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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 16:34

Cnossos, vous connaissez ? Ou peut-être Knossos?

Arthur Evans « l’archéologue » Anglais qui reconstitua le palais de Minos à Cnossos en Crète. Palais reconstitué par Evans et aujourd’hui contesté. Comme sont contestés certains travaux des Émile Gilliéron, le père et le fils, tous deux Suisse d’origine.

Nos deux Suisses ont travaillés pour Heinrich Schliemann et Arthur Evans, l’un et l’autre ne sont pas vraiment archéologues, juste des amateurs éclairés, et les Émile Gilliéron ont étés à leur service, dans leurs rêves et réalisations.

Tous les travaux de ces quatre hommes sont entachés de faux.

Émile Gilliéron est né à Villeneuve où il commença l’étude de l’art qu’il poussa à Munich puis à Paris. Comme illustrateur pour Heinrich Schliemann dès 1876, il s’illustre par des restaurations très colorées. L’époque est propice pour les découvertes archéologiques qui passionnent le grand public.

Emile Gilliéron, Fils (1885-1939), né à Athènes a partagé les talents artistiques de son père. Après des études à l'École polytechnique national d'Athènes et à l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Paris, il a aidé son père à Cnossos. Lorsque les premières campagnes de fouilles de Cnossos ont pris fin de façon magistrale en 1913, il se concentre sur le travail minutieux de restauration des fresques du Musée d'Héraklion, recréer des espaces sur le site lui-même et la création d'illustrations à inclure dans l’ouvrage d’Evans, livre en quatre volumes, le palais de Minos à Cnossos, publiés entre 1921 et 1936. Le gouvernement grec l'a nommé "Artiste de tous les musées en Grèce," une position qu'il a occupée pendant vingt-cinq ans et qui lui a donné un accès sans précédent à de nouvelles découvertes archéologiques. (Les Gilliéron ont fait beaucoup de commerce de reproductions d’art archéologique qui les ont enrichis.)

Le problème est que le père et fils font des extrapolations à partir de presque rien pour obtenir de grands effets. Un tesson de vase terne devient un magnifique vase entier recouvert de peintures éclatantes. Schliemann et Evans, étaient plus qu’enthousiastes du résultat. Evans bien plus qu’un autre approuvait cette pratique et lui-même fit bien plus avec les ruines du Palais de Minos.

Les faits sont connus depuis déjà longtemps, la Palais de Cnossos est une reconstitution, avec béton armé, peintures, et fresques plus ou moins inspirées d’une réalité estompée.

C’est avec H. Schliemann, le découvreur de Troie, qu’Émile Gilliéron père, commence son travail d’artiste. Schliemann fouille et trouve, parfois un morceau de plâtre coloré, fragment d’une fresque, interroge l’archéologue, que peut bien représenter ceci ? Là, intervient l’artiste et son imagination, d’une ligne en courbe et un semblant de pointe, l’artiste prolonge la ligne et relie la pointe sur le papier et fini par présenter un sujet qui lui semble être bien. L’archéologue approuve ou non l’essai, ils en discutent ensemble et parfois l’on obtient un autre dessin qui s’attifait le grand homme. Bien sûr, ils n’étaient pas les seuls à agir ainsi à la fin du XIXe siècle et encore au siècle suivant, et reconstituer un tableau qui couvrait les murs d’un palais, il ne pouvait y avoir que ce qu’on s’imagine de trouver sur de tels murs.

Parfois ils étaient dans le juste, ceci parce qu’il y avait un peu plus de fragments qui s’assemblaient plus ou moins bien et finissaient par représenter quelque chose proche d’une vérité.

le Prince aux fleurs de lys

le Prince aux fleurs de lys

Ci-dessus: Emile Gilliéron père (Swiss, 1850–1924), Reproduction of the "Priest-King" from Knossos, ca. 1906–1907. The Metropolitan Museum of Art, New York, Rogers Fund, 1907 (07.99.9a-f). Image © The Metropolitan Museum of Art, New York; Sir Arthur Evans (British, 1851–1941) Frontispiece to The Palace of Minos at Knossos, vol. 2 part 2, showing the painted stucco relief of the "Priest-King" restored. The Onassis Library for Hellenic and Roman Art, The Metropolitan Museum of Art, New York. Images © The Metropolitan Museum of Art, New York

On ne peut trop en vouloir à nos deux Suisses, car ils travaillaient pour des célébrités qui approuvaient et qui voulaient ces résultats. Par la suite, le commerce développé par les Gilliéron, reproductions en tous genres d’œuvres d’art, copies archéologiques, fausses et vraies, ont quelque peu embrouillé les pistes de la vérité.

Aujourd’hui, par exemple, aucun archéologue ne peut toucher au Palais de Minos, pour deux raisons, la première, les reconstructions couvrent en partie des morceaux importants du palais qui demanderaient à être fouillé mais exigerait la destruction des reconstructions non sans dommages pour l’ensemble ; la deuxième raison, impossible de soustraire le Palais de Minos aux regards de milliers de touristes qui chaque année viennent en Crète pour voir le Palais et donc dépenser des sommes qui alimentent l’économie de la Grèce.

Dossier Émile Gilliéron, père et fils

Et les touristes sont nombreux pour s’extasier sur les beautés montrées ainsi. On rêve d’un passé en regardant ces merveilles qui n’ont peut-être jamais existé.

Dossier Émile Gilliéron, père et fils

Ci-dessus: From left to right: Emile Gilliéron fils (Swiss, b. Greece, 1885–1939), Reproduction of the "Ladies in Blue" fresco from Knossos (detail), 1927. The Metropolitan Museum of Art, New York, Dodge Fund, 1927 (27.251); Sir Arthur Evans (British, 1851–1941) Frontispiece to The Palace of Minos at Knossos, vol. 2 part 2, showing the painted stucco relief of the "Priest-King" restored (detail). The Onassis Library for Hellenic and Roman Art, The Metropolitan Museum of Art, New York; Emile Gilliéron père (Swiss, 1850–1924), Reproduction of a fresco with a woman carrying an ivory pyxis from Tiryns (detail), 1912. The Metropolitan Museum of Art, New York, Dodge Fund, 1912 (12.128.4). Images © The Metropolitan Museum of Art, New York

Dossier Émile Gilliéron, père et fils

Ci-dessus: On sait aujourd’hui qu’il s’agit d’un singe et non d’un homme qu’il faut voir sur cette fresque, où l’on distingue la queue du singe sur la droite.

Attributed to Emile Gilliéron fils (Swiss, b. Greece, 1885–1939), Reproduction of the « Saffron Gatherer » fresco from Knossos, 1914. The Metropolitan Museum of Art, New York, Dodge Fund, 1915 (15.122.3). Image © The Metropolitan Museum of Art, New York

Dossier Émile Gilliéron, père et fils

Ci-dessus: Le 'Taureador' Fresco, de Knossos dans une reproduction de l'aquarelle par Piet de Jong, sur la base de la reconstruction par (image ROM) Emile Gilliéron (du père) [taureau katec_minoan_goddess_bull-leaping_fresco_from_knossos_best]

La fresque bien connue du Taureau semble juste, pourtant les spécialistes contestent bien des points qui ne pourront jamais être réellement contesté ou approuvé, dans un sens ou dans l’autre.

Un dossier pédagogique à destination des enseignants, très intéressant qui développe et élargit le sujet. ICI

.

Un livre qui nous romance quelques faits de Gilliéron fils, imbriquée dans une histoire avec d’autres personnages, qui démontre le côté de faussaire d’Émile. ICI

Un mot sur une technique qu’Evans et compagnie ne connaissaient pas : anastylose

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