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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 17:18

La fête de 1819

De rudes calamités marquèrent la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle : Révolution française, épopée napoléonienne, guerre générale, etc. Deuils et misères succédèrent aux années tranquilles. Aussi fallut-il attendre la signature de la paix, en 1815, pour que la vie reprît un cours normal et que le Conseil osât envisager l’organisation d’une nouvelle Fête des Vignerons. De très mauvaises années, 1816 (année sans été) et 1817, retardèrent encore la décision, mais deux belles récoltes leur succédèrent en 1818 et 1819. En présence du résultat de la vendange de 1818, et constatant, en hiver déjà, les heureuses perspectives de celle de 1819, une nouvelle Fête fut envisagée.

La Fête de 1797 – rappel qui ne manque pas d’intérêt – fut célébrée à la veille de la Révolution vaudoise, événement qui s’accomplit sans effusion de sang, le 24 janvier 1798. Le 14 avril 1803, le Grand Conseil nomma le pouvoir exécutif : Petit Conseil, nouveau gouvernement qui se mit à l’œuvre sous les auspices de la Constitution qui venait d’être adoptée.

Dans les procès-verbaux de la Confrérie, aucune mention ou allusion n’est faite relativement à ces événements. Toutefois, dans le livret officiel de la Fête qui les suivit, en 1819, on lit ce qui suit :

Les événements politiques survenus ces années dernières sont encore présents à notre mémoire ; les années calamiteuses que nous avons traversées, si heureusement comparativement à d’autres peuples, sont trop récentes pour les avoir oubliées ; il est donc inutile de rappeler que ce concours de circonstances a mis un intervalle de vingt-deux ans entre la dernière Fête et celle que nous allons célébrer, avec d’autant plus de plaisir et de satisfaction qu’à des années de discorde et de deuil, a succédé pour l’Europe une paix générale fondée sur un système protecteur des petits Etat comme des grands.

Autre fait – à la même époque – intéressant à rappeler : sur notre Grande-Place, le 13 mai 1800, notre population assista à un spectacle d’un genre bien particulier, ce fut celui du général Bonaparte qui, se rendant en Italie, inspecta un corps de 6000 soldats prêts à traverser le Grand-Saint-Bernard.

C’est dans une assemblée générale du 21 janvier 1819 que fut décidée la Fête, pour les 5 et 6 août, et la publication y fut fixée sur le 18 mai.

Au cours du XIXe siècle, les Fêtes vont se succéder, à intervalles irréguliers, apportant à leurs programmes des nouveautés propres à en rehausser l’éclat et la solennité. Ce qui nous permettra le mieux de faire ressortir la comparative progression de ces programmes, c’est de puiser dans le livret – régulièrement édité – et dans les écrits de l’époque les détails les plus caractéristiques de chacune des Fêtes.

Nous voyons, en 1819, toujours sous la dénomination de Société de l’Agriculture, le Conseil entreprendre avec soin l’organisation de la Fête. Une estrade pouvant contenir 2000 personnes fut dressée sur la place du Marché et des stations de danse furent choisies en ville. Des Cent-Suisses, des jardiniers, des armaillis avec troupeaux, furent adjoints au cortège. Un maître à danser, M. Constantin, éduqua les figurants.

Les organisateurs commencèrent à se préoccuper davantage de la partie musicale. Un professeur de musique à Vevey, M. David Glady, fit un arrangement de paroles de circonstance sur un certain nombre d’airs de son choix.

Si les rôles de faneuses, moissonneuses, bacchantes, étaient encore tenus par des jeunes gens (à cause de la fatigue) [Qu’ils disent… !], les déesses furent, pour la seconde fois, représentées par de gracieuses et mignonnes jeunes filles.

A la fin du livret officiel ont été adjointes huit bandes de 45 centimètres sur 18, sur le papier desquelles sont dessinés les coquets costumes des figurants et les chars.

Cortège 1819

Cortège 1819

Le cortège comprenait 730 figurants.

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De nombreux chants, dans chaque corps, sont exécutés en chœur – dont le Ranz des vaches par les armaillis – ou en soli. Parmi ces derniers, on remarque celui de la prêtresse de Palès, de celle de Cérès, du grand-prêtre de Bacchus, du Baron, du Notaire, du Ramoneur.

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Si les costumes étaient assez simples, les coloris vert, bleu, rose, rouge, faisaient déjà le ravissement des spectateurs.

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A la Fête de 1819 les costumes des figurants restèrent à leur charge, petit sacrifice qui a continué d’être accepté par la population aux Fêtes suivantes. Toutefois, quand le résultat financier l’a permis, tout ou partie de ces frais a été remboursé.

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A noter qu’en gens pratiques, les organisateurs de 1819 s’arrangèrent pour que les costumes puissent être portés ensuite, débarrassés des ornements officiels. Cette prévoyante mesure fut appliquée jusqu’en 1865.

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Dans le « manual » de la Confrérie, il est relevé que :

Jamais la ville de Vevey n’a offert un coup d’œil plus ravissant par la multitude d’étrangers de toutes conditions et de tout âge qui affluoient attirés par la nouveauté du spectacle.

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