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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 18:19

On bataille sur les champs de conflits qui ne sont pas les nôtres et nous nous faisons une réputation auprès des rois, on titille toujours l’Empereur d’Allemagne et chez nous, comment cela se préparait-il ou comment s’instaurait la défense du pays ?

.

Le système suisse, s’il existait, exigeait des préparatifs et une organisation que l’on va regarder d’un peu plus près, en puisant dans des archives.

Pourquoi cette prédilection, portée à certaines armes ?

« On lit dans une mise sur pied émanant des autorités bernoises, qu’il faut pourvoir les gens de piques et d’armes à feu en suffisance, et ne pas prendre des hallebardes en surnombre…

« On sait, d’autre part, que l’armée qui fit la campagne de Novare avait beaucoup trop de hallebardiers, et pas assez de piques. On fut obligé de demander au duc de Milan une attribution particulière de ces dernières, parce qu’on en manquait…

« La longue pique n’était en effet guère populaire. Les armes à feu et les arbalètes ne l’étaient pas davantage. Aussi n’y a-t-il rien d’étonnant à voir leurs porteurs recevoir une solde supérieure à celle des hallebardiers.

« Au cours de la guerre de Souabe, on voit Berne exprimer son mécontentement en constatant que bon nombre d’arbalétriers et d’arquebusiers sont partis en campagne avec des hallebardes et des piques, au lieu de prendre des armes qui eussent permis d’engager le combat à distance. On voit de même Zurich ordonner à tous ceux qui sont en mesure de le faire, de servir comme arquebusiers au combat.

« Tout ceci montre bien que l’arbalète et l’arquebuse ne jouissaient pas d’une faveur bien grande.

« Les deux armes de prédilection étaient l’épée légère (Kreuzdegen) et une sorte de pique courte (Schäfflin). La première était plus légère que la grande épée, et la seconde plaisait pour sa maniabilité, que la longue pique n’avait évidemment pas. Les autorités militaires ne partageaient pas l’espèce d’engouement dont ces armes étaient l’objet. Des mesures furent prises pour en proscrire l’usage, et pour remettre à la mode les armes qui avaient fait leurs preuves, soit – bien entendu – la hallebarde et la pique, mais aussi les anciennes épées à une et à deux mains, et les haches de guerre…

« Le chapitre des cuirasses est tout à fait particulier : il n’y a pas de campagne, pas de garnison, où l’on ne se plaigne pas d’en manquer. A l’époque de la guerre de Zurich, le capitaine de Bremgarten adresse à Berne demande sur demande pour en obtenir. Pendant l’affaire de Fribourg, on apprend que parmi les 25 hommes qui tiennent le poste de Laupen aucun n’a de cuirasse. En 1476 c’est encore pire, parmi les 6000 Suisses qui se portent vers Nancy il n’y a pas un seul homme de troupe qui en soit équipé ; la Diète l’apprend et en conçoit les plus vives alarmes… Les autorités ont beau prodiguer leurs recommandations les plus vives, il semble que les hommes n’en tiennent guère compte.

« Dans une circulaire datée de 1529, le Conseil de Lucerne constate avec amertume que les hommes ont désormais pris l’habitude de ne plus ramener leurs cuirasses et leurs armes en rentrant au pays, ce qui témoigne de leur part, d’un « beau laisser-aller ». Autrefois, selon la circulaire, une chose pareille aurait été inconcevable, et l’on voyait des gens qui étaient partis sans cuirasse à la guerre, en revenir en en étant pourvus. »

A suivre…

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