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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 17:02

« Nous voulons participer ! »

Oui, la société change rapidement. Trop rapidement même aux yeux de certains qui ont du mal à s’adapter. Dans tous les domaines l’évolution est profonde. Les vieilles structures « craquent » et les institutions les plus solides sont ébranlées. C’est l’époque aussi d’une revendication de participation. En déposant en 1971 une initiative fédérale qui réclame une participation des travailleurs à la gestion des entreprises, les syndicats suisses expriment la volonté d’un nombre croissant de gens d’être étroitement associés à tout ce qui détermine leur destin, notamment dans leur vie professionnelle.

Il est vrai que les événements de mai 1968 avaient conduit de nombreux citoyens – pas seulement des jeunes – à adopter une attitude plus critique à l’égard de la société, à mettre en cause les institutions et les valeurs établies. C’est l’époque où se développent des expériences de vie communautaire et du « retour à la campagne ». L’époque aussi de la drogue qui commence à faire des ravages. Déçus par les maigres résultats des rêves de Mai 68 et, ayant du mal à s’insérer dans une société qui paraît de plus en plus préoccupée par la seule satisfaction de ses besoins matériels, des jeunes se laissent séduire par la drogue.

Cette évolution suscite des réactions d’incompréhension et de crispation dans les milieux officiels qui acceptent difficilement cette remise en question. Si certains hommes politiques tentent de comprendre le désarroi des jeunes et le sens de leur révolte, la majorité, au contraire, se raidit. Les protestations suscitées en juillet 1970 par la diffusion du Petit livre rouge des écoliers sont démesurées par rapport à la valeur (très médiocre !) de cet ouvrage. Il en est de même de l’interdiction d’un festival pop par la ville de Lausanne qui parle « d’une exploitation commerciale douteuse et d’une recrudescence du trafic de drogue », de la crise avec les jeunes Zurichois du « Bunker » ou de la réaction du Conseil d’État genevois lors de l’occupation de la Maison des jeunes.

[Certes le Petit livre rouge des écoliers n’est pas une œuvre littéraire. Mais le but n’était pas de lire de belles phrases, élevées et pleines de poésie, non, il s’agissait de donner des clés, des modèles et conseils aux jeunes, pour se révolté, pour contester l’autorité parentale et « officiel ». Un mode d’emploi en quelque sorte.]

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