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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 17:41

Sainte-Hélène, avril 1818

Petit drame domestique : le dîner de l’Empereur a été servi froid, Sa Majesté a refusé d’y toucher et s’est retirée dans son appartement sans regarder Cipriani, le maître d’hôtel.

L’Officier de Bouche s’est justifié. Les fourneaux sont en très mauvais état et la réserve de bois est si humide, les rats grignotent tout. Il pleut depuis deux jours, et toutes les cuisines sentent le moisi.

Ceci se passait peu après midi et un peu après une heure, on vit arriver deux soldats anglais, apportant dans des plats de métal, des mets recouverts de serviettes chaudes.

Un sergent britannique salua et tendit un menu joliment écrit :

« With Sir Lowe’s compliments ».

Chicken soup

Fresh duck liver « pâté » with fresh vegetables

Roast lamb on bed of water cress

«Avec les compliments de Sir Lowes».
Soupe au poulet
Pâté de foie de canard frais aux légumes frais
Agneau rôti sur lit de cresson

Ce cérémonial nous surprit à peine ; nous savions tous que Hudson Lowe avait des espions partout. J’allais frapper à la porte de l’Empereur pour lui proposer de venir à table, mais il s’écria : « Renvoyez tout ! »

Cependant, tous les mets avaient été déposés dans l’antichambre, Mme de Montholon avait soulevé les serviettes et grignotait :

« Il faudra bien renvoyer à regret toute cette cuisine anglaise, mais je ne vois pas pourquoi nous ne gardions pas ce « pâté », puisque nos hôtes anglais n’ont pas été fichus de traduire ce mot bien à nous.

Le système d’espionnage de Lowe devait bien fonctionner pour qu’il soit aussitôt au courant des problèmes d’intendances.

Une info du jour parue dans le journal.

Jean-Abraham Noverraz nous dit dans son journal…

A suivre

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