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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 17:29

L’ouverture de la grotte au torrent

Les eaux mugissantes qui jaillissent de la grotte au torrent et se précipitent ensuite du haut des rochers ont toujours incité les voyageurs hardis à pénétrer à l’intérieur. Le peintre Hans Stähli de Brienz parle d’une tentative de ce genre en l’an 1811. Il atteignit une profondeur de 200 mètres. Les merveilles qu’il contempla lui firent une profonde impression. En 1848, Johannes Knechtendorfer, le premier capitaine du lac de Thoune, poussa jusqu’à la salle désignée depuis sous le nom de « grotte du capitaine ». On y peut distinguer encore ses initiales et celles de ses compagnons peintes à l’huile.

Les eaux mugissantes qui jaillissent de la grotte

Les eaux mugissantes qui jaillissent de la grotte

Une reconnaissance méthodique, par contre, ne se fit que beaucoup plus récemment.

En 1903, le jeudi saint, M. Hermann Hartmann, directeur de l’Office du tourisme de l’Oberland bernois, obligé parfois de ramper, atteignit le premier élargissement. Une commission fut nommée peu après et l’on décida de rendre cette merveille de la nature accessible au public. Il fallait tout d’abord construire un chemin à partir de la route cantonale. A l’intérieur, il fallut faire sauter les passages trop étroits entre les différentes grottes et les assécher en pompant les siphons. C’est ainsi que, vers la fin de l’année, on avait déjà atteint une profondeur de 750 mètres. Le zèle des explorateurs était constamment avivé et puissamment stimulé par la richesse croissante des découvertes. Mais à lui seul, le zèle ne suffisait pas. Les travaux coûtaient cher, très cher. 20 000 francs avaient été investis en un clin d’œil et l’éclairage électrique dont le besoin se faisait toujours plus pressant n’était pas encore installé. Une coopérative au capital de 100 000 francs fut fondée pour faire face à cette exigence aussi. La grotte fut ouverte au public le 20 juillet 1904. L’optimisme des initiateurs fut récompensé. La première année déjà 10 643 personnes visitèrent les grottes. L’année suivante, lorsque le débarcadère de Sundlauenen fut mis en service, ce nombre fit plus que doubler : on compta en effet 24 012 visiteurs. Jusqu’au début de la première guerre mondiale, la moyenne fut de 28 238 personnes par année.

Les années de crises qui suivirent, puis la deuxième guerre mondiale, mirent la coopérative à rude épreuve. Il fallut procéder à des assainissements. On ne pouvait pas parler d’une « mine d’or », mais bien de l’étonnante ténacité qui permit de surmonter cette crise et de garder intacte, au profit du tourisme oberlandais, l’œuvre commencée au début du siècle.

Ces soucis ne touchèrent en rien le charme des grottes et dès 1945 le nombre des visiteurs ne cessa de croitre. Le record fut atteint en 1963 avec 57 483 entrées.

Les investissements effectués jusqu’en 1965 (augmentation du capital de la coopérative, hypothèques, fonds provenant des recettes d’exploitation) ont presque atteint les deux millions. Les installations ont pu ainsi être agrandies et renouvelées. L’éclairage notamment a pu être modernisé ce qui, avec les dimensions des salles, l’aperçu en profondeur des ramifications et le grondement des chutes souterraines contribue à faire de cette visite un événement mémorable.

[J’ai volontairement exclu les photos des grottes. Par expérience personnelle, les photos de grottes souterraines ne reflètent pas les réelles beautés que nos yeux détaillent et alimentent ainsi nos souvenirs. D’autant que les photos du livret, dont j’ai reproduit le texte, sont en noires et blancs, avec une technique des années 60. Il semblerait que le livret soit de 1963 à 1965.]

Grottes de St-Béat, partie ouverte au public.

Grottes de St-Béat, partie ouverte au public.

L’exploration scientifique des grottes

Un groupe d’explorateurs scientifiques a constaté que les grottes de Saint-Béat font partie d’un système de grottes qui se ramifie dans toute la chaîne du Beatenberg. On a pu se fonder à cet égard sur les travaux préparatoire des géologues Arnold Heim et Paul Beck.

Le 4 novembre 1945, sous la conduite de M.R. Homberger, du Beatenberg, un groupe est descendu dans le « Häliloch », de 117 m de profondeur, à 1733 m d’altitude, sur l’arête du Beatenberg. Peu après, un deuxième groupe, de Berne, y pénétrait également. Le troisième groupe, formé par M. Franz Knuchel, instituteur, membre de la section d’Interlaken de la Société suisse de spéléologie, explora systématiquement l’ensemble du réseau des grottes. Par deux fois, au printemps 1946, il versa de la fluorescéine et du sel dans les eaux du Häliloch. 30 heures plus tard, l’eau, plus bas, dans la grotte de saint Béat, se colorait, prouvant qu’une relation existait entre les deux cavernes.

L’œuvre d’une vie et son avenir

Nous considérons aujourd’hui la visite des grottes de Saint-Béat comme une chose toute naturelle. Peu de personnes soupçonnent la somme de travail qui a été fournie, les espoirs et les déceptions que cette œuvre a causés. La chance voulut qu’à la fin du XIXe siècle, au moment de nommer le directeur de l’Office du tourisme de l’Oberland bernois, le choix tombât sur M. Hermann Hartmann. Cette région trouva en lui non seulement un propagandiste d’envergure, mais aussi une personnalité ayant de l’imagination et capable d’initiative. Il consacra à l’Oberland bernois une étude aussi vaste que détaillée qui fut publiée en 1910 sous le titre « Berner Oberland in Sage und Geschichte ». L’œuvre de sa vie, toutefois, fut bel et bien la restauration de l’ermitage des grottes de Saint-Béat que son esprit romantique et son regard de connaisseur et d’historien ont arraché à l’oubli et offert au public. La chance, une fois encore, permit que M. Hartmann puisse remettre l’œuvre commencée entre les mains d’un successeur digne de lui, soit son fils Milton Hartmann. C’est à lui qu’incomba la lourde tâche de maintenir l’œuvre durant les années difficiles, avant et après la deuxième guerre mondiale, et de la développer progressivement.

Hermann Hartmann

Hermann Hartmann

Milton Ray Hartmann

Milton Ray Hartmann

De beaux résultats ont été atteints. D’autres plans, prévus depuis des années, n’ont pas pu être exécutés, faute de moyens financiers. Tel, par exemple, le projet d’une chapelle funéraire avec cloitre et vitraux ornés de motifs tirés de la légende de saint Béat.

A suivre...

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