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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 16:33

 Noverraz, valet de l’Empereur, né à Granges/Riex, Lavaux, le 20 octobre 1790 et qui, comme garçonnet, assista émerveillé aux défilés des troupes en marche vers le Grand-Saint-Bernard.

Par-delà la mort de l’Empereur, Jean-Abram Noverraz, lui, est resté fidèle. A son retour de Sainte-Hélène, au Cercle de l’Espérance, au fond de la Palud, on l’écoute religieusement. Il reçoit, dans sa villa d’Ouchy, des bonapartistes, des personnalités suisses, et même quelques personnages assez mystérieux !

En 1833, il est capitaine d’escadron de cavalerie ; il est élu au Grand Conseil. A plusieurs reprises, il va tenter d’exécuter le testament de Napoléon daté du 15 avril 1821 : « Mes trois selles et brides, mes éperons qui m’ont servi à Sainte-Hélène, mes fusils de chasse. Je charge mon chasseur Noverraz de les remettre à mon fils quand il aura 16 ans. »

Une note pittoresque de la main de Noverraz fait remarquer que les fusils de chasse de l’Empereur avaient toujours été parfaitement entretenus, qu’ils ne présentaient aucune trace de rouille grâce à un secret qu’il tenait d’un certain O’Shea : pour préserver une arme à feu de la rouille, il fallait les enduire d’une huile tirée d’une anguille de moyenne grosseur, frite dans une poêle de fer. Ensuite, il fallait mettre cette huile dans une fiole et l’exposer au soleil. O’Shea usait de la sorte en Irlande et il avait obtenu le même résultat avec l’huile de maquereau qu’on pêchait en abondance à Sainte-Hélène.

Henri Meyer de Stadelhofen en 1952

Henri Meyer de Stadelhofen en 1952

Henri Meyer de Stadelhofen, journaliste et romancier, nous parle : « Et tout commença… »

Alors que je dirigeais les Informations internationales de Télé-Monte-Carlo, dans une émission consacrée à Napoléon, j’avais lancé un appel pour recevoir informations, documents ou gravures. J’ai reçu beaucoup d’éléments, j’en reçois encore. Un correspondant britannique m’avait signalé la présence en Irlande et en Angleterre de documents précieux. Il s’agissait notamment des mémoires de Sir Hudson Lowe, le gouverneur de Sainte-Hélène et un petit livre rarissime : « Histoire de la Révolution française » de Justin Mac Carthy. Écrivain et journaliste, Mac Carthy, pour écrire la suite sur l’Empire, avait réuni des documents parmi lesquels des notes du Vaudois Jean-Abram Noverraz, valet de chambre et courrier de l’Empereur. Je me mis à leur recherche au British Museum, à la Fondation Wellington, dans des études de notaires et à Dublin, au Trinity College. Au British Library Manuscript Departement, 88 volumes sont consacrés à la détention de Napoléon à Sainte-Hélène : lettres officielles ou privées, copies de conversations, rapports, inventaires, etc.

On savait, dans les milieux d’historiens, que Noverraz avait écrit un cahier dont les archives vaudoises ne gardaient qu’un court extrait. Il était à craindre que ce précieux cahier ait subi, depuis l’époque, « des ans l’irréparable outrage » : la terrible humidité de l’île, les fameux rats de Sainte-Hélène, les inévitables manipulations rendaient les recherches problématiques. La chance a voulu que l’essentiel du cahier parvienne, dans les années 1850, à Justin Mac Carthy qui a dû déchiffrer, sauver et compléter des pages endommagées. Restait à savoir comment ces notes de Noverraz avaient pu aboutir en Irlande. Voici mon hypothèse : parmi les troupes d’occupation et de surveillance britanniques autour de Napoléon à Sainte-Hélène, on retrouve le nom d’un lieutenant O’Shea, un compatriote d’O’Meara, le médecin de l’Empereur. Or, quelques années auparavant, ce même O’Shea avait accompagné Theobald Wolfe Tone, envoyé par les patriotes irlandais pour demander au Directoire l’intervention de troupes françaises en Irlande. La chose avait été prise très au sérieux à Paris et le général Hoche fut chargé de lever une armée de 30'000 hommes pour aider l’Irlande dans sa lutte contre la Grande Bretagne. O’Shea parle français, il est donc naturel qu’il lie conversation à Sainte-Hélène avec l’entourage de l’Empereur.

