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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 15:37

Pourquoi les anciens Suisses ont-ils cherché à livrer très rapidement bataille après avoir mobilisé ?

« C’est un fait : on cherchait à livrer bataille sans tergiverser, on se hâtait même, dans la mesure où on pouvait le faire sans trop tenter le diable. Mais pourquoi ?

.

[Pour comprendre la raison de cette attitude offensive, il faut se pencher attentivement sur les problèmes de soutien logistique.]

« C’est ainsi que l’on voit le Gouvernement bernois pousser à l’attaque des Bourguignons qui assiègent Morat, parce qu’ils ne sont plus en état de fournir bien longtemps le soutien dont la grande armée confédérée aura un urgent besoin. A cela se sont ajoutées d’autres considérations, d’ordre psychologique : des rumeurs commençaient à circuler à Berne, selon lesquelles « on faisait traîner les choses, parce que certains y trouvaient intérêt ». Pour y couper court, le meilleur moyen était de provoquer l’action d’éclat. C’est ainsi que le Conseil de guerre dut céder à des considérations d’ordre politique, et tomber à bras raccourcis sur des Bourguignons déjà fort affaiblis par la longue attente du camp de Lausanne, et que la faim, devant Morat, aurait certainement pu contraindre à la retraite. Mais enfin la situation des assiégés et les approvisionnements des Confédérés n’étaient guère en meilleur état, et, plutôt que de spéculer plus avant, on préféra en découdre.

« Les anciens Suisses savaient très bien d’ailleurs que rien n’est plus dissolvant qu’une période d’inaction qui s’éternise. C’est pourquoi leurs troupes prenaient rapidement l’offensive, sans attendre que l’ardeur de leurs hommes ne fît long feu.

Vite, vite !

Vite, vite !

« Les historiens, qui se sont penchés sur nos anciennes batailles, sont toujours étonnés de voir les hommes presser leurs chefs à donner l’assaut ; ce qui précède peut contribuer à en éclairer les motifs.

Mon commentaire : J’ajouterais qu’à l’époque, les armées pillaient et ravageaient les pays ainsi conquis et les hommes se payaient en plus de la solde, avec du butin monnayable. Et dans ce cas précis, ne pas oublier que Berne était influencé par Louis XI, qui finançait très largement et encourageait la guerre contre Le Téméraire qui devenait trop puissant. Les Suisses bien payés, débarrassait le seul danger du Roi de France, qui en profitait pour s’approprier l’Etat de Bourgogne qui allait des Flandres hollandaises à la Méditerranée, qui représenterait aujourd’hui la moitié de la France. Les Suisses, qui avaient normalement droit sur les terres conquises, pouvaient exiger les terres en questions et le roi Louis XI n’aurait rien eut à redire à cette pratique courante de l’époque. À la promesse d’un butin et de sommes grandioses, les Suisses se retirèrent et laissèrent le champ libre à Louis XI, qui connaissait bien la faiblesse des Suisses. [L’argent]

« Il y a certes, des exceptions à cette manière de faire, comme cette campagne, entreprise de leur propre chef par les Bâlois, où on les voit éviter la bataille rangée et préférer une tactique de petits coups de mains, de razzias – allant au maximum, jusqu’à la prise de quelque château – à la bataille rangée, décisive, suivie d’un traité de paix. Mais cette « exception » n’est qu’apparente, car il s’agissait, en l’occurrence, de petits détachements dont le soutien ne posait pas de problème au gouvernement.

« On connait aussi d’autres cas, où la bataille ne fut pas livrée, mais ce fut alors contre le désir des Confédérés, qui avaient affaire à un ennemi habile, pratiquant l’esquive, comme lors de la campagne du Sundgau ou du Hegau.

« Quoi qu’il en soit, on peut dire que les Confédérés ont toujours cherché la bataille, partout où ils l’ont pu. On peut dire aussi que les impératifs du soutien logistique n’ont pas été étrangers à cette manière de procéder. »

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