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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 17:51

Le cas d’Ernest Wittwer, on a affaire à un passage unique de deux enfants. Tardif (avril 1944), il intervenait à la demande expresse d’un compatriote qui cachait Frédy et René Lévy, mais tremblait d’être découvert. Il s’adressa à son ami Wittwer, agriculteur à Véreux (Haute-Saône), dont le fils accepta de les convoyer en Suisse. Ernest Wittwer emmena donc les frères Lévy en train jusqu’à Saint-Hippolyte, puis à pied. Le trio fut cependant arrêté en gare de Porrentruy, alors qu’il prenait le train pour Bâle où l’attendait une connaissance. Un tribunal militaire infligea à Ernest Wittwer une peine de 60 jours d’emprisonnement, tenant compte du fait qu’il avait franchi clandestinement la frontière au moins à cinq reprises. La commission de réhabilitation du parlement a constaté en 2004 que ce jugement était annulé.

Un tribunal militaire condamne Ernest Wittwer

Extraits des considérants du tribunal militaire :

« Le passage de la frontière dans la nuit du 26.4.44 au 27.4.44 ayant pour but de favoriser l’entrée en Suisse de deux jeunes réfugiés constitue une infraction grave, eu égard aux inconvénients que ces entrées illicites présentent pour la Suisse. […]

Le tribunal a cependant admis, au bénéfice de l’accusé, qu’il n’a pas agi par esprit de lucre et qu’il a voulu rendre service au nommé Wyss […]. Au surplus, il poursuivait un but humanitaire en cherchant à mettre à l’abri les deux enfants menacés dans leur personne par la police allemande après avoir perdu leurs parents par la mort et la captivité. »

La fuite de la famille Hercock

« [Vers quatre heures du matin, les gendarmes français tapent des poings sur les volets]. Mon cœur s’est arrêté. Par une fenêtre basse située à l’arrière de la maison, pieds nus, chaussures à la main pour ne pas laisser de trace, ma mère, ma sœur et moi nous sommes sorties de la maison pendant que mon père essayait de « parler » avec les gendarmes, mais en vain… Mon père fut arrêté, emmené, pendant que nous marchions dans la campagne à travers les champs sans savoir où nous allions. […] Au loin se profilait un champ de maïs et nous y sommes allées car les tiges étaient hautes et nous pourrions nous cacher. Là pendant toute la journée, nous sommes restées tapies à même la terre sans bouger. La nuit tombante, la cultivatrice nous a vues et ma mère s’est jetée à ses genoux la suppliant de nous cacher. Cette femme a été bouleversée par ma mère et a bien voulu nous cacher dans une cabane qui se trouvait à proximité. Cette femme s’appelait Madame Montastruc. »

À Lassalle (Gard) en février 1943, je jeune Jacques Rojtenberg frappa à la porte d’un pasteur suisse qu’il ne connaissait pas. Edgar Wasserffallen. Septante ans plus tard, lors de la remise de la médaille des Justes, il raconte son sauvetage en présence des enfants Wasserfallen.

Le sauvetage de la famille Rojtenberg par le couple Wasserfallen

« Je me revois, en ce jour de février 1943, frappant à la porte du presbytère de Lassalle, demander de l’aide pour ma famille, qui se trouvait entre Barre des Cévennes et Florac, cachée depuis huit jours dans une grange. Inutile de vous dire les dangers pour cette famille jetée sur les routes en plein hiver, risquant à chaque instant des contrôles de gendarmerie. Au presbytère vos parents ont logé mes parents et mon frère Roger, le temps de leur trouver une famille d’accueil. Quant à moi, M. Wasserfallen, le même jour, m’accompagnait dans une famille d’accueil […] M. Wasserffalen s’occupait de ma famille mais également d’autres réfugiés juifs. En plus, il organisa les premiers maquis de la région de Lassalle. Il m’est arrivé de l’accompagner à plusieurs reprises dans cette tâche. Le danger étant plus pressant, il trouva pour mes parents, qui furent séparés, deux autres familles d’accueil. […] Entre temps, M. Wasserffalen, nous avait procuré de « vrais faux » papiers d’identité enregistrés à la mairie de Lassalle. […]

En février 1944, une lettre de dénonciation ayant été interceptée par le postier résistant de Lassalle, je fus obligé de partir du jour au lendemain. Ce fut le pasteur qui m’accompagna jusque dans le Tarn. [Dans un car, ils tombèrent sur quatre Miliciens, qui étaient par ailleurs d’anciennes ouailles du pasteur]. Les Miliciens lui demandèrent : « Où allez-vous avec ce grand jeune homme ? ». Il répondit : « Ce garçon est muet et nous allons consulter un médecin à Montpellier » ».

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