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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 17:28

Toponymie, lieux-dits et chemins lausannois

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Les méthodes d’investigation des policiers lancés sur les traces de délinquants madrés se sont perfectionnées. À bon droit, l’Université de Lausanne compte, au nombre de ses instituts, celui de « la police scientifique ».

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Parallèlement, l’historien étend son système d’exploration du passé. S’il cherche, bien entendu, à connaître les faits, à les grouper. S’il s’exerce, part d’eux, à d’efficaces recoupements, il apprécie, à présent, les indications de la « toponymie ». En d’autres termes : de la science des noms de lieux et de l’étymologie de leurs désignations.

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La toponymie de Lausanne et celle du canton se révèlent riches, mais compliquées. Nos peuples, en effet, ont vécu sous les dominations successives des Celtes et des Ligures, des Romains, des Burgondes, des Francs, des Savoyards, des Bernois enfin. Ils ont subi à l’occasion des influences bourguignonnes… On s’en doute : le terrain de chasse est épineux ; le patois, aujourd’hui remis en honneur, ne se tenant pas constamment à l’écart de ce concert verbal.

Vue sur l’ouest de Lausanne et la Côte au milieu du XVIIIe siècle, gravée d’après un dessin exécuté par C. de Saussure et dont l’original appartient au Musée du Vieux-Lausanne.

Vue sur l’ouest de Lausanne et la Côte au milieu du XVIIIe siècle, gravée d’après un dessin exécuté par C. de Saussure et dont l’original appartient au Musée du Vieux-Lausanne.

Dans nos contrées, la plus ancienne série – la plus profonde couche – de noms est celtique. Se superposent à ce sous-sol, les appellations gallo-romaines, de beaucoup les plus nombreuses. Au-dessus, c’est le vocabulaire dû aux Burgondes (invasion au début du Ve siècle ap. J.-C.), avec quelques éléments du parler des Alamans brochant sur le tout. On le voit : les défricheurs de cette brousse linguistique n’ont pas la tâche facile. C’est pourquoi, en plus d’un cas, ils progressent avec circonspection, émettent des hypothèses que le temps n’a point toujours ratifiées.

 

À Lausanne, les « chemins » ne font pas défaut. Les « rues » non plus, d’ailleurs. Encore cette discrimination n’est-elle nullement décisive. Les ingénieurs pourraient être amenés à ranger dans la première catégorie des voies courtes, bordées de verdure, ayant conservé, en somme, une part de caractère rustique. La rue, au contraire, paraît avoir, de prime abord, tous les motifs d’être étendue, large, enfoncée en plein quartier citadin.

La Porte-d’Ouchy à la Grotte (bordure sud de la place Saint-François), d’après un dessin de Charles de Seigneux exécuté en 1829, année de la démolition de cette portion des anciens remparts.

La Porte-d’Ouchy à la Grotte (bordure sud de la place Saint-François), d’après un dessin de Charles de Seigneux exécuté en 1829, année de la démolition de cette portion des anciens remparts.

Le château et le parc de Beaulieu au XVIIIe siècle, d’après une lithographie de Spengler.

Le château et le parc de Beaulieu au XVIIIe siècle, d’après une lithographie de Spengler.

Un examen, même rapide, de la carte nous engage à nuancer nos jugements. Il y a des rues beaucoup plus courtes que certains chemins (ainsi Chaucrau, Mathurin-Cordier, l’Ale, la Tour…) Par contraste, les chemins Eugène-Grasset, du Boisy, de Boston, du Levant (pour ne citer que ceux-là) dépassent par la longueur quantité de rues creusées en plein cœur urbain. Et ne les confondons pas avec certaines sentes privilégiées où l’on respire, encore, les parfums des feuilles et les odeurs des foins mûrs. Le chemin, de nos jours, dessert bien souvent des quartiers populeux tout hérissés de cages à habiter : de « clapiers » ainsi que les dénomme un insolent de mes amis.

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