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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 18:34

Chailly ? Ex-domaine d’un Carl ou d’un Carolus. Rovéréaz, nom de famille noble aujourd’hui éteinte, doit plaire aux forestiers : en effet Rouveires, c’est la chênaie. Et qui refusait jadis de muser sous les rosiers… de la Rosiaz ?

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Voici Pully, ravissant village passé au rang de ville et qu’un malveillant chercheur voulut doter de marécages (breton : poull). En réalité le suffixe de la forme ancienne Pulliacum implique un nom d’homme. Pully fut le fief, tout bonnement, d’un propriétaire romain nommé Pollius. Le Mont àgrène ses demeures sur des hauteurs agrestes et Prilly (Presliacum) était le domaine d’un Preslius des âges romains.

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Querelles d’augures autour de l’appellation du port de Lausanne : pour les uns Ouchy fut primitivement la propriété d’un Oscius ; pour d’autres, il était riche en osches (prairies plantées de saules).

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Le groupe des bateliers et pêcheurs réunis à l’ombre d’une tour plus modeste que sa réplique moderne, se nomma longtemps Rive (Riva) puis Riva de Oscis. Le Dictionnaire historique du canton de Vaud croit que l’actuel Ouchy porta les noms d’Oschie, d’Oschiaci et d’Ochiez. Un membre d’une « gens » romaine (celle à laquelle se ralliait l’empereur Trajan) aurait possédé un lopin sur les bords du lac. Il est piquant de rappeler que primitivement Ouchy baptisa une zone étroitement comprise entre Rongimel (dans la partie ouest de l’avenue de Montchoisi) et le carrefour dit de la Croix-d’Ouchy.

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On le voit : originaux en diable, avec leur « commune libre » et leurs Pirates, les gens d’en bas s’arrangèrent, donc, des insomnies aux linguistes scrupuleux.

L’ancien hôtel de ville du Pont, vu du côté Pépinet et dessiné par Charles Vuillermet avant sa démolition en 1870.

L’ancien hôtel de ville du Pont, vu du côté Pépinet et dessiné par Charles Vuillermet avant sa démolition en 1870.

Les chemins : Amérique et Provence

La magie des vieux noms exerce encore son empire. Les sentiers enfouis dans les arbres ont bien pu disparaître. Les bergers à lourds manteaux, à tricorne, les pieds chaussés de cuir noir à boucles d’argent, ne subsistent que sur les estampes ou les lavis des petits maîtres d’autrefois… Pourtant, nous osons rêver encore, même si de hautes façades géométriques enserrent d’humbles venelles, promues brutalement au rang d’autodromes. Ah ! le progrès : ce dieu en « trench-coat », qui n’a ni cœur, ni sens, même pas cet équilibre tranquille nommé « le bon sens ». cette sagesse dont nos pères, entre deux recettes de cuisine, gravaient les maximes sur les feuillets fanés des « livres de raison ».

 

Ne blâmons pas les vieux arpenteurs d’autrefois lancés, à vitesse modérée, sur la piste des appellations moins contrôlées, en apparence, que celle des vins, si souvent frelatés, de ce temps.

 

Prenons, en nous gardant des écraseurs, le chemin de Boston partant de la place Chauderon (percée de tunnels) pour aboutir à la rue de Genève. Que vient donc faire, sur la modeste galère lausannoise, cette voie de consonance américaine ? Eh bien ! c’est quelque chose comme un petit roman. « Il y avait une fois » un brave Lausannois piqué du démon de l’aventure lointaine. Il s’expatria pour s’aller fixer dans la cité, alors déjà importante, de Boston (Massachusetts). Son escarcelle bien garnie, il regagna sa petite cité natale pour y cultiver un domaine de la région du Galicien, baptisée naturellement en Boston. Reliées à la ville par une route dite « de Malley », les terres de « Boston » furent peu à peu morcelées. Mais en 1915, l’autorité municipale donna à certain passage en oblique le nom de chemin de Boston de préférence à celui de Malley.

 

Et voici, par contraste, au nord-est de l’agglomération lausannoise, une avenue quiète, le chemin de Clamadour, partant de l’avenue Ruffy pour aboutir en pleine région des Fauconnières. Clamadour ! Cela ne sonne guère « vaudois ». À nous Daudet, son moulin, ses cigales et le « tutu panpan » des tambourinaires armés de flûtiaux ! Avec raison : Clamadour fut le nom d’une maison de vacances du Midi français appartenant à un Lausannois, lequel fit essaimer cette désignation sonore jusqu’au clos qu’il posséda aux lieux mêmes où le nouveau passage public est foré.

 

S’il n’y avait que le prestige du vocabulaire étranger ! Mais non ! Le chemin des Egralets, très « pentu », relie l’avenue Davel à l’avenue Druey. Il est dérivé du patois Egra (l’escalier).

 

Plusieurs de ces routes secondaires, tracées récemment, sont sans issue. Le texte comminatoire qui informe le passant de cet état de fait, repose en général sur un panneau mural, à l’entrée de l’impasse. On préfère, d’ailleurs, cette sèche précision à l’avis un temps fréquent : « Attention, chien méchant ! » que des résidents ombrageux prenaient plaisir à placer sous le nez des intrus, même si ces suzerains ne possédaient qu’un chien en peluche (cela s’est vu).

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