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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 17:14

Une section sur les personnalités qui passèrent en faisant halte ou s’établirent, quelque fois définitivement, ou seulement pour un temps, pour un exile, par exemple.

TÊTES ET SILHOUETTES D’ICI ET D’AILLEURS

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Encore que les linguistes en aient décidé autrement, il se trouve de bons Lucernois pour assurer que le Mont-Pilate tire son nom de celui du procurateur de Judée, venu en ces lieux, alors écartés, pour y expier son fameux : « Je m’en lave les mains. » Cette indifférente oraison funèbre du Christ livré, par le gouverneur romain, à la vindicte des notables de Jérusalem…

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Vraie ou fausse, cette croyance s’ajoute à tant d’autres traits relatifs aux errants anxieux des pays étrangers – et même d’outre-mer – venus en Suisse chercher quelque apaisement à leurs permanentes inquiétudes : Byron et Nietzsche, Wagner et Segantini, Goethe et Chateaubriand. Quelques « mauvais sujets » font leur apparition. Le cynique Casanova de Seingalt, qui trouva meilleur… gibier dans une famille ecclésiastique genevoise, flirte avec quelques Lausannoises. Abel Hermant se montra fort turbulent dans l’enceinte du collège Gaillard, de Chauderon, pépinière de jeunes intellectuels bien nés. Il tirera de son passage dans cette école un roman sanglant : Le Disciple aimé. Ses anciens camarades, indignés, se cotisèrent pour racheter (en bloc) cette « infamante » fiction. Ils la mirent héroïquement au pilon. Il n’est pas jusqu’au dramaturge Henry Bernstein, encore adolescent, qui n’ait élu domicile chez un de nos confrères disparus, en les parages de l’avenue de Beaumont. Le future auteur de l’Espoir s’y connaissait, comme pas un, en l’art nocturne de « sauter le mur ». Bien d’autres indisciplinés élirent notre quiète cité pour lieu de leurs frasques : depuis les « Camelots du Roy du Léman » à la blonde « Canada », l’une des espionnes célèbres de la guerre 1914-1918. Cette plantureuse personne ne se souciait nullement de passer inaperçue. Elle opérait, d’ailleurs, au vu de chacun en un grand hôtel d’Ouchy.

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Mais l’accueillante capitale, petite ville entre les grandes villes, ne s’ouvrait pas seulement à des oiseaux exotiques de plumage bariolé. Elle put inscrire dans ses registres des noms moins tapageurs, des « valeurs » plus solides : de Gogol à Tolstoï le père, puis le neveu. Oui Gogol qui, écrivant à Vevey les Ames mortes, s’en venait dîner en quelque hôtellerie du chef-lieu. Il nouait avec ses commensaux des conversations fortes courtoises… Elles partaient, nous assure M. Trofimoff, du pot de moutarde, se haussaient jusqu’au bon apprêt des choux pour atteindre les sereins paliers des idées et des formes. Victor Hugo ne fit que passer. Il présida, à Lausanne, un congrès de la paix bientôt suivi, ô ironie, du conflit franco-allemand de 1870-1871 ; il qualifia la ville de « sibérienne » et lui préféra les hôtels de l’Est lémanique. Byron, pour sa part, logea en l’Hôtel d’Angleterre, le temps de faire sécher ses vêtements trempés par les embruns, au sortir d’une bourrasque dont son bateau, à l’excessive voilure, faillit être la victime. Mais déjà il flambait pour le Prisonnier de Chillon, pour ce Bonivard effronté dont le maître de pension, devant l’âtre, lui conta l’histoire… enjolivée. Que d’autres, que d’autres réfugiés politiques : Miskiewicz, qui rêvait de restaurer le royaume de Pologne, Mélégari et, pendant la récente guerre tant de gens peu orthodoxes : des « collabos » de tout poil à l’honorable Einaudi, futur président de la République italienne. Nous ne prétendons pas être complet !...

La « Maison bernoise » de la rue du Pré, détruite par un incendie en 1909.

La « Maison bernoise » de la rue du Pré, détruite par un incendie en 1909.

Nous aurions mauvaise grâce, cependant, à ne pas mentionner les rois et les reines en exil ; le chef-lieu vaudois s’en fait, révérence parler, la spécialité. Il hébergea successivement, dans les seuls temps des XIXe et XXe siècles : l’impératrice Marie-Louise de France, (avec intermède dont l’héroïne fut Joséphine de Beauharnais arrivée de l’auberge genevoise de Sécheron). Nous avons rappelé, déjà, le séjour des trois frères de Napoléon : Joseph, Jérôme, Louis. La femme de Jérôme, ex-souveraine de Westphalie (Catherine de Wurtemberg) mourut en la campagne de l’Avant-Poste en 1835. Elle fut devancée dans l’au-delà par la reine Frédérique de Suède, décédée en « Villamont » au mois de septembre 1826.

 

Dans les années 1830 à 1845, Lausanne donna asile à bon nombre de royalistes français exilés sur les pas du roi Charles X : les La Rochejaquelein, les La Tour du Pin, les La Ferronay, sans oublier Mmes de Charrette et de Lucinge, filles morganatiques de l’infortuné duc de Berry. [L’auteur ne citant pas les prénoms, ou quelques dates pouvant faire référence, il est difficile de savoir qui ils sont !] En 1838, un séjour du prince Louis-Napoléon (bientôt empereur) inquiéta une fois de plus l’opinion. Mise au courant de la constitution d’un corps expéditionnaire français, la Diète mobilisa des troupes confiées au général Guiguer de Prangins. Incident mineur, Louis ayant quitté notre pays.

 

Dans des temps plus proches de nous, installation à Lausanne de la famille royale d’Espagne, la reine Victoria-Eugénie résidant toujours (en 1964) dans une villa de la pente ombragée de l’Elysée. Le prince héritier d’alors, comte de Barcelone, se fit des amis à Lausanne, tout de même que le duc de Ségovie et don Jaime ses frères. Jaime épousa, à l’église d’Ouchy, une belle créole en présence de l’ex-roi Ferdinand de Bulgarie et de l’ex-reine Amélie de Portugal. (Le jeune prince devait périr accidentellement en Amérique.) [Si je pouvais savoir qui est le jeune don Jaime. Qui peut m’en dire plus ?]

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