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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 19:18

- Cependant, et en dépit de ces événements considérables, la vie mondaine se développe à Lausanne. De nombreux visiteurs étrangers se pressent dans les murs de la petite ville, notamment Voltaire et Gibbon, et reçoivent des habitants, contre argent sonnant, une hospitalité appréciée de part et d’autre.

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- Dès 1789, la Révolution française poussa son vent brûlant jusqu’au Pays de Vaud. Certes, des réfugiés français arrivés à Lausanne mirent leurs hôtes en garde contre les excès révolutionnaires. Mais des proscrits vaudois habitant Paris (Frédéric-César de La Harpe) agiront en sens contraire. Certaines demandes des « Occupés » n’ayant pas eu l’approbation des Excellences de Berne, la France contribue à la libération vaudoise en envoyant, sur les bords du Léman, les troupes du général Ménard.

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- Le 24 janvier 1798, l’indépendance est proclamée au chef-lieu et dans les centres. Les baillis doivent quitter le pays. L’assemblée provisoire des députés vaudois se réunit à l’Hôtel de Ville de Lausanne. Un homme d’opinion assez avancées, Henri Monod, prend le pouvoir et remplace l’honnête mais timide Henri Polier.

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- Années difficiles pour la jeune république. Il lui faut faire face aux intrigues et, même, aux forces des partisans vaudois de Berne ; pallier d’autres divisions intestines : par exemple la guerre des « Bourla-Papey » (des brûle-papier), troupes paysannes acharnées à détruire les titres féodaux (1802).

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- La situation se compliqua lorsque vint s’installer à Lausanne (1802) le Directoire helvétique chassé de Berne.

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C’est alors que Bonaparte, hôte naguère de Lausanne et sagace observateur d’un peuple qu’il n’avait fait qu’entrevoir, promulgua (10 février 1803) l’Acte de médiation. Cet édit donnait à la Suisse un régime stable, faisait du pays une Confédération d’Etats souverains. Vaud est partie désormais de cette Ligue. Un gouvernement exécutif s’installe en l’ex-château des évêques. Un Grand Conseil législatif commence de légiférer le 14 avril 1803.

- Le très jeune Etat, dès lors, avait sa monnaie, ses péages, sa poste, ses milices. Ce régime subit, en cours de siècle, diverses modifications. La Suisse fédérative reprit les régales. En 1874, l’armée suisse remplaça définitivement les troupes levées dans le cadre étroit des cantons, ceux-ci conservant, sous l’angle militaire, des droits d’urgence (en cas de troubles, par exemple).

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- Aux modifications constitutionnelles s’ajoutent des luttes entre partis politiques vaudois : libéraux et radicaux. Cela ne ralentit pas le développement de Lausanne où les nouveaux édifices se succèdent, sacrés ou profanes. En particulier (1886), on inaugure le palais du Tribunal fédéral, sur Montbenon, transféré et reconstruit plus tard (inauguration en 1927) à Mon-Repos. L’Ancienne Académie est transformée en Université (1888-1891) logé partiellement dans le palais de style plus ou moins néo-florentin de la Riponne (legs de Gabriel de Rumine).

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- La population, plusieurs siècles durant limitée – en dépit d’un train de vie assez séduisant pour attirer les étrangers – à 8000 ou 9000 habitants, est passée à l’effectif de 13.000 en 1810 ; à 21.000 en 1865 ; à 33.000 en 1890 ; à 68.000 en 1920 ; à 79.000 en 1930 pour atteindre, de nos jours (1964), le chiffre grosso modo de 140.000.

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[Population au 31 décembre 2015, 135.629. l’agglomération lausannoise, compte aujourd’hui : 402.900 habitants.]

Et la progression va s’accentuant.

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Ainsi la modeste capitale noyée dans la verdure, peinte et dépeinte par les imagiers et par les cartographes, mais restée à peu près immuable de 1337 à 1798, devint une « petite grande ville » en pleine extension. Le temps n’est plus où dans les lieux déserts quelques silex, des outils de la pierre polie, des objets votifs reposant dans des tombes attestaient seuls la présence sporadique de la vie. Le peuple vaudois va s’appliquer, contre les vents et les marées de l’Histoire, à durer.

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Tiré de : Quand Lausanne nous est conté… par Jean Nicollier, Editions SPES Lausanne, 1964

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