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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 17:44

A propos du débat sur l’histoire.

Des faits. Des noms. Des dates

Par : Anne Weill, Karl Grünberg

Association romande contre le racisme (ACOR) Manifeste du 21 janvier 1997. 21 mars 1997

C’est dans cette publication que je vais puiser des textes qui seront des éclairages sur la profonde « nature » de la pensée de nos politiques à l’époque la plus trouble de l’histoire de notre pays, de 1917 à 1954.

Je ne vais pas prendre tout le texte, ça serait trop long et volumineux, mais quelques-uns pour que l’on comprenne bien d’où vient le ressenti d’aujourd’hui face aux étrangers.

Comme le texte de l’Association romande contre le racisme met en parallèle les textes de lois et de l’activité du Conseil fédéral face aux mêmes démarches Allemandes, aux mêmes moments, on a ainsi une vision globale d’une situation qui demande la réflexion : Est-ce que la Suisse réagit à ce que fait l’Allemagne ou anticipe-t-elle par peur aux devenir du pays, face au grand voisin ?

Commençons depuis le début.

Suisse, de 1917 à 1954

1917

21 novembre, ordonnance établie sous le régime des pleins pouvoirs au sujet de la police à la frontière et du contrôle des étrangers. Elle institue le visa obligatoire pour certaines catégories d’étrangers. Elle crée un Office central de police des étrangers et admet, en pratique, que le séjour durable et l’établissement étaient subordonnés à une approbation des autorités fédérales.

1919

17 novembre 1919,

Nouvelle ordonnance établie sous le régime des pleins pouvoirs. Elle remplace la précédente. Elle institue le veto fédéral et le contrôle sur les décisions prises par les cantons en matière de Police des étrangers. Le séjour durable et l'établissement sont clairement attribués aux autorités fédérales.

Un Office central de police des étrangers est créé par ordonnance auprès du Département fédéral de justice et police (DFJP), afin de :

- coordonner les pratiques cantonales ;

- réunir et exploiter les informations sur les étrangers suspects et indésirables.

- Berne ne limitait plus seulement ses compétences à la surveillance des frontières, ou à la délivrance des visas, dont l’Office avait obtenu la compétence en novembre 1918, mais intervenait dans les cantons eux-mêmes. Sa politique visait à lutter contre la « surpopulation étrangère », notion imprécise de la capacité d’accueil. Rothmund entre à la tête de l’Office central de la police des étrangers.

L’instrument de cette politique sera la Police des étrangers.

Trois courants animaient alors le législateur :

- les optimistes, qui proposaient les naturalisations facilitées ;

- les pessimistes, qui voulaient freiner l’immigration (inaltérabilité des caractères ethniques, un certain racisme, préserver les concitoyens de contacts pernicieux) ;

- un courant mineur, qui voulait la réduction de l’émigration des Suisses.

24 mars 1919, dans le canton de Vaud, Marcel Regamey, Richard Paquier et quatre de leurs camarades fondent l’Association monarchique internationale.

1920

Motta défend la thèse modérément optimiste.

29 novembre 1921,

La troisième ordonnance restitue certaines attributions aux cantons mais conserve la même réglementation que celle de 1919. Le veto fédéral continue de constituer l’élément primordial de toute la législation concernant la police des étrangers. « L’on cherchait en premier lieu par ce moyen à parer à un afflux excessif d’étrangers. »

Pendant ce temps, en Allemagne aucune loi n’est sortie de l’administration. La préoccupation de l’Allemagne est de terminer la guerre et de subir la défaite.

Si la Suisse édite des lois sur l’immigration des étrangers, nous devons nous souvenir que de nombreux étrangers voulaient se réfugier dans le pays pour diverses raisons. L’une d’elle, était, pour les déserteurs, fuir la guerre en cours, pour d’autres c’était planquer son argent et bénéficier de la sécurité, d’autres encore cherchait un refuge suite aux persécutions en tous genres qu’ils subissaient ailleurs. La Suisse accueillait volontiers ceux qui avaient de l’argent, ceux qui avaient un statut élevé à contrario de ceux qui étaient miséreux, loqueteux d’une religion douteuse et d’une ethnie indéfinie.

Avant l’introduction de la Police des étrangers, les cantons avaient déjà ce même comportement face à l’immigré, était-il riche et honorable ou pauvre et suspect. Il y avait donc une population qui faisait peur aux autorités et qu’il fallait réguler à défaut de les refouler.

Suivez les liens hypertextes pour en savoir plus sur ces hommes.

1921

Rothmund met son chef, Häberlin, en garde contre l’immigration des Ostjuden (Juifs orientaux) qui, plus que les autres Juifs, auraient incarné l’incapacité de s’assimiler.

1922

En juin 1922, une initiative populaire visant à rendre plus difficiles les naturalisations est refusée à une forte majorité.

1923

Dans le canton de Vaud ont lieu, au cours de l’été 1923, les premières réunions sérieuses de ce qui deviendra le mouvement « Ordre et Tradition ».

1924

Dans la perspective des « pessimistes », la révision constitutionnelle du droit à l’établissement est entreprise.

Les adversaires de l’immigration ont alors notamment précisé : « Jamais les immigrés : Juifs galiciens, Allemands, Italiens, Slaves ne vaudront pour nous les paysans tenaces, économes et laborieux que nous laissons partir sans faire aucun effort pour les retenir. »

Pendant ce temps en Allemagne, la jeune république de Weimar, fragile et tourmentée par les putschs à répétition, lutte pour se maintenir au plan économique et structurel pour redevenir une puissance politique. Agitation politique et crise monétaire vont être les préoccupations de la République pour un moment encore.

En Allemagne : 1923

8 novembre, échec du « putsch de la brasserie » à Munich. Dissolution du parti nazi.

1924

2 juin 1924, un Message du Conseil fédéral écarte la politique libérale pratiquée par les cantons avant-guerre. Il propose une politique ferme destinée à bloquer une fois pour toutes l’accroissement du nombre des étrangers. Dans cette optique, le Conseil fédéral dénonce les immigrés les plus inquiétants, regroupés parmi ceux qui demandaient le séjour en visant l’établissement. Habiles ensuite à se créer des liens dans le pays, ils gagnent vite des appuis et se révèlent inexpugnables. Pour empêcher la formation de telles attaches, une réaction rapide s’impose qui doit être animée d’une ténacité égale.

Remplaçons « immigrés » par « réfugiés » et se dessine l’un des fondements de la politique de l’asile.

En Allemagne : 1924

Hitler est en détention à la forteresse de Landsberg de novembre 1923 au 24 décembre 1924. Il y rédige le premier tome de « Mein Kampf ».

Il est difficile à la lecture seule des textes proposé par ACOR, de sentir la véritable ambiance générale qui régnait en Europe et spécialement sur l’Allemagne qui joue une grande influence sur notre pays.

A suivre

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