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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 17:53

Le « germe » de la Fête des Vignerons

Le secrétaire s’abstient de mentionner chaque année la promenade (devenue plus tard bravade, puis parade) ainsi que ce qui se passait à la collation. Toutefois la liste des libéralités de généreux donateurs atteste que l’agape ne devait manquer de rien. Ce qui est minuté, ce sont surtout les ordonnances en ce qui concerne les visites, les agrégations appelées immatriculations, la gestion des biens de l’Abbaye, les amendes, etc.

Sous la date du 28 juillet 1673 il est mentionné : Promenade et repas pris sous les arbres du pré Falconnet.

Nous voilà fixés sur un nouveau point du programme : c’est un repas qui est alors offert aux vignerons. Et, en 1700, il est minuté que le Conseil décide que l’assemblée générale prendra part à un souper modéré et qu’en cas qu’ils n’y ait pas assez de content (argent comptant) chacun du Général contribuera pour 4 batz, et que la bravade se fera à 2 heures.

La journée de réjouissances prend dès lors une modeste mais progressive ampleur, et le secrétaire a dû être tout fier de minuter que le 28 juin 1706, M. le Bailly S. Wurstemberger assista, pour la première fois, au repas. Cette innovation contribua à augmenter considérablement le nombre des membres, dont plusieurs étaient étrangers à la culture de la vigne.

Et, tout naturellement, la bravade prit plus d’importance. Au cortège, les vignerons portaient leurs outils sur l’épaule ou la brante au dos, et bientôt les vigneronnes les accompagnèrent, n’oubliant sans doute pas leurs seilles. Puis vinrent s’incorporer les marmousets, jeunes porteurs d’attributs. Ces derniers consistèrent en premier lieu en petites statuettes fixées sur des bâtons et figurant un Saint-Urbain, un Bacchus, une Charité, un Ours, etc., en plâtre peint, lesquels sont précieusement conservés au Musée Jenisch (salles du Vieux-Vevey).

Fête des Vignerons [2]

L’honneur de porter le drapeau se disputait et s’adjugeait au plus offrant. On lit que, à l’occasion de la parade du 18 juillet 1727, le Conseil ayant constaté que le port du drapeau n’ayant pas atteint le chiffre voulu, il décide de ne pas ratifier l’enchère et fera porter le drapeau gratis par le fils du procureur de la Société.

[L’honneur se payait donc]

En parcourant les rues de la ville, ces braves travailleurs chantaient des airs de chez nous, en patois ; plus tard, des danses agrémentèrent la manifestation.

C’est le moment d’attirer l’attention sur le développement de ce que nous avons appelé le germe de la Fête des Vignerons. Comme on va le voir, ce germe, planté en bonne terre vaudoise, va se développer grâce à toute la compréhension, tout l’empressement, le zèle et l’abnégation d’une population appelée à contribuer à la réussite de cette journée de réjouissances – nous le répétons – en une solennité grandiose.

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