Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher Un Mot

Articles Récents

Liens

15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 17:35

Commençons par l’extraordinaire réclamation des Américains aux Anglais après la guerre de Sécession. C’est la somme de deux milliards de dollars or ou la cession du Canada.

.

Pourquoi donc les Américains demandent-ils cela ?

.

Lors de la guerre civile, le Nord subit de grands dommages de sa flotte civile, les navires marchands sont arraisonnés, coulés par les corsaires sudistes. Et quels sont ces corsaires qui ravagent ainsi et minent la force Yankee à mal ?

.

Lorsque la guerre civile éclatait, certaines puissances se déclarèrent neutres, ce qui était un bien du point de vue de l’Union, mais pas forcément des Confédérés qui au contraire du Nord, n’était pas très industrialisé mais plutôt agricole. L’Angleterre « Neutre » se trouva à donner son aide, secrètement, au Sudistes. C’est là le différend qui s’éleva entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne à la fin du conflit.

.

Habituellement un tel contentieux entre deux pays aboutissait à un conflit armé, à la guerre. Pas cette fois-ci, puisque l’on préféra l’arbitrage.

Arbitrage (droit)

.

Corsaires

Extrait du texte tiré du livre : Arbitrage de l’Alabama Genève 1872, édité par Ernest Bollinger Service de l’information, Genève, août 1991

.

« L’Angleterre accusée

.

« Si la guerre civile a tellement durée, la faute en incombe à l’Angleterre ; voilà ce que l’on pense trop facilement aux Etats-Unis, la paix une fois rétablie. La « Confédération » rebelle aurait été matée plus vite et à moindre frais si elle avait été privée de l’aide britannique, si elle n’avait pu, surtout, se procurer une vingtaine de navires de guerre anglais – dont le fameux Alabama. L’Angleterre est tenue pour responsable du prolongement des hostilités ; tôt ou tard, il faudra qu’elle expie ! Le vieux ressentiment contre l’ancienne puissance coloniale s’est exacerbé chez les vainqueurs de la guerre civile, qui l’accusent d’avoir sciemment porté un mauvais coup à la grande République du Nouveau-Monde.

.

« En fait, lorsque le conflit américain s’est allumé, l’opinion britannique a pris fait et cause pour le Nord. Le réflexe antiesclavagiste a joué à plein.

.

« La Grande-Bretagne est, en effet, depuis plusieurs décennies à l’avant-garde de l’agitation « abolitionniste ». La cause des planteurs du Sud qui, non contents de pratiquer l’esclavage chez eux, voudraient de surcroît étendre leur répugnant système aux territoires libres de l’Ouest, choque profondément la conscience britannique. »

Alors pourquoi les Anglais ont-ils ainsi aidé les rebelles ?

« Guerre civile et droit de la mer

.

« Dès le début, la guerre civile américaine a pris une extension maritime. Le 13 avril 1861 (un samedi), les Sécessionnistes bombardaient Fort Sumter – dans le port de Charleston – gardé par les troupes fédérales. Quelques jours après cette ouverture des hostilités, le président de la Confédération rebelle, Jefferson Davis, recrutait des corsaires pour attaquer les navires marchands de l’Union. Le président Lincoln ripostait aussitôt en décrétant le blocus maritime des ports sudistes. Or, le 13 mai déjà, le Cabinet britannique reconnaissait aux Sécessionnistes la qualité juridique de belligérants et affirmait en même temps sa neutralité dans le conflit en cours. Ce faisant, il prenait soin de rappeler leurs obligations aux sujets de Sa Majesté. Comme neutres, il leur était juridiquement interdit de s’enrôler sous les drapeaux de l’un ou de l’autre camp, ou d’armer des navires de guerre pour le compte d’aucun belligérant. En retour de cette neutralité, l’Angleterre pouvait escompter mettre son commerce transatlantique à l’abri des incidences directes de la guerre. En effet, suivant les règles du droit des gens, ne pouvaient être saisis (sauf s’il s’agissait de contrebande), les biens neutres transportés sous pavillon ennemi, ou les biens ennemis transportés sous pavillon neutre. En d’autres termes, si la marine de guerre américaine ne réussissait pas à tisser un étroit réseau de surveillance autour des ports insurgés, les « Etats confédérés » pourraient continuer à exporter leur précieux coton, et recevoir en retour des armes, des munitions et d’autres produits stratégiques. En haute mer, le pavillon neutre de l’Union Jack protégerait les cargaisons sudistes ; en dehors de la mince zone du blocus, strictement limité en droit international et soumis à des conditions sévères, elles seraient inviolables. »

.

 

Les conditions pour les trahisons, les faux-semblants, les secrets de polichinelle, sont établis. L’Angleterre y voit les bénéfices qu’ils peuvent en retirer et l’ont étouffent les scrupules.

 Pourquoi Genève ?

 

A quoi faut-il attribuer le choix de Genève comme siège de cet important arbitrage ? Ne cherchons pas trop loin l’explication et évitons les anachronismes flatteurs. Lors de la négociation du Traité de Washington, l’Europe était troublée par un grave conflit armé dont on ne pouvait tout à fait prévoir l’extension. La Suisse offrait un asile propice à une réunion internationale. Et Genève fut essentiellement élue comme étant alors la plus grande ville de Suisse et la mieux dotée au point de vue des liaisons internationales. Ce choix a naturellement contribué, par la suite, au rayonnement de cette cité au dehors, mais il a résulté davantage du caractère helvétique que du caractère international de la ville.

Portraits des capitaines Semmes (en bas) et Winslow (en haut), commandant les navires Alabama et Kearsage (Salle de l'Alabama)

Portraits des capitaines Semmes (en bas) et Winslow (en haut), commandant les navires Alabama et Kearsage (Salle de l'Alabama)

Reproduction du tableau d'Edouard Manet, (Musée des Beaux-Arts à Philadelphie)

Reproduction du tableau d'Edouard Manet, (Musée des Beaux-Arts à Philadelphie)

Combat naval entre la frégate USS "Kearsage" et le navire Confédéré "Alabama", le 18 juin 1864, au large de Cherbourg.

A suivre

Partager cet article

Repost 0

commentaires