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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 15:52

La défense de l’environnement préoccupe les Suisses

Les lettres qu’adressent aux journaux ces nouveaux nationalistes, ces « oubliés de la prospérité », révèlent aussi un anticapitalisme sous-jacent, une dénonciation de la spéculation foncière et une protestation contre les atteintes à l’environnement. On assiste, en effet, à cette époque, à l’émergence d’un mouvement écologiste qui ne prendra une forme parlementaire que quelques années plus tard, mais qui va dorénavant jouer un rôle de plus en plus important.

Il est vrai que le développement rapide des banlieues et du réseau routier modifie progressivement le paysage auquel chacun était habitué. Les villes deviennent bruyantes. C’est le temps de la pollution, des déchets, du béton. En 1970, lors de son allocution du jour de l’an, le président de la Confédération, Hans-Peter Tschudi, se fait l’écho de cette inquiétude d’un nombre croissant de Suisses devant les atteintes à l’environnement. Il ne parle plus seulement de niveau de vie mais, ce qui est nouveau, de qualité de vie.

De son côté, le commandant Cousteau lance un cri d’alarme devant l’augmentation de la pollution des océans. La croissance est mise en cause. Alors que le Conseil de l’Europe proclame 1970 « Année de la nature » et que les Suisses adoptent très nettement en 1971 un article constitutionnel sur la protection de l’environnement, de plus en plus de voix s’élèvent pour protester contre un développement technique sans frein et ce que le Prince Albert de Liège appelle « une course infernale à la croissance économique » qui menace la survie de l’espèce humaine. L’opposition à l’urbanisation du site du Signal-de-Bougy ou la mise en demeure faite à Nestlé de mettre en service une installation de retraitement des eaux usées, sont deux exemples, parmi d’autres, de cette évolution des esprits et d’une prise de conscience écologique qui va dorénavant influencer la vie politique et l’activité économique helvétiques.

Les femmes votent enfin !

Cette votation fédérale sur l’environnement est la première à laquelle les femmes participent. En effet, le 7 février 1971, une nette majorité d’hommes (65,7 % de Oui) décident d’accorder le droit de vote aux femmes sur le plan fédéral.

Enfin, peut-on dire ! La justice l’a emporté sur l’égoïsme après des années de lutte. Même si le chemin est encore long jusqu’à la réalisation d’une véritable égalité entre hommes et femmes, la votation fédérale du 7 février 1971 marque un tournant. Il est vrai que ce résultat était prévisible. Dix ans après le premier canton romand, plusieurs cantons alémaniques venaient d’accorder le droit de vote cantonal aux femmes et le Valais avait fait de même en avril 1970, lui aussi par une très nette majorité. Les esprits avaient évolué.

[Certain hommes diront : « Ce n’est pas important, ma femme vote comme moi ! »]

C’est l’époque de l’affirmation des mouvements féministes et du développement du M.L.F, le « Mouvement de libération des femmes ». Dans de nombreux pays, en Suisse comme ailleurs, les femmes revendiquent. Victimes d’une réelle discrimination sociale, elles réclament l’égalité des droits dans tous les domaines. Après des siècles d’une domination masculine qui paraissait relever de l’ordre naturel des choses, les privilèges des hommes sont contestés, critiqués, remis en cause. Certains l’admettent difficilement et se gaussent des revendications des féministes, ne réalisant pas que la société évolue rapidement et que, eux aussi, devront changer.

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