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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 16:32

Le problème numéro un

C’est à l’époque le problème numéro un de la Suisse. Celui qui divise l’opinion, soulève les passions et crée une incontestable tension.

L’expansion économique des années cinquante et soixante avait conduit les entreprises à recourir de plus en plus aux travailleurs étrangers, venus pour la plupart des pays méditerranéens et plus particulièrement d’Italie. Leur présence contribue à la prospérité générale, mais, malgré cela, suscite des critiques et réactions xénophobes.

Si certains milieux syndicaux, politiques et humanitaires accusent le Conseil fédéral de mener une politique qui empêche l’intégration de ces travailleurs et favorise leur exploitation par quelques entreprises, il faut bien dire que la majorité de l’opinion lui reproche au contraire de faciliter leur arrivée. A la fin des années soixante, la xénophobie gagne du terrain. Le courrier des lecteurs des journaux de l’époque révèle la virulence de cette xénophobie et le malaise ressenti par une part importante de la population. Les « laissés pour compte » de la société de consommation font de l’étranger le bouc émissaire de leurs frustrations.

En 1965, le parti démocrate zurichois, un groupuscule d’extrême-droite, lançait une initiative fédérale réclamant une réduction de 10 % du nombre des immigrés. Elle sera retirée peu après sous la pression du Conseil fédéral qui prend un certain nombre de mesures pour freiner l’arrivée des étrangers.

James Schwarzenbach, un conservateur zurichois

Cela ne suffit pas pour calmer les xénophobes les plus extrémistes. Une deuxième initiative réclamant le départ de 400 000 étrangers est lancée en 1969 par l’Action nationale, un mouvement nationaliste animé par un conseiller national inconnu jusqu’alors : James Schwarzenbach. Ce conservateur zurichois aux apparences de petit-bourgeois discret va diviser la Suisse. Personnage original et indépendant, il dit tout haut, d’un ton apparemment mesuré, ce que pensent beaucoup de gens.

Son initiative est rejetée le 7 juin 1970. Mais de peu. La marge est étroite puisque 46 % des citoyens l’ont appuyée. Cela va contraindre les autorités fédérales à prendre de nouvelles mesures restrictives qui vont aboutir, progressivement, à une réduction du nombre des travailleurs étrangers, puis à une stabilisation de la population étrangère autour de 16 %. Ce qui n’empêchera pas le lancement d’autres initiatives xénophobes, contre « l’emprise étrangère et la surpopulation en Suisse ».

Pendant plusieurs années ce problème va dominer la vie politique helvétique. Il agit comme un révélateur. C’est le prétexte inconscient de bien des citoyens – surtout dans les milieux modestes – pour exprimer leurs frustrations devant l’évolution rapide de la société, ses changements de valeurs, sa mutation culturelle. Il révèle aussi le clivage de plus en plus profond existant entre la classe politique et une partie des électeurs.

[Voilà les préoccupations du peuple, la surpopulation étrangère en Suisse. En 1942 la barque est pleine selon von Steiger, puis entre 1968 à 1970 c’est donc James Schwarzenbach et en ce moment l’UDC zurichoise qui s’insurge contre l’étranger.]

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