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22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 16:51

Sainte-Hélène, février 1818

Il croit encore qu’il est à la veille de reprendre le pouvoir. Il m’a dit : « En moins de six ans, si je reviens sur le trône de France, j’aurais remis le pays sur le même pied qu’autrefois. » Il maudit Haim Farhi, le gouverneur, et Sydney Smith, cet officier anglais qui, avec Philippeaux, défendait Saint-Jean-D’acre.

« Mon Destin m’a boudé ce jour-là : la route de l’Asie m’eût été ouverte, et c’est en Orient que j’aurais fondé un immense empire. Heim Farhi m’a barré la route ! »

Nota bene – Il s’agit là de la première déconvenue de Bonaparte, défaite cuisante qui contrecarre ses projets ! 

Portrait of Jazzar Pasha, 1775

Portrait of Jazzar Pasha, 1775

Sir William Sidney Smith

Sir William Sidney Smith

Une autre fois, poursuivit le général, l’Empereur m’a confié que sa grande erreur avait été de se livrer aux Anglais.

« Les Autrichiens et les Russes auraient été trop heureux de me recevoir et m’auraient donné des provinces à gouverner. »

Après une scène violente avec M. de Montholon pour un détail d’étiquette, parce qu’on avait oublié de lui rendre l’un de ces honneurs qu’il estimait dus à Sa Majesté Impériale, l’Empereur a prononcé des injures et des mots grossiers, puis il se retourna vers moi et me dit :

« Je n’aurais dû amener avec moi que des domestiques. »

Et devant moi, l’Empereur a encore ajouté :

« En trompant la flotte anglaise, j’aurais pu commencer à me forger un petit état dans une des îles…

Que n’aurais-je pas fait de Saint-Domingue sans Toussaint-Louverture… !

Aux portes de la Louisiane, il y avait Laffitte, Laffitte et ses vaisseaux, Laffitte avec ses corsaires… Je regrette l’argent que j’ai reçu de Benjamin Franklin.

Vois-tu, Noverraz, si je m’étais retiré avec ma Garde dans les montagnes du Valais, j’aurais défié l’Europe. Le Gothard est la plus formidable des forteresses, j’aurais barré la route des Alliés à Saint-Maurice et au Simplon, seulement, voilà, tous tes compatriotes ne m’aimaient pas, et les Valaisans, comme les Américains, sont bons tireurs.

Peut-être aurais-je dû choisir la Louisiane ; avec un seul bataillon de mes grognards, personnes n’aurait pu m’en déloger… Et personne n’aurait pu m’empêcher de remonter le cours du Mississipi vers le Québec où je compte beaucoup d’amis, avec l’appui des bataillons du général Jackson, ce Québec opprimé par l’Angleterre. Nous aurions bouté l’Angleterre hors du Continent qu’ils traitaient en colonie !... »

Avec des « si » on mettrait Paris en bouteille.

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