Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher Un Mot

Articles Récents

Liens

29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 18:10

La Confrérie des Vignerons, née « Abbaye de Saint-Urbain »

Le grand intérêt porté aux travailleurs de la vigne par de hauts personnages a, incontestablement, beaucoup contribué à l’extension de sa culture dans notre pays. Et, comme nous le disons, ce sont ces dits personnages qui créèrent l’Abbaye de l’Agriculture dite de Saint-Urbain.

A l’époque à laquelle se reporte l’existence de notre Abbaye il y avait chez nous des Corporations, associations d’artisans ayant pour but la défense de leurs intérêts communs. Il y eut aussi des corporations d’agriculteurs, et l’Abbaye veveysanne rentrait dans cette catégorie. Il en exista d’autres sans doute, mais, malgré nos recherches, nous n’avons trouvé nulle trace d’un groupement du même genre dans notre pays.

Saluons donc bien bas la vénérable Abbaye veveysanne, apprécions comme il convient son extraordinaire longévité, et applaudissons au fait que, de nos jours, elle remplit encore son utile mission sous la dénomination plus explicite de Confrérie des Vignerons. [En 1969, année de la publication du livre, il y avait encore une grande estime pour cette fête. Qu’en est-il aujourd’hui, en 2015 ?]

Ayant toujours sous les yeux les documents extraits des archives, suivons maintenant la marche progressive de notre Confrérie à travers les âges, et nous verrons comment est née la Fête de Vignerons, solennité unique au monde, qui devint – avouons-le sans vanité – la plus grandiose de nos fêtes nationales.

C’est l’Abbé Chrétien Montet qui fit hommage, en 1647, à l’Abbaye de l’Agriculture de Vevey dite de Saint-Urbain du vénérable registre mentionné.

La première inscription nous apprend que l’Abbé fait présent de ce livre pour dans iceluy enregistrer, minuter et annoter les choses et faicts qui se passeront en dicte Abbaye, pour servir de mémoire à l’advenir.

Ce titre d’abbé a été conservé au président de la Confrérie jusqu’à nos jours. Il a une saveur archaïque qu’il serait malheureux de modifier.

En ce bon vieux temps, les qualifications d’Abbé, Abbaye, de Confrérie s’appliquaient non seulement aux congrégations religieuses, mais aussi à d’autres sociétés civiles et même militaires.

La vénérable Abbaye était donc, en 1647, déjà agissante et constituée selon des règles qui prouvaient qu’elle avait une expérience des hommes et des choses qui ne s’acquièrent qu’au cours de nombreuses années. Le secrétaire a minuté qu’elle avait une trentaine de membres et que sa devise était « Ora et Labora » (Prie et travaille), noble sentence figurant aujourd’hui encore dans les armes de la Confrérie des Vignerons.

Une nouvelle preuve de cette organisation bien assise, c’est la justification de ceux qui ont contribué en dicte année, tant en vin qu’en argent, laquelle justification consiste en une longue liste de donateurs et se termine par un « Sommarum » accusant un total de : Vin, onze setiers et 9 pots, et argent, 7 L. C’était sous cette forme que les adhérents payaient leurs cotisations, ressources qu’alimentaient encore les amendes. Si un vigneron négligeait trop son parchet, le Conseil y envoyait des travailleurs et s’appropriait la récolte de l’année. [Et pour ceux qui n’étaient pas membre de la Confrérie ?]

La large part faite aux dons en liquide laisse entendre que ce vin devait servir à bien désaltérer les braves vignerons convoqués, à cette époque-là, à une réunion dont nous ne connaissons pas le programme. Mais, à une distance assez rapprochée, soit en 1651, le registre nous apprend qu’en date du 28 juin 1651 la Confrérie de Saint-Urbain ordonne que l’on fera la pourminade (promenade) jusqu’au pré du sieur Falconnet et par la ville. Une autre inscription porte que la visitte des vignes s’est faicte en bon ordre.

Nous voilà renseignés sur deux points précis : la visite des vignes était déjà instituée au XVIIe siècle, et une promenade à travers la ville conduisait, un jour déterminé, les participants au pré Falconnet (propriété actuellement occupée par la promenade du Rivage et qui aboutissait au lac par une grève). Là, il est certain que le vin était largement versé, qu’il était probablement accompagné d’une collation, et que l’on fêtait les vignerons les plus méritants.

Le précieux registre nous apprend encore que les adhérents, appelés Frères, étaient dirigés par un Conseil de douze membres, un Rière-Conseil chargé du contrôle de la gestion, et un Conseil de police. Le secrétaire désigne le président : Reverendissime ou Sa Révérence Seigneur Abbé ; le trésorier a le nom de Connétable et l’huissier celui de Héraut, devenu Hoqueton.

N’est-il pas intéressant de constater qu’à travers plus de trois siècles, la vénérable Abbaye a conservé, sinon son titre, tout au moins les bases de son organisation, savoir : visites des vignes et récompenses aux vignerons accompagnées d’une journée de réjouissances. Cette dernière, par la suite, a pris plus d’importance et d’apparat.

Fête des Vignerons

Partager cet article

Repost 0

commentaires