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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 17:37

Sainte-Hélène, décembre 1815

Ce qui exaspère l’Empereur, c’est cette surveillance continuelle : le capitaine Poppleton a les yeux partout. Au coucher du soleil, un cordon de fonctionnaires, placés de dix pas en dix pas, investit les bâtiments et le jardin. Ils sont relevés toutes les heures, et leur consigne est de tuer même les imprudents !

Heureusement, dans la journée, il peut se promener et il a fait même une découverte : en contrebas de Hutt’s Gate, il a trouvé au fond de la vallée, une petite source sous les saules. Il a dit fièrement que c’était à cause de la présence des saules qu’il aime l’eau.

Sainte-Hélène, janvier 1816

Au cours de longues journées d’exil, j’ai pu constater maintes fois son extraordinaire mémoire. Un après-midi qu’il se promenait dans le jardin, la main derrière le dos, il m’interpelle : « Ce que j’ai fait pour ton pays de Vaud, je l’ai fait pour la Préfecture Helvétique d’Argovie : en octroyant l’Acte de Médiation à la Suisse, j’ai arrondi l’Argovie, je l’ai agrandie de Bade, du Freienant et du Frickthal pour que l’Argovie devienne un canton indépendant de la nouvelle Confédération. Le meilleur des Argoviens était Jean Herzog, le bourgmestre, j’aurais pu le faire Baron de Hohenlinden tant il aida Moreau dans sa campagne du Rhin.

Les jardins de Longwood

Les jardins de Longwood

J’ai cru pouvoir faire confiance à son voisin, le Bernois Charles-Louis de Haller, quand il m’a été envoyé en 1797 à Milan, puis auprès du Directoire à Paris, mais je pense que c’est la mauvaise influence de Mme de Staël qui lui a fait tourner casaque. Il n’a cessé de m’attaquer dans sa feuille, « Annales Helvétiques ».

Plus tard, à Vienne, il publia « Lequel vaut le mieux de la Paix ou de la Guerre avec la France », un livre dans lequel il démontrait que la paix n’était possible que par la destruction de la suprématie de la France. Haller était un homme remarquable, mais pour moi, un ennemi. Les Suisses devraient m’être reconnaissants !... L’un d’entre eux en particulier !

Si certaines régions suisses purent, en effet, être reconnaissantes à Napoléon, il est hors de doute que le pays souffrit terriblement de l’occupation française, du rançonnement, du recrutement, puis du blocus continental. C’est le trésor de Berne et les rançons des grandes cités qui financèrent la campagne d’Egypte : en 1798, par exemple, le plus gros contribuable de Zurich, Jean-Henri Meyer de Stadelhofen, versait les deux cinquièmes de la rançon imposée par la République Française, et sa famille, quelques mois plus tard, paiera encore à Masséna d’autres énormes sommes. H.M. de Stadelhofen.

A suivre

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