À la mort de Napoléon, pour échapper aux mesures draconiennes du gouverneur, ou bien Noverraz a jugé prudent de confier son cahier à O’Shea, ou bien celui-ci, dont on connaît les amitiés pour la France, a conservé les documents à la barbe de Sir Hudson Lowe. Les meubles, les objets, les écrits demeurés à Sainte-Hélène après la mort de l’Empereur, vont connaître de curieux destins : c’est ainsi que j’ai retrouvé en Amérique, des notes du Docteur Arnott et dans les archives d’une galerie d’art de Melbourne, en Australie, des fragments du journal, enfantin, mais combien précieux que la petite Betsy Balcombe tenait aux « Briars ». (Je remercie ici Mme Mabel Brooks, arrière-petite-fille des Balcombe qui vit en Australie et qui, héritière des « Briars », en a fait don à la France.)

Aidé par M. Darling, Lowe avait procédé à une évaluation de tous les biens de Napoléon et proposé au gouvernement britannique de les acheter pour la somme de 352 livres et 15 shillings. Pour des raisons demeurées obscures, cette vente fut différée et lorsque Lowe quitta Sainte-Hélène en juillet 1821, il laissait derrière lui onze malles bourrées d’inestimables souvenirs. Le général Walker qui lui succéda comme gouverneur, décida une vente aux enchères pour le 6 mai 1822. Entre-temps, il avait ouvert les malles qui dormaient à Plantation House et s’était rendu compte qu’il détenait un véritable trésor. Il s’arrangea donc pour surenchérir et envoya toute la collection par le prochain navire à destination de sa demeure en Ecosse.

L’Histoire, avec un grand H, répondra peut-être, un jour, d’autres questions. Thèse souvent évoquée à la suite des analyses des cheveux de l’Empereur (conservés par Noverraz) : l’empoisonnement de Napoléon. Certes, la présence d’arsenic est troublante ; une autre mèche de cheveux en possession de Ben Weider, le célèbre collectionneur canadien, a été soumise au Département de Toxicologie du F.B.I à Washington, d’où les hypothèses de deux grands journaux nord-américains :

  1. L’Angleterre, lassée du coût exorbitant de l’entretien des forces britanniques à Sainte-Hélène, aurait choisi le poison.
  2. C’est le même choix qu’aurait fait, par jalousie, Montholon, un des proches de l’Empereur lequel le trompait avec sa femme.
Photocopie FBI

Photocopie FBI

L’analyse des cheveux de Napoléon n’a pas été chose difficile, il ne fallut pas chercher dans les recoins de son cabinet de toilette pour trouver un cheveux, non, les cheveux étaient coupés et recueilli comme la plus précieuse des « reliques » appartenant à l’Empereur. Lisez le testament, Napoléon dit ce que l’on devait faire de ses cheveux coupés et recueilli depuis fort longtemps. Tous les objets qui devaient être fabriqué avec ses cheveux, montre combien il devait y en avoir une belle quantité. Ainsi, avec les cheveux que l’on pourra rassembler, d’une année à l’autre, si les propriétaires de ceux-ci les ont annotés, avoir une chronologie de l’empoisonnement ou non de l’Empereur.

La théorie de l’empoisonnement n’est toujours pas prouvée, celle du cancer est toujours privilégiée.  

Le testament de Napoléon: http://napoleonland.over-blog.net/tag/napoleon%20ier/

 

Ceci conclue les articles sur une page trouble de l’Histoire, que vous aurez aperçu par le regard d’un Vaudois, sur une partie de la vie de Napoléon. GTell

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