais hermétique.

Si notre journaliste, enfant dans les années trente, a des souvenirs de ce langage et en a fait cet article, c’est qu’il est lui-même en 1983, âgé d’une soixantaine d’année. N’a-t-il pas vérifié si l’usage en était totalement perdu ou que les locuteurs de ce langage le réserve à un usage privé et que de ce fait, on peut dire que son usage est perdu.

Partager cet article

Repost 0
Published by G.Tell - dans curiosités
commenter cet article

commentaires