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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 16:48

Pour nous Romands, on a connaissance des Grottes de Vallorbe, qui sont visitées quand on est à l’école et plus tard avec ses enfants comme un lieu très bénéfique lors des grandes chaleurs.

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Mais on oublie qu’elles ne furent ouvertes au publique qu’en 1974, qu’elles n’ont été explorée « scientifiquement qu’à la fin du XIXe siècle. Donc depuis très peu de temps elles émerveillent les gens qui s’engouffrent dans les profondeurs de la terre.

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D’autres grottes sont plus anciennes et presque plus belles et dans un cadre bien plus joli, sont offertes au public.

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Les Grottes de St-Béat sont connues depuis fort longtemps, en voici l’histoire.

Légende, Histoire et Exploration.

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Par la Société des Grottes de Saint-Béat, 3801 Sundlauenen BE

Un peu d’histoire

L’histoire nous enseigne que la région du lac de Thoune, à l’entrée des vallées alpestres et des cols, était déjà relativement peuplée dans l’antiquité. Sur la rive droite, très abrupte, les grottes bien abritées par des rochers surplombants servaient d’habitations aux populations primitives.

Le nom de « Balmholz », où les grottes se trouvent, est d’origine celtique. Balm signifie grotte. Il est tout naturel de penser que l’on a affaire ici à des habitations préhistoriques. Les fouilles n’ont donné que peu de résultats du fait que cet endroit fut consacré, durant des siècles, à la vénération de saint Béat. Les restes préhistoriques que l’on aurait pu trouver ont été détruits à l’érection de divers bâtiments.

La tradition prétend que des sages avaient passé la montagne noire (Brünig) bien avant l’ère chrétienne, qu’ils considéraient cette curieuse région de sources comme une sorte de temple et en avaient fait un lieu de sacrifices. Les Balmholz, serait donc un bois sacré et les grottes un lieu saint druidique. La « grotte sèche » (aujourd’hui cellule de Saint-Béat) était à l’origine une de ces sorties secondaires comme il y en a aujourd’hui encore, à côté de la source principale. Cette grotte étroite doit avoir été agrandie artificiellement à ses dimensions actuelles. La galerie, devant la grotte, porte également la trace de travaux menés par l’homme.

Si les découvertes faites dans la grotte du Balmholz et la désignation de Balm font remonter au paganisme, l’appellation actuelle des grottes de Saint-Béat est liée à l’ère chrétienne.

La légende de saint Béat

La tradition rapporte qu’à une époque reculée deux étrangers, nommés Béat et Juste, ont traversé eux aussi la montagne noire et sont arrivés dans le pays d’entre les lacs (Interlaken). Si l’on en croit la légende, Béat, originaire de Grande-Bretagne, y aurait distribué sa fortune aux pauvres pour se faire disciple du Christ. Il aurait été baptisé à Rome par Pierre lui-même, à l’époque des persécutions de Néron, et aurait été envoyé au-delà des Alpes comme premier apôtre des Helvètes.

Lorsque les deux voyageurs arrivèrent parmi les bergers de Sundlauenen au bord du Wendelsee (lac de Thoune), ils apprirent que ces gens, comme ceux de l’autre rive, vivaient constamment dans la crainte d’un épouvantable dragon qui demeurait dans une grotte et terrorisait le pays.

Cela n’était pas pour effrayer les deux pieux messagers. Animés d’un zèle sacré, ils se firent conduire en barque sur le lieu d’épouvante et avancèrent en direction de la grotte. Béat fit seul l’ascension de la montagne. Le monstre jeta des yeux de flamme et, violemment courroucé, sortit de la grotte en crachant du feu sur l’arrivant. Béat, cependant, éleva la croix face au dragon et le conjura au nom de la Sainte-Trinité. Le monstre, dans une folle colère, se jeta du haut des rochers dans le lac dont les eaux se mirent à bouillonner. Béat et son compagnon prirent possession de la grotte et y servirent Dieu jour et nuit. Le pieux messager termina sa course terrestre dans sa 90e année. Sa dépouille mortelle fut enterrée devant la cellule.

