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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 16:44

Comme dit précédemment, tiré du Cahier d’histoire et de prospective militaire, voici le récit – Le tour de force de la retraite de Meaux – tiré lui-même de : May de Romainmôtier, Histoire de la Suisse et celle des Suisses dans les différents services de l’Europe, Lausanne, Heubach, 1788, t. V.

1567

Nous donnerons le récit intégral de cette action, où l’élite de la cavalerie française fit plus de trente attaques contre le carré des Suisses sans parvenir à l’entamer.

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On a tendance à oublier, de nos jours, que c’est grâce à de telles performances que la Suisse put vivre des siècles de paix et de culture.

« En 1567, Pomponne de Bellièvre, ambassadeur de France en Suisse, obtint des cantons catholiques la levée d’un régiment de 6000 hommes, divisé en vingt enseignes, chacune de 300 hommes ; parmi lesquelles il y avait une compagnie d’enfants perdus. Louis Pfyffer de Lucerne, qui, en 1563, avait acquis beaucoup de réputation à la bataille de Dreux, à la tête de Régiment des gardes Suisses du roi Charles IX. Toutes les compagnies de ce régiment se mirent en marche le 21 juillet, et arrivèrent jusqu’au 5 août à Chalons sur Saône, qui était leur rendez-vous général, où il passa, le 11, sa première revue.

« Le colonel Pfyffer se rendit de là, avec son régiment, à Château-Thierry, où il attendit de nouveaux ordres de la cour, qui, sur ces entrefaites, courait un danger très-imminent. Le prince de Condé, l’amiral et les autres chefs protestants avaient formé le dessein d’enlever le roi et ses frères, de même que la reine régente, et tous seigneurs du parti catholique, lorsque Sa Majesté tiendrait dans Monceaux, le jour de la St. Michel, un chapitre général de cet ordre. Catherine de Médicis, avertie de ce complot par Michel de Castelnau, et n’ayant, pour la défendre avec ses enfants, que les troupes de la maison du roi, qui pour lors étaient en très-petit nombre, la régente se retira, le 27 septembre, avec toute sa cour à Meaux, pendant qu’elle envoyait un courrier au colonel Pfyffer, avec les ordres les plus pressants de venir la rejoindre avec son régiment dans cette ville. Pfyffer, apprenant le danger que couraient leurs Majestés, fit partir son corps à minuit, deux heures après l’arrivée du courrier, et arriva, le 28, sur les quatre heures du soir à Meaux, où le colonel et les capitaines reçurent l’accueil le plus gracieux du roi et de toute la cour, qui était venu à cheval à leur rencontre.

« Pendant que ce régiment s’établissait dans ses quartiers, la régente tint un grand conseil, afin de se décider sur le parti que l’on prendrait dans ce moment critique. Le connétable représentait que, si l’on prenait le parti de se retirer à Paris, éloigné de dix lieues de Meaux, le défaut de cavalerie exposerait les troupes royales à une déroute presque certaine, les forces principales des protestants consistant en cavalerie ; qu’ainsi il fallait se défendre dans Meaux, en attendant que Leurs Majestés eussent reçu les secours que l’on avait mandé de toute part. Jacques de Savoye, duc de Nemours, remontra, d’un autre côté, avec beaucoup de force, combien il serait honteux pour la maison royale, de se laisser assiéger ainsi par des sujets rebelles ; que d’ailleurs Meaux, dépourvue de munitions de guerre, et n’ayant pour toute fortification qu’une enceinte de vieux murs, se trouvait remplie de bourgeois protestants, qui étaient autant d’espions du prince de Condé. Ces deux avis tenant le conseil en suspens, le colonel Pfyffer fit demander à Leurs Majestés d’y être introduit, et après avoir appuyé le sentiment du duc de Nemours par les raisons les plus fortes, il continua ainsi : Qu’il plaise à Vos Majestés de confier leurs personnes sacrées et celles de leur auguste maison, à la valeur et à la fidélité des Suisses. Nous sommes six mille hommes, et nous vous ouvrirons, Sire, à la pointe de nos piques, un chemin assez large pour passer à travers l’armée de vos ennemis. Les autres capitaines Suisses, qui se tenaient à la porte du conseil, ayant joint leurs instances à celles de leur colonel, ils décidèrent le roi et la régente à confier leur salut au régiment de Pfyffer.

L’esprit militaire en Suisse [2]

La suite demain.

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