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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 16:06

La peste et le tremblement de terre

Vue la plus ancienne de la ville de Bâle (d’après le « Liber Chronicarum » d’Hartmann Schedel)

Vue la plus ancienne de la ville de Bâle (d’après le « Liber Chronicarum » d’Hartmann Schedel)

Le « Liber Chronicarum » d’Hartmann Schedel

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[Remarquez la grue (flèche), comme aujourd’hui en photographiant une ville, on a presque obligatoirement une grue dans le paysage, et donc à l’époque, l’artiste n’a pas oublier d’illustrer ainsi la reconstruction de la deuxième tour de la cathédrale.]

Au moment où s’esquissait le passage du pouvoir entre les mains d’une bourgeoisie étroitement unie par ses liens corporatifs, deux terribles catastrophes vinrent interrompre brutalement l’évolution pleine de promesses de la ville : l’épidémie de peste des années 1340, qui parait avoir emporté plus de la moitié des habitants, et le tremblement de terre de 1356 qui réduisit en cendres et en ruines la ville et plus de 60 châteaux des environs. Malgré le profond désarroi de la population après ces rudes épreuves, la ville se releva avec une étonnante rapidité. Les maisons furent reconstruites en pierres, et un mur d’enceinte plus vaste remplaça l’ancien devenu trop exigu. Les corporations accrurent leurs pouvoirs grâce surtout aux graves pertes subies par l’aristocratie attachée à l’Autriche lors de la bataille de Sempach (1386). Par le rachat des droits épiscopaux, le gouvernement passa effectivement entre les mains de la bourgeoisie. En 1392, elle acquit aussi non seulement le Petit-Bâle, que l’évêque avait remis en gage aux Habsbourg, mais encore d’autres terres que les seigneurs des environs se virent contraints de céder ou de donner en gage. C’est ainsi que la ville commença par s’approprier et par administrer, indépendamment de l’évêque, un important territoire assujetti, celui de Bâle-Campagne.

Le grand concile

Cérémonie inaugurale de l’Université à la Cathédrale, le 4 avril 1460

Cérémonie inaugurale de l’Université à la Cathédrale, le 4 avril 1460

Bâle brilla un certain temps d’un éclat particulier, en quelque sorte comme centre de l’Occident, quand le grand concile, voulant rétablir l’unité de la chrétienté, mettre fin au schisme et régénérer la vie ecclésiastique, siégea dans ses murs de 1431 à 1448. La ville hébergea alors non seulement des cardinaux, évêques, abbés, théologiens et secrétaires, mais aussi un grand nombre de comtes, de ducs, de princes et même l’Empereur. Cette illustre assemblée donna à la ville un grand prestige, surtout lorsque fut couronné le nouveau pape Félix V, en 1440, après le conclave tenu dans la maison « zur Mücke »

[Münsterplatz avec la maison Haus zur Mücke (au centre, Le cercle rouge) et ancien monastère de l’Augustinergasse, emplacement du premier musée national de 1849 (en bas, près du chiffre 12)]

[Münsterplatz avec la maison Haus zur Mücke (au centre, Le cercle rouge) et ancien monastère de l’Augustinergasse, emplacement du premier musée national de 1849 (en bas, près du chiffre 12)]

Le concile fit naître à Bâle dans beaucoup d’esprits un besoin d’activité intellectuelle qui conduisit, en 1460, à la fondation de l’Université. Celle-ci fut établie en vertu d’un acte délivré par le pape Pie II qui, avant son élection, avait participé au concile comme secrétaire et estimait beaucoup la ville. En 1471, l’octroi d’un privilège impérial permit aux Bâlois de tenir chaque année deux foires commerciales. Alors que la foire d’automne s’est maintenue jusqu’à nos jours – encore qu’elle ne revête plus la même importance qu’autrefois – celle du printemps fut déjà supprimée en 1494. Elle ne devait renaître que quelques siècles plus tard, en 1917, sous forme de Foire Suisse d’Échantillons.

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