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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 17:09

L’Exil

Briare, 21 avril

Nous avons roulé toute la journée dans la « Dormeuse », la berline où l’Empereur a son lit, tirée par six chevaux, accompagnés de cinquante cavaliers. Devant nous, il y avait une première voiture avec les généraux Cambronne et Drouot, et, derrière nous, un général autrichien, un russe, un prussien et un colonel anglais qu’on appelait Sir Campbell. (Le lien vous conduira sur Wikipédia en anglais, compréhensible !)

Lyon, 23 avril

Ce sont des cosaques et des hussards autrichiens qui, à Villeneuve, ont remplacé l’escorte française, mais l’Empereur refuse de traverser la France sous la protection de troupes étrangères, et à Roanne, casaques et hussards ont fait demi-tour. Il y eut des acclamations sur la route et même à Roanne, on entendait encore crier « Vive l’Empereur ! ». A Lyon, ce sont les troupes autrichiennes qui ont rendu les honneurs. Nous avons dormi dans cette ville que nous avons quittée avant l’aube. Il paraît que Madame Mère et le cardinal Faesch étaient au bord de la route.

Famille Bâloise, le Cardinal est né en Corse et est l'oncle de Napoléon.

Famille Bâloise, le Cardinal est né en Corse et est l'oncle de Napoléon.

C’est à Montélimar que j’ai entendu pour la première fois les cris de « Vive le roi ! » se mêler aux cris de « Vive l’Empereur ! ». Mon maître déjeune avec MM. Bertrand et Drouot et arrose d’un verre de chambertin un fricandeau et des asperges. C’est depuis là que les choses se gâtent : à Donzère, les individus se jettent devant nous en criant « A mort le tyran ! »

Aix, le 27 avril

Le voyage à travers la Provence a été terrible. Du haut de mon siège, j’ai dû entendre les clameurs d’une foule en colère dans chaque village que nous traversions ; on disait : « Livrez-nous le Corse ! » ou encore : « Napoléon à la potence ! ». Entre Avignon et Aix, nous étions partout en danger.

Nous avons réussi à repousser des groupes d’assassins et d’aventuriers qui, dirigés par un certain Mollot, ont tenté à plusieurs reprises de renverser la Dormeuse et de s’emparer de l’Empereur, les armes à la main.

J’ai eu la chance de braquer le pistolet que m’a donné l’Empereur sur Mollot, le chef de bande, et nous avons pu, aidés par le maréchal Bertrand et le général Drouot, protéger notre maître jusqu’à l’arrivée de la garde urbaine.

A suivre

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