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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 17:10

Les armes et la tournure d’esprit des guerriers du temps

« Si l’on veut comprendre à quels motifs réels nos anciens Suisses ont obéi en agissant de la sorte, il faut commencer par essayer de trouver entre l’arquebuse, la cuirasse, et la pique, une sorte de dénominateur commun.

« On distingue aisément : ces armes sont encombrantes et peuvent devenir, dans certaines phases du combat, une véritable gêne. Une gêne qui est d’autant plus irritante qu’elle risque de freiner, voire d’empêcher cette poursuite où se font les meilleures prises, les butins les plus fructueux, dont on sait combien ils intéressaient nos guerriers suisses !

« En plein combat, on ne contestait pas à la pique, employée habilement par des rangs qui savaient en user en un rythme judicieux, sa pleine utilité. Mais enfin, pour cela il fallait qu’elle fût employée par une troupe rangée, et dans la phase beaucoup plus dispersée d’une poursuite, un individu isolé, armé d’une pique, ne pouvait guère s’en servir. Il était comme une espèce de géant, que deux nains eussent aisément mis hors de combat. Revenant à l’idée du butin, on voit d’ailleurs immédiatement que moins il y aura de larrons, plus il sera intéressant. Ce besoin d’une arme individuelle nous conduit tout droit à la hallebarde, qui permet à un guerrier habile de fort bien se défendre seul.

« L’arquebuse de ce temps, lourde et peu maniable, était un véritable monstre. Celle de 1550 environ, ne tirait guère plus de 10 à 12 coups par bataille. Inutile de l’employer en cours de poursuite : le temps de la recharger aurait permis à l’adversaire le moins agile de prendre du champ, et aux propres compagnons de vous laisser pour compte, sans autre forme de procès.

« Tout ceci nous montre bien ce que ces combattants attendaient de leur équipement – ils étaient comme nous, sommes toute, qui portons peu volontiers un casque – ils se voulaient avant tout mobiles et souples. Ils voulaient avoir les coudées franches, parce que cela correspondait avec leur manière d’être et de vivre. Tout ce que nous avons vu tient en ces quelques mots. »

Jeux et concours – curieux rapports avec le culte des morts

jeux alpins traditionnels

jeux alpins traditionnels

« Le véritable centre de régénération de tout le système, grâce auquel les mœurs militaires et le métier lui-même pouvaient se retremper, était constitué par ces sociétés d’hommes (Männerbunde) où la jeunesse donnait le ton.

« Les autorités ne les encourageaient pas. Elles n’en avaient pas besoin, car ces sociétés avaient en elles la force de la nature, et, si l’on peut employer un terme moderne : l’auto-dynamisme. Le caractère officiel les eût tuées en leur enlevant leur spontanéité.

Comme autrefois, aujourd'hui encore...

Comme autrefois, aujourd'hui encore...

« Ces corporation de « garçons » ou de guerriers ne se bornaient pas à garder les traditions militaires, mais les faisaient vivre en développant chez leurs membres le besoin de se surpasser.

« Ces concours et jeux de combat semblent avoir été en rapport étroit avec un substrat de culte que l’on rendait aux morts. Il est frappant, en effet, de constater deux coïncidences marquées à cet égard : il est fréquent de voir ces jeux se dérouler en des lieux ou à des dates consacrées au culte rendu à des défunts.

« On voit aussi parfois les tireurs choisir les anniversaires des batailles pour y faire leurs concours. Dans certaines régions des Alpes, certains pentathlons se déroulent de même lors d’anniversaires où l’on commémore la mémoire de quelque grand disparu.

« Ce qui précède doit être mis en rapport avec la pratique courante chez les anciens Grecs, de ne pas dissocier le pentathlon du culte des morts. En ce qui concerne l’ancienne Suisse, nous ne le savons pas encore clairement, mais l’hypothèse doit en être faite. »

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