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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 19:05

La question est peut-être saugrenue et pas d’actualité, mais il fut un temps où nos citoyens-soldats chantaient et qu’il était nécessaire de publier des petits livrets destinés à nos soldats.

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En introduction :

AUX TROUPES DE LA SUISSE ROMANDE

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Tout Suisse a un « ranz » éternel au fond du cœur.

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(Sainte-Beuve.)

Nos militaires chantent-ils ?

La chanson de guerre a été la première forme de la poésie suisse.

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Dès le XIVe siècle, les Confédérés ont célébré leurs victoires, leurs alliances et leurs faits d’armes par des chansons populaires, pleines de réalisme et de saveur ; beaucoup nous ont été conservées.

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Ces chants sont écrits dans cette langue germanique du moyen-âge dont nos dialectes suisses-alémaniques descendent en droite ligne.

Les strophes ardentes du « chant de Sempach » (XIVe siècle) du Lucernois Halbsuter et la joie cruelle de la chanson de Morat (1476) de Veit Weber, ont accompagné de leur rythme sauvage les pas pesants des piquiers suisses aux guerres de Bourgogne et d’Italie.

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Puis vinrent les chants inspirés par le service étranger.

La Suisse romande tire du service de France la plus grande partie de son répertoire de chants militaires. Les soldats des régiments Suisses à l’étranger chantaient beaucoup. Quand la nostalgie assombrissait leur cœur, ils évoquaient le pays absent les amours fidèles, les tristesses du métier des armes, le sort tragique du déserteur. La grave mélodie du ranz des vaches bouleversait leur âme simple, au point de leur faire oublier le devoir. Parfois, ils exprimaient naïvement les plaisirs et l’insouciance de la vie des camps : le vin, les filles, le jeu, les charmes de la nature. Et la bataille rendait à leurs chants cette note de tranquille héroïsme qui était la fierté de nos régiments rouges.

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A la veille du massacre des Tuileries, le peuple de Paris pouvait entendre les gardes-suisses chanter dans leurs casernes. Le matin de la Bérézina, la division suisse entonna cet admirable hymne de confiance et d’espoir qui devait rendre son sacrifice plus facile.

Rentrés au pays, nos soldats chantaient encore et, par eux, jusqu’au milieu du XIXe siècle, par tradition orale le plus souvent, ces airs se sont transmis de génération en génération.

On reconnaîtra l’origine et l’inspiration françaises de beaucoup d’entre eux. Plusieurs figurent dans des recueils de l’armée française. Mais ils se sont transformés en passant le Jura ; la mélodie et le rythme ont subi l’influence du milieu. Le Pays Romand les a marqués de son empreinte. Quelquefois, il existe plusieurs versions du texte dans les différents patois de nos cantons welches.

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Sous cette forme-là, ces chants sont bien à nous, de chez nous. Ils expriment bien l’âme un peu rêveuse et sentimentale de notre peuple. Il ne faut pas que ce précieux trésor artistique se perde.

Ce recueil n’est que le premier fascicule d’une série de « Vieilles chansons du Pays Romand ». Sur l’initiative de l’Etat-Major Général, la « Société suisse des Traditions populaires » se fait un plaisir de les répandre dans l’armée, où plusieurs d’entre elles n’ont jamais cessé d’être chantées. De longues et patientes recherches ont constitué la base de cette collection. Les auteurs de cette publication poursuivent avant tout un but éducatif : réformer le goût populaire, faire revivre une saine tradition en combattant l’influence de la musique banale et vulgaire. (Sic)

Nos soldats, mobilisés depuis plus de 3 ans, ont besoin de distractions élevées pour chasser l’ennui de leur longue faction à la frontière. Les troupes de la Suisse alémanique ont déjà sauvé de l’oubli leurs vieilles chansons. Les Romands retrouveront dans ces airs chantés par leurs ainés dans toutes les grandes guerres d’Europe, un peu de ce souffle vivifiant du passé, un peu de l’âme éternellement jeune de notre peuple. (Sic)

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NOËL 1917

Nos militaires chantent-ils ?
Nos militaires chantent-ils ?

Notice historique. Le matin du 26 novembre 1812, les débris de la division suisse étaient postés sur la rive droite de la Bérézina, pour couvrir le passage de la rivière.

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Un moment avant l’attaque des Russes, le lieutenant Légler, de Glaris, entonna cette mélodie devant le front des troupes. Il fut repris en chœur par des centaines de soldats, comme un adieu suprême à la patrie.

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Pendant trois jours, les régiments suisses décimés soutinrent le choc de l’armée russe, jusqu’à ce que l’armée française eût entièrement passé les ponts.

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Ce chant, par sa noble et simple inspiration musicale, peut devenir notre hymne national.

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