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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 17:04

Redécouverte au 18e siècle

Une nouvelle époque s’était ouverte. Les regards des hommes s’arrêtaient moins sur les jeux de lumière des vitraux et sur les diptyques que sur les beautés et les merveilles de la nature. Le pèlerin qu’un besoin spirituel conduisait aux lieux consacrés était remplacé par un voyageur à la recherche de beautés naturelles. La première histoire naturelle de la Suisse a été écrite par J.-J. Scheuchzer au début du 18e siècle. Son itinéraire le conduisit également à la grotte de Saint-Béat. Il écrit :

« De là, on a une vue agréable sur le lac de Thoune … A proximité, on peut jouir des arbres, de leur ombre, du chant des oiseaux et de la disposition naturelle de cette voûte … Bref, tout monarque serait heureux de posséder une telle caverne en son jardin. »

Lorsque au milieu du 18e siècle l’Oberland bernois commença à attirer l’attention des peintres, des naturalistes et des voyageurs, lorsque Haller avec son célèbre poème sur les Alpes et les œuvres de J.-J. Rousseau commencèrent à enthousiasmer l’élite européenne, il fut clair que ce curieux endroit des bords du lac de Thoune n’échapperait plus longtemps à la curiosité publique. Un guide publié par Samuel Wyttenbach recommandait la visite des grottes. Goethe avait ce guide en poche lorsqu’il visita la cellule de Saint-Béat en 1779. Son attention fut attirée par un lierre gigantesque qui grimpait le long de la paroi de rochers. Il y consacre quelques lignes dans son journal : « Heilger Epheubaum, hoch den Felsen hinanlaufend, dessen Zweige feierlich darüber herabhängen. – Der Stamm ist drei Spannen dick.“ Un dessin du petit maitre K. Wolff (1753-1798) reproduit ce qui avait frappé Goethe. L’arbre qui s’élance au milieu des rochers doit être celui que mentionne Goethe dans son journal.

Les grottes avec le lierre gigantesque vers 1780

Les grottes avec le lierre gigantesque vers 1780

Un autre tableau, de G. Lory le Jeune (1784 à 1846), nous conduit devant la grotte sèche (la cellule de Saint-Béat). On y discerne bien les restes du mur.

Les grottes avec le lierre gigantesque vers 1780

Les grottes avec le lierre gigantesque vers 1780

De ce même peintre, un autre tableau reproduit le même endroit mais vu de l’intérieur à l’extérieur, paysage romantique s’il en fut.

Le lac de Thoune avec le Niesen, vue des grottes.

Le lac de Thoune avec le Niesen, vue des grottes.

Les grottes de Saint-Béat firent bientôt partie de tout voyage dans l’Oberland bernois. Elles se trouvaient d’ailleurs près du précédent débarcadère, à Neuhaus. Citons, parmi les visiteurs les plus célèbres, lord Byron, Madame Vigée-Lebrun, Madame de Staël, Madame Récamier, Charlotte de Lengefeld (la femme de Schiller), Richard Wagner, etc. c’est à cette époque que le pasteur de Sigriswil, Carl Howald, reprit dans sa « Chronique de Sigriswil » (1833-1869, Bibliothèque de la ville de Berne) les récits qui circulaient parmi le peuple au sujet de saint Béat. Le romantisme réveillait la légende. Il orna sa collection de dessins aux crayons de couleurs, à la plume et à l’encre de Chine. L’un d’eux montre – quelle profanation ! – la cellule transformée en étable pour les chèvres.

La cellule transformée en étable pour les chèvres.

La cellule transformée en étable pour les chèvres.

Un autre dessin montre comment Howald imaginait saint Béat.

Comment Howald imaginait saint Béat.

Comment Howald imaginait saint Béat.

Le poète Joseph Victor Widmann, qui chercha refuge à Merligen en 1880, fut encore un autre admirateur des grottes.

Les circonstances changèrent à l’achèvement de la ligne du « Bödeli-Bahn » reliant Därligen, Interlaken et Bönigen en 1872. Pendant 20 ans (jusqu’à l’ouverture du canal navigable menant à Interlaken), les vapeurs du lac de Thoune abordèrent à Därligen et dirigèrent le flot des voyageurs sur l’autre rive du lac. Les grottes tombèrent ainsi complètement dans l’oubli.

[Si vous êtes un peu curieux, regardez sur Internet, pour chaque nom illustre, qui ils étaient.]

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A suivre...

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