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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 17:38

Sainte-Hélène, mai 1816

Cipriani qui servait à table, me dit : « On parle d’un compatriote à toi. » J’entrai sous le prétexte d’apporter une carafe d’eau de source. « Cet homme me fait peur ! disait l’Empereur. Il était une sorte de double de moi-même. Il comprenait mes plans avant même que je ne les explique, et il devinait des pensées que je n’avais pas encore formulées. Berthier a commis une grande faute en refusant à Jomini, après ses combats pour mes Aigles, de lui donner le grade de général de division. Blessé, Jomini a offert ses services au tsar ; si je l’avais eu à mes côtés, nous ne serions pas ici. » « Jomini était le seul homme qui pût me donner des inquiétudes. »

Berthier, prince de Neuchâtel et Valangin, prince de Wagram

Berthier, prince de Neuchâtel et Valangin, prince de Wagram

Antoine-Henri de Jomini

Antoine-Henri de Jomini

Le comte Bertrand voulut bien m’en dire davantage : Le « Précis de l’Art de la Guerre » de Jomini fut considéré comme un chef-d’œuvre de stratégie. L’Empereur lui proposa de l’attacher à son état-major général au moment d’entreprendre la campagne contre la Prusse. Jomini répondit : « Je préfère rejoindre Votre Majesté dans quinze jours à Bamberg » et, comme Napoléon sursautait, Jomini décrivit exactement le plan de campagne de l’Empereur.

L’Empereur, durant ces jours, dicta encore devant moi, à M. de Montholon, des choses qui m’étonnèrent :

« Je dois beaucoup à l’Armée Royale : ses officiers et ses sous-officiers, de même que ses cadres subalternes. Étaient les meilleurs d’Europe. Bien des généraux de la République et de l’Empire étaient issus de ce corps admirable. Seuls Marmont, Suchet, Gouvion-Saint-Cyr, Bessières et Brune n’ont pas fait leurs classes dans les armées royales, tous les autres maréchaux de l’Empire en sont issus. On répète volontiers en France que mes maréchaux étaient de très basse origine, opinion chère à la République ; selon elle, la royauté étouffait les talents, au contraire du « bienfaisant régime démocratique ». Ceci est une farce… En dehors de Lannes, mon vrai ami, je crois que mes maréchaux me craignaient plus qu’ils m’aimaient et, si je ne m’étais montré très sévère avec eux ou leur montrais trop de familiarité, ils auraient tôt fait de partager ma puissance et le trésor public…

Sais-tu, Noverraz, quels sont les plus beaux titres que j’ai donnés à Lannes, mon ami ? Celui de prince de Sievers, un titre qu’il dédaigna, mais ce dont il était fier, c’est le titre de colonel-général des Suisses ! »

Lannes, un vrai ami pour Napoléon

Lannes, un vrai ami pour Napoléon

A suivre

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