Ces légendes, qui se confondirent bientôt avec les plus vieilles traditions, ne furent tout d’abord transmises qu’oralement. Les moines du couvent d’Interlaken ne se décidèrent à en confier une version illustrée à Daniel Agricola, de l’ordre des Frères mineurs de Bâle (Franciscains) que lorsque le développement de la Réformation prit des proportions alarmantes. Ce moine réunit et confia au papier tout ce qu’il était possible d’apprendre sur saint Béat. Le célèbre graphiste soleurois Urs Graf fut chargé des illustrations. La brochure parut en 1511 sous le titre « Das Leben des heiligen Bychtigers und Einsidlers Sant Batten », à Bâle. Cette ville était alors la métropole de l’impression allemande.

La plupart des gens ne sachant pas lire, à l’époque, ils furent surtout sensibles à l’effet des remarquables bois gravés d’Urs Graf.

Nous avons choisi quatre de ces sujets. La couverture montre saint Béat, suivi de son disciple Juste, vêtu en Franciscain et muni de la Bible, menaçant le dragon de son bâton de pèlerin. Les corbeaux s’attaquant énergiquement au dragon furieux accompagnent toujours le saint en lui montrant le chemin.

Saint Béat, Juste, les corbeaux et le dragon.

Saint Béat, Juste, les corbeaux et le dragon.

Sur la première illustration du texte, Urs Graf reproduit d’une manière saisissante un baptême se déroulant près d’une statue romaine brisée, symbole du paganisme

Le baptême

Le baptême

C’est ensuite la guérison d’aveugles et de paralytiques. Ici, l’artiste met le paysage très en valeur. Entre deux rochers – l’un supportant la petite église de Béat – nous apercevons en profondeur le lac de Thoune que sillonnent de petits bateaux.

Guérison d'aveugles et de paralytiques

Guérison d'aveugles et de paralytiques

La scène de la mort est d’une grande intensité dramatique. Les visages des voisins, alertés par les corbeaux, sont marqués par la douleur, opposition voulue aux traits paisibles et sereins du saint.

La mort de saint Béat

La mort de saint Béat

Il existe d’autres versions encore de la légende de saint Béat. L’une d’elles veut l’associer à la vague de christianisation qui, venant de l’ouest, atteint le lac de Thoune au 3e siècle (légende de la légion thébaine de St-Maurice en Valais). Le fait est qu’un saint Béat est aussi vénéré dans le sud de la France (Vendôme). Sa légende correspond exactement à celle de l’ermite du lac de Thoune. Les savants en déduisent que saint Béat appartient au cycle de légende français. Il semble toutefois plus probable que saint Béat était de ces missionnaires irlandais qui vinrent en Suisse au 6e siècle (Gall, Fridolin, Columban, etc.). Le fait qu’au début du moyen-âge une tombe ait été creusée à grand-peine dans le terrain rocheux à l’aide d’instruments primitifs permet de penser qu’une très importante personnalité y a été enterrée. De là à déduire qu’il s’agit du saint légendaire ayant vécu dans la grotte d’où il a répandu l’Evangile, il n’y a qu’un pas.

La vie de saint Béat, si l’on en croit la légende, est riche en miracles de toutes sortes. Les chamois lui fournissaient lait et fromage. Comme son Maître, il guérissait les malades. Lorsque, le soir, saint Béat allongeait ses membres fatigués, il se couvrait d’un manteau. Les anges auraient alors pénétré dans la paisible caverne et auraient brodé leur insigne dans le manteau, lui conférant ainsi un pouvoir magique : saint Béat pouvait l’étendre sur les eaux du Wendelsee et se rendre ainsi sur l’autre rive opposée.

Saint Béat traverse le lac sur son manteau

Saint Béat traverse le lac sur son manteau

A Einigen, près de Spiez, les nobles de Strättligen ont fait construire une église dans laquelle prêche Juste. Mais le Diable s’en mêle : il cherche à reprendre les âmes qui lui ont échappé. Pendant le sermon, Satan, assis sous la chaire, note sur une peau de bouc les noms des fidèles endormis. Comme son parchemin se trouve être trop petit, il essaie de l’étirer des griffes et des dents. La peau saute tout à coup et le diable va donner de la tête contre la chaire. Saint Béat, qui a pris place au fond de l’église, trouve cette mésaventure si drôle qu’il éclate de rire. Les dormeurs sont ainsi réveillés un instant avant que Juste dise Amen, ce qui les sauve des griffes du Malin.

Le diable sous la chaire

Le diable sous la chaire

À suivre…

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