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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 17:15

Sainte-Hélène, août 1819

Je me suis rendu ce matin à Jamestown pour faire le marché et j’ai assisté au débarquement de marchandises apportées par un gros navire qui ne peut pas s’approcher à cause des vagues et du vent. Ce sont de petites barques qui font la navette et on utilise des sortes de palans. Chaque marin est contrôlé, chaque passager, longuement interrogé. La hantise du gouverneur, c’est l’évasion de l’Empereur ! A Longwood, on en parle à mots couverts. Aly et Marchand croient que des bonapartistes ont réussi à s’infiltrer ici.

Qui sont-ils ? Peut-être déguisés en valets, en jardiniers ou en cuisiniers ? Que préparent-ils ? Comment imaginer une évasion ?

Déjà, en 1815, le capitaine d’un vaisseau venant des Indes, a proposé au Grand Maréchal de conduire l’Empereur en Amérique, moyennant un million payable après la réussite. Le projet le plus insistant fait état d’un flibustier du nom de Laffitte qui règne sur une île et une véritable flotte, quelque part dans le Sud de l’Amérique.

Je sais par M. de Montholon qu’en 1817, un navire venu du Cap a croisé au large et qu’une embarcation a attendu sur une petite grève du côté opposé à Jamestown.

Le bruit a couru aussi qu’un ami du docteur O’Meara a dépensé une fortune pour construire une sorte de bateau sous-marin.

Le flibustier Laffitte.

Portrait anonyme du début du XIXe siècle traditionnellement considéré comme représentant Jean Lafitte ; Rosenberg Library, Galveston

Portrait anonyme du début du XIXe siècle traditionnellement considéré comme représentant Jean Lafitte ; Rosenberg Library, Galveston

Sainte-Hélène, septembre 1819

Ici, tout devient événement. La chose la plus importante, c’est l’arrivée d’un navire avec des livres et surtout des nouvelles du monde, mais c’est trop rare. Nous avons offert un prix au Chinois qui tue le plus gros rat. L’Empereur ne joue plus guère aux échecs et au piquet, du reste, il est furieux quand il perd. Hier, le docteur O’Meara nous a tous intéressés en nous racontant qu’on avait ramené un noyé à la vie, c’était un matelot d’un vaisseau anglais tombé par hasard dans l’eau au large de Jamestown, et il était bien resté sous l’eau une bonne demi-heure. On l’avait repêché, déshabillé et frotté avec du sel, surtout à la poitrine et autour des tempes, et, au bout de quelque temps, le noyé a donné signe de vie, et quatre heures après, il était en état de marcher.

Le docteur Antomarchi (François Antommarchi) a proposé de faire la même expérience sur des chiens ou des chats, mais l’Empereur s’y est opposé. Le docteur O’Meara a entendu parler d’autres moyens : il faut verser dans la bouche d’un noyé, une décoction de poivre dans du vinaigre et lui souffler du tabac dans le nez avec un chalumeau, ou encore souffler dans les intestins la fumée de tabac d’une pipe, si on ne dispose pas d’un soufflet et qu’il faut faire vite, la pipe cassée peut servir de tuyau. Il a dit aussi qu’un chirurgien peut tenter une saignée à la jugulaire et éventuellement ouvrir la trachée artère.

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