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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 17:23

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La description que je vais vous donner est tiré d’un guide touristique : « Guide Romain de la Suisse », publié par Payot Lausanne, 1975

Augusta Rauricorum, ou Augusta Raurica, doit son nom à une petite tribu celtique, les Rauraques, qui étaient installés dans cette région avant l’arrivée des Romains. Ils furent défaits par les légions de César, en même temps que les Helvètes, à la bataille de Bibracte, en 58 av. J.-C., et furent alors renvoyés sur leur territoire. Mais peu après, une troupe armée de Rauraques rejoignait les rangs de Vercingétorix, qui, en 52 av. J.-C., appelait les tribus gauloises à la révolte contre les légions de César. Pour prévenir toute sédition de la part des Rauraques, le général romain Lucius Munatius Plancus établit au milieu de leur territoire une colonie de légionnaires vétérans, vers 44 av. J.-C.

Au moment de son apogée, Augusta Raurica comptait 20 000 habitants ; c’était une vraie cité romaine : elle possédait un théâtre, un amphithéâtre, sept temples, deux thermes publics, une basilique, deux forums, un aqueduc, et ses rues d’habitation s’ordonnaient selon un quadrillage régulier. Dans tout l’Empire, la ville était renommée pour ses jambons fumés, son lard et ses saucisses. En 259-260 apr. J.-C., les Alamans brûlèrent la cité, qui ne fut plus jamais reconstruite. Une partie des anciens habitants – un ou deux mille – bâtirent non loin de là une petite ville, sur les lieux de Kaiseraugst, lorsque les légions romaines réoccupèrent la frontière du Rhin. Une bonne partie d’Augusta Raurica a échappé au pillage du Bas-Empire et du moyen âge, offrant ainsi au visiteur une image suggestive de ce qu’elle avait été aux belles heures de l’Empire.

Il est recommandé de commencer la visite par le musée, à gauche en arrivant on y expose les découvertes des fouilles entreprises dans la cité, ainsi que le grand trésor d’argenterie de Kaiseraugst ; ce trésor, découvert dans l’ancienne citadelle romaine au bord du fleuve, comprend des pièces de monnaie, des médailles et un service de table en argent – grands plats, coupes et cuillères. Un Romain fortuné a dû enfouir ces richesses vers 360 apr. J.-C., au début de l’une des campagnes de l’empereur Julien contre les Alamans. Des maquettes de différents quartiers de la cité sont également exposées dans ce musée, ainsi que de nombreux objets abandonnés lors de l’incendie de 259-260 apr. J.-C. Juxtaposée au musée, une villa provinciale romaine a été reconstruite et meublée en tenant compte des découvertes faites dans d’autres villas du même type sur le Plateau suisse. [La visite virtuelle de la villa est à découvrir sur le site Web, ici.]

De l’autre côté de la route se trouve le théâtre ; c’est le plus important vestige romain d’Augusta Raurica et probablement même de toute la Suisse. Ce théâtre, en demi-cercle, fut reconstruit dans son dernier état vers 150 apr. J.-C. Il pouvait contenir environ 8000 spectateurs, et des troupes itinérantes d’acteurs y jouaient des pièces grecques et romaines. Autrefois l’édifice, recouvert de stuc blanc, étincelait au soleil ; aujourd’hui, seul apparaît encore le mur dénudé, mais l’effet de cette masse grise n’en est pas moins impressionnant. Depuis les années trente, un travail considérable a été entrepris pour la restauration et la conservation du théâtre.

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[J’ouvre ici une parenthèse, sur le pourquoi tant de travaux de sauvegarde des vestiges archéologiques, partout dans le monde, sont entrepris aux alentours de 1930. Le 4 novembre 1922, Howard Carter, découvre le tombeau de Toutankhamon et c’est l’explosion des merveilles qui envahissent les journaux du monde entier. Depuis ce moment, on fouille partout et on restaure les ruines, ce que feront nos savants archéologues suisse. Il fallait faire briller le passé et trouver des possibles trésors encore caché. Tel a été le cas à Avanches, en avril 1939, avec la découverte du buste de Marc-Aurèle. Surtout, que l’enseignement qu’a montré H. Carter, lors de ses fouilles, la rigueur et l’aspect primordial de conservation du site, incitèrent les archéologues du monde à mieux faire leurs travaux de fouilles.]  

Cependant, on a laissé pousser librement les arbres sur les gradins supérieurs, conservant aux ruines une apparente pérennité. Certains mois d’été, le visiteur peut assister à un spectacle classique monté sur la scène romaine. Ainsi encadré de verdure et de murs effrités, le spectacle prend des dimensions nouvelles, sans comparaison avec le cadre d’un théâtre moderne.

 

Si l’on se trouve sur les gradins, on remarque une ouverture dans le mur de l’arrière-scène ; derrière cette ouverture, qui faisait partie de la scène primitive, un large escalier gravit un terre-plein sur lequel s’élevait autrefois un temple entouré d’un portique à colonnade corinthienne. L’idée géniale d’utiliser un temple comme fond de scène d’un théâtre classique se retrouve au forum d’Aventicum (Avenches) et à Ostie, en Italie.

Vue aérienne du théâtre d’Augst

Vue aérienne du théâtre d’Augst

La photo ci-dessus met en évidence les éléments faisant partie du théâtre proprement dit. Cependant, à la place des gradins inférieurs et de l’orchestra semi-circulaire du théâtre s’étendent les reste des gradins de l’arène ovale d’un amphithéâtre.

 

Cela s’explique par le fait que, pendant une certaine période, le théâtre d’Augst servit aussi bien aux représentations théâtrales qu’aux combats.

Le temple d’Augst

Le temple d’Augst

Ce temple, dit temple de Schönbühl, a été construit dans le même axe que le théâtre ; on y accédait par un large escalier.

Théâtre et temple, à Ostie

Théâtre et temple, à Ostie

Par Livioandronico 2013 — Travail personnel.

Quitter le théâtre par l’un des couloirs souterrains, comme l’aurait fait un Romain il y a 1800 ans ; prendre, derrière le théâtre, un chemin partant de l’autre côté de la route. A droite de ce chemin se trouve une maison jaune ; des fouilles ont révélé qu’elle a été construite sur les vestiges du temple de Jupiter qui s’élevait sur le forum principal d’Augusta Raurica. Ce temple, actuellement recouvert, se trouvait à l’une des extrémités de cette grande place rectangulaire pavée de grès rouge.

A suivre...

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