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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 16:57

L’Argovie se compose de quatre parties historiques :

1. L’Argovie bernoise, un pays sujet protestant, soumis à un régime principalement centraliste.

2. Le Freiamt catholique, région qui n’est plus identique aux « Freie Ämter », un bailliage commun des huit anciens cantons souverains où les baillis alternaient régulièrement.

3. Le comté de Baden, catholique, un bailliage commun. Après 1712, seulement Zurich, Berne et Glaris y déléguèrent leurs baillis. La foi protestante parvint à y gagner du terrain.

4. Le Fricktal, partie de l’Autriche occidentale, région catholique où Maria Thérésia et son fils Joseph réussirent à introduire leurs réformes.

Concevoir un canton aux fondements solides à partir de ces quatre régions si différentes l’une de l’autre du point de vue de l’histoire et des traditions, fut et reste la première tâche politique d’Argovie.

Le canton d’Argovie [6]

Un des devoirs fondamentaux fut d’instaurer la scolarité obligatoire. Stapfer avait reconnu les mérites de Pestalozzi et chercha à l’encourager. Pestalozzi enseignait au Neuhof, à Birr ; c’est ici qu’il rédigea son livre révolutionnaire, intitulé « Lienhard et Gertrud ». Il se fit un nom dans toute l’Europe par son activité à Yverdon, ville vaudoise, et retourna, tourmenté, au Neuhof. Il est enterré à Birr, dans le même cimetière où repose depuis 1961 un savant et admirateur japonais.

Birr-Pestalozzi

Birr-Pestalozzi

C’est là une preuve du renom mondial dont la personnalité de Pestalozzi jouit toujours.

[Remarque : Reconnu comme pédagogue révolutionnaire, certes, mais aussi par l’échec de ses entreprises, Institut d’Yverdon ou au Neuhof.]

Non seulement Augustin Keller, ressortissant radical du Freiamt, mais également Friedrich Frey-Herosé, d’Aarau, jouèrent tous deux un rôle important pendant le « Kulturkampf », au milieu du 19e siècle.

[Kulturkampf fut la lutte des forces protestantes, laïques et radicales contre le catholicisme politique et les couvents. (C’est un combat qui touchait surtout l’Allemagne et c’était dans l’air du temps et qui aboutira à la laïcité à la Française, introduite en 1905.)]

Friedrich Frey-Herosé fit, pour sa formation, un séjour de 18 mois à Lausanne, avant de vivre deux ans à Paris. Pendant la guerre du « Sonderbund », il fut nommé chef d’état-major, sous les ordres du général Henri Dufour, à qui il était lié d’amitié. Lors de la fondation de l’Etat fédératif, il fut élu premier conseiller fédéral argovien.

Ces mêmes rapports entre un général de Suisse romande et un chef d’état-major de Suisse allemande firent une deuxième fois leur preuve pendant la Deuxième Guerre mondiale. Les Argoviens gardent un excellent souvenir du général vaudois, Henri Guisan, qui ne parlait pas seulement un allemand cultivé, mais aussi le suisse allemand, tinté d’un charmant accent romand. Son chef d’état-major, Jakob Huber, était Argovien de Jonen, au Freiamt. Les deux étaient d’origine paysanne.

Nous devons constater que le canton indépendant d’Argovie a subi des changements profonds au cours de ses 150 ans d’existence.

Au début, le canton était de caractère rural, n’offrant que de modeste possibilités de gain, vu l’insignifiance de l’industrie et le surpeuplement pour une économie principalement rurale. La pauvreté y dominait, notamment après le despotisme napoléonien. Mais même plus tard, la population souffrit à plusieurs reprises de famine, et les émigrations étaient fréquentes. Ce ne fut qu’au fur et à mesure que le canton subit un processus d’industrialisation. Surtout au cours du vingtième siècle, cette évolution a été très prononcée.

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Published by G.Tell - dans curiosités
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