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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 15:46
Il y a 66 ans [11]
Château-d'Oex

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Il y a 66 ans [11]

Le Chalet Balthus à Rossinière, son histoire.

Les Mosses

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Les élèves apprenaient…

Un village des Alpes vaudoises

Chère marraine,

Depuis huit jours, je suis à Rougemont, chez mon oncle Paul. Mes parents m’y ont envoyée en convalescence, après ma rougeole de ce printemps ; ils espèrent que l’air de la montagne me rétablira tout à fait.

Rougemont est un beau village tout en bois. La plupart des maisons sont très vieilles ; elles ont deux ou trois cents ans. Leurs façades sont devenues avec le temps tellement brunes qu’à distance elles paraissent noires. Les toitures sont faites de milliers et de milliers de petites planches étroites et minces qu’on appelle des Tavillons ; pour mieux protéger les maisons de la pluie et de la neige, on met jusqu’à sept ou huit couches de ces planchettes l’une sur l’autre.

Le chalet de mon oncle a des paroles gravées sur la façade. Les voici :

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Par la Providence de Dieu, Joseph et Antoine Loup frères et Catherine leur sœur ont fait bâtir cette demeure passagère en attendant un éternel domicile au ciel. A Dieu soient rendues louanges et actions de grâces à jamais. Amen.

.

C’est une belle inscription, n’est-ce pas ? Presque toutes les maisons de Rougemont en ont une de ce genre.

Ce qui m’a le plus surprise la première fois que je suis entrée chez mon oncle, c’est la faible hauteur des plafonds. Je peux les toucher de la main. Mon cousin Jacques les touches de la tête rien qu’en se haussant sur la pointe des pieds, et, quand il entre dans une chambre ou dans la cuisine, il doit courber la nuque pour ne pas se cogner au chambranle. Je crois que les gens d’autrefois étaient plus petits que ceux d’aujourd’hui, pour avoir fait des portes aussi basses. Des chambres peu élevées sont d’ailleurs plus faciles à chauffer, ce qui est bien agréable dans un pays où les hivers sont si longs.

Je joue souvent avec une petite fille qui habite dans le chalet voisin. Mais hier soir elle m’a dit :

.

- Je ne pourrai bientôt plus m’amuser avec toi. La semaine prochaine, on remue.

.

Je l’ai regardée avec étonnement, et lui ai demandé :

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- Qu’est-ce que vous faites ?

.

- On remue.

Puis elle m’a expliqué que son papa possède trois chalets : celui qui est à côté du nôtre, et deux autres dans la montagne. Toute la famille passe l’hiver au village ; elle élève quatre vaches et deux ou trois chèvres. Et puis, au mois de mai, elle « remue » ; c’est-à-dire que les parents, les enfants et le bétail vont s’installer dans un chalet de la montagne, où se trouve du foin de l’été précédent, qu’on n’a pas pu descendre à Rougemont, mais qu’il faut bien utiliser tout de même. Au mois de juillet ou d’août, ils déménageront encore une fois pour s’installer dans le troisième chalet. Ce doit être amusant, ces changements continuels !

Je t’embrasse bien fort, ma chère marraine.

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Ta filleule Nelly.

Nous voilà à la fin d’une présentation du canton de Vaud, de façon scolaire. La géographie et le tissu économique expliqué très superficiellement pour que la compréhension des élèves colle aux propos que pouvaient avoir les adultes à cette époque qui expliqueraient le canton de Vaud.

Les images montrent à chaque fois ce qu’était la réalité du moment, sans nostalgie, simplement un instantané des années cinquante.

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