Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher Un Mot

Articles Récents

Liens

27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 17:57

Il n’y a pas longtemps, je vous parlais de chants « militaires », bien que je ne trouve pas vraiment de chants guerriers dans la liste. Maintenant, je vais vous parler de ce que j’ai trouvé dans une publication éditée en 1968. Par qui ? je n’en sais rien, sinon, qu’elle est destinée aux officiers de notre armée et qu’il est écrit en première page : « Choix réalisé à l’intention d’Armée et Foyer », Château de Coppet – 1968

Voici ce que l’on peut lire. Extrait :

(Titre du fascicule)

Cahiers d’histoire et de prospective militaire

Documents pour servir à l’histoire de la pensée militaire Suisse

Pendant que les officiers font des études tactiques, il faut donner du repos à la troupe, et la restaurer par le chant.

« Le combat fini, les Chefs expérimentés mèneront les Officiers aux différents points d’attaques, leur expliqueront les raisons qu’ils ont eues de faire les mouvements divers qu’ils ont exécutés. Là, ils les questionneront de nouveau, pour connaître par leurs réponses s’ils les ont bien compris.

« Pendant ce temps, le Soldat, qui vient de marcher et de combattre, se reposera et mangera la halte qu’il aura apportée. Cette restauration ranimant leur joie et leur courage, ils entonneront des hymnes guerriers, que les chefs changeront de temps en temps, pour que l’habitude de dire toujours les mêmes choses ne les ennuie pas.

« Ces hymnes seront composés dans un style qui soit propre à l’esprit du Soldat. Les faits en seront tirés des exploits sublimes des guerriers de leur nation.

« Le chant en sera mâle, simple, et propre à être chanté facilement en deux parties ; car la mélodie, jointe aux paroles de caractère, touche le cœur, élève l’âme, et rend l’homme supérieur à lui-même. »

Eh bien voilà à quoi on a échappé, puisque pas de conflits depuis fort longtemps, heureusement. Ce texte, extrait du manuel cité en haut de page, et réservé aux officiers pour leur instruction. La question qui a trituré mon esprit en lisant ces lignes : Avais-je l’esprit guerrier et envie de chanter en faisant mon service militaire ?

Il y a d’autres phrases, semblables, qui font rire ou réfléchir, selon que l’on transpose ces lignes à aujourd’hui.

Exemple : « Un pays qui sait laisser sa jeunesse s’adonner à des jeux de guerre violents et virils retire en temps de guerre les fruits de cette tolérance. »

Voilà l’exemple à suivre et laissons nos jeunes viriles et quelques peu violents, s’exprimer à la Kalachnikov, en cas de guerre ils seront aux ordres et donneront un maximum d’efficacité.

Un passage du cahier dit : « L’instruction militaire par le jeu », suit une explication des observations faites par le passé.

« En tout état de cause, cette instruction par le jeu était endémique chez les anciens Suisses. Certaines hypothèses ont été faites, selon lesquelles les Mongols auraient fécondé la pensée militaire suisse au début du XIIIe siècle. Il serait séduisant de pouvoir le prouver. Le jour où l’on aura trouvé quelque tapisserie asiatique montrant des joueurs de quelque « Hornuss » primitif se préparer – en brandissant la lourde palette – à manier avec sûreté l’épée à deux mains, on aura établi une filiation fort intéressante. Et si l’un de nos lecteurs peut nous fournir des précisions à ce sujet, nous lui en serons très reconnaissants.

Retenons des textes qui suivent la notion précise que l’entraînement à la guerre était une affaire de jeunes, et qu’il était conçu par des jeunes. »

Doit-on en déduire qu’il est d’actualité de laisser les jeunes jouer à la guerre pour en obtenir le meilleur en cas de guerre ?

Qu’en 1968 lors de l’édition de ce cahier, commençait l’escalade des événements militaires au Vietnam. Est-ce pour cette raison que l’on écrive des textes aussi loin de la réalité suisse ? A y réfléchir, quelques années plus tard, lors de mon école de recrue, on nous transmettait la peur/haine des communistes, spécifiquement ceux de l’URSS et on glorifiait l’action des Américains au Vietnam. Il n’est donc pas étonnant que l’on cherche à démontrer que par le passé nous étions belliqueux et qu’il serait bon de continuer ainsi pour toujours à l’être.

Bien que les extraits ci-dessus paraissent un peu décalés et dépassés par rapport à aujourd’hui, il se peut que certaines personnes ayant vécu l’armée dans ces conditions, retrouvent quelques souvenirs.

Mis à part ces quelques lignes tirées de ce Cahier, il y a des récits historiques qui méritent d’être dans mon Blog, ce que vous pourrez lire prochainement ici.

Partager cet article

Repost 0

commentaires