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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 17:24

Sainte-Hélène, juillet 1818

Une belle ville, mais chère (déjà !), nous a raconté l’Empereur en parlant de Genève où il était arrivé le 9 mai à trois heures du matin. Pour éviter les honneurs et les arcs de triomphe, il avait exprès soupé et couché à Nyon et il est arrivé de nuit à Genève, par Cornavin. A six heures du matin, les autorités étaient au courant et faisaient tonner les canons.

J’ai assisté au départ des navires chargés de munitions, d’un million de rations de biscuits, de 100'000 boisseaux d’avoine, de 125'000 pintes d’eau-de-vie ! Genève, a dit l’Empereur, m’a semblé compter autant de savants que de jolies femmes. Nota : 125’000 pintes = 71’032 litres, 100'000 boisseaux = 3636.800 m3.

Malheureusement, Horace Bénédict de Saussure était mort quelques mois auparavant. Il logeait à la maison de Saussure à la rue des Granges. Chez le préfet du département du Léman, Eymard, on lui présenta magistrats et savants. MM Maurice, le recteur d’Académie Boissier, Achard, Trembley, Pictet.

Genève 1841

Genève 1841

Il se souvient aussi d’un savant qui lui avait indiqué le moyen de se faire à soi-même un cadran naturel pour savoir quelle heure il est sans avoir de montre, avec simplement la main gauche tendue bien horizontalement au soleil.

Il se souvient encore du syndic Gervais prétendant que les Genevois regrettaient leur indépendance. Le Premier Consul lui rétorqua que les Genevois eux-mêmes se disputaient sur le statut politique du pays avant leur réunion à la France. Il expliqua aux magistrats que le commerce de leur ville allait grandement bénéficier de ce qu’il allait rouvrir et améliorer les grands passages des Alpes. Il tenta de convaincre les autorités que Genève avait tout avantage à partager le sort d’une grande république. Il se souvient encore de son entretien avec Necker, le ministre des finances de Louis XVI.

Il garde une grande estime pour le savoir des Suisses en matière de finance, rappelant le rôle de Biedermann, le banquier zurichois dans les fournitures d’armée et celui de Rodolphe-Emmanuel de Haller, le banquier bernois pour qui il avait une estime particulière. Il se souvient d’avoir parlé mathématiques et chimie avec des savants, mais se rappelle en même temps des choses plus terre à terre : il évaluait à 10'000 paires de souliers l’usure provoquée par le passage des cols, il répète que Genève était chère parce que Berthier qui louait un logement à la maison Picot près du Temple Neuf, payait vingt louis par mois et qu’à Genève, on payait 5.15 fr. la paire de souliers !

Il se souvient encore d’avoir vu des bijoux et de bien belles montres qui auraient fait des cadeaux pour une femme aimée, mais qu’il était plus économique de calculer l’heure avec son bras tendu.

Montres chinoises Patek Philippe, vers 1820-1825

Montres chinoises Patek Philippe, vers 1820-1825

A suivre

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