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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 16:10

Golfe Juan, 1er mars 1815

La belle princesse Borghèse a dit quelque chose que je n’ai pas bien compris : l’Histoire aurait changé si le nez de la comtesse Miniaci avait été plus court ! Cette comtesse, il paraît qu’elle était ravissante, et le colonel Campbell qui surveillait l’Empereur à l’île d’Elbe avait perdu la tête pour elle. Comme elle ne voulait pas se rendre dans l’île, ils se donnaient rendez-vous à Livourne ou quelquefois à Florence ou à mi-chemin, à Lucques.

Le 25 février, l’Empereur donnait un grand bal en l’honneur de sa sœur Pauline, et toutes les dames de l’île rêvaient d’y assister. Pendant ce temps, les 400 hommes de la garde s’apprêtaient à monter sur « L’Inconstant » avec Bertrand, Cambronne et Drouot. Toute la journée, nous avions guetté le retour de la frégate « Partridge ».

A cinq heures du soir, le 26, nous avons levé l’ancre, la nuit est tombée très vite. Le deuxième jour, nous avons aperçu un navire de guerre. Il arborait un pavillon français et il était maintenant assez proche pour que l’on puisse conserver par haut-parleur. Le « Zéphyr » demanda où nous allions. Le capitaine de « L’Inconstant » répondit : « à Gênes » et demanda si l’on avait des commissions pour ce port. Le « Zéphyr » demanda encore d’où nous venions. « De l’Ile d’Elbe » répondit le capitaine.

Le « Zéphyr » demanda alors comment se portait l’Empereur. Là-dessus le « Zéphyr » s’éloigna et le lendemain, 1er mars, nous débarquions, à trois heures de l’après-midi au Golfe Juan. L’exil avait duré 9 mois et 22 jours.

Sisteron, dimanche 5 mars 1815

L’Empereur avait craint que la citadelle ne lui barre la route. C’est une ville très belle et très impressionnante, mais tout s’est bien passé.

L’Empereur a déjeuné tranquillement rue de la Saunerie, et nous riions tous en pensant que le pauvre colonel Campbell devait encore tourner avec sa frégate autour de l’Ile de Capraia ou de Monte-Cristo.

Peut-être s’imaginait-il même que l’Empereur se cachait en Corse. Il fait très froid. Demain, nous reprenons la route de Grenoble.

Napoléon fait ses adieux à l'ìle d'Elbe

Napoléon fait ses adieux à l'ìle d'Elbe

Paris, avril 1815

On est en train de tout réorganiser dans Paris : Louis XVIII avait quitté les Tuileries le 19 mars, on le disait à Gand, mais ici, tous les hauts fonctionnaires étaient en fuite. On effaçait les Aigles et les Abeilles. Enfin pas tous, l’Empereur avait rappelé Fouché comme ministre de la police et il avait reçu le comte de la Valette. M. de la Valette était l’aide de camp de Bonaparte en Egypte et il l’avait marié avec Emilie de Beauharnais, puis nommé directeur des postes.

J’avais toujours cru que la correspondance était placée sous le signe du secret, mais Constant avait souri, m’expliquant que les lettres étaient une trop précieuse source de renseignements pour qu’on la négligeât, et l’Empereur devait être en effet bien satisfait de son directeur des postes pour qu’il le fasse grand officier de la Légion d’Honneur et comte d’Empire.

J’ai apporté du café pendant l’entrevue et j’ai reconnu M. de la Valette, parce qu’il est petit et ventru et qu’il a le visage vérolé. L’Empereur était de belle humeur, il lisait tout haut les titres du Moniteur, journal officiel que le ministre lui avait apporté.

  • L’ogre de Corse vient de débarquer au Golfe Juan…
  • Le tigre est arrivé à Gap…
  • Le monstre a couché à Grenoble…
  • Le tyran a traversé Lyon…
  • Bonaparte est à quarante lieues, mais il n’entrera jamais à Paris…

(Et soudain, changement de ton !...)

  • Sa Majesté Impériale a fait son entrée hier aux Tuileries au milieu de ses fidèles sujets… !
L'Empereur en avril 1815

L'Empereur en avril 1815

A suivre